Trés effrayé d'être confronté à un hack and slash surestimé façon baldur's gate, c'est avec méfiance et snobisme pro-nipponerie que je l'ai approché ("comment ça pas de tour par tour???!!"). Pour faire ... Suitecourt : quelle gifle! Immense, magnifique, sans temps mort ni dédales fastidieux, une floppée d'armes, de tenues, d'items, de sorts, de compétences, de donjons (300 à ce qu'il semble!), de missions (350 y parait), d'interlocuteurs, de monstres. L' ambiance y est mature. On joue à la première et à la troisième personne (il est indispensable d'alterner constamment entre les deux vues) comme s'il s'agissait d'un a-rpg-fps (FPS pour l'arc et les magies, A-RPG avec les armes blanches). Tout n'est pas permis dans les villes sous peine de se voir arrêté (vol, visite de propriétés privées), ce qui ajoute des aspects d'infiltration à la partie (notamment lors de missions de la guilde des voleurs). Il n'y a aucune linéarité, on choisit à tout moment ce que l'on fait, enfin on peut jouir d'un sentiment de liberté inédit ... Sorte de GTA infini du rpg méfieval, on oublie vite les appétits d'un FF like de départ, on prend le jeu pour ce qu'il a à offrir et pour sa singularité. Conseil : il est loisible de se casser une jambe pour avoir la possibilité de le jouer, tranquille, en arrêt maladie, de manière à éviter de foutre en l'air sa scolarité ou sa carrière. Enorme bouffe-temps : 80h de jeu et je ne suis qu'au début (35 missions effectuées).
Impression étrange laissée par ce titre, qui fait presque tout à l'opposé du concept même du RPG à la japonaise. La première chose qui frappe est cette vue à la première personne, complètement déroutante ... Suite(et par dessus-tout injouable, en tout cas sur PS3), qui fait ressembler le jeu, au pire à un FPS, au mieux à un Hack'n'Slash. Passé cette première surprise de taille, on découvre un univers énorme, fourmillant de détails, où le joueur est libre de faire quasiment ce qu'il veut. Le jeu prend le parti clair et net du réalisme à outrance : impossible de rentrer chez le premier quidam et de lui voler le contenu de son tiroir, vous serez immédiatement repéré et jeté aux oubliettes. Il est même possible de choisir sa race, bien que je doute que beaucoup de joueurs choisissent l'Argonien (un humain avec une tête de lézard ... ). Malheureusement, ce gigantisme de possibilité conduit inévitablement à une fourmillement de bugs et autres surréalismes en tout genre, car le jeu n'est clairement pas assez travaillé, pas assez peaufiné dans les détails. On finit par se "perdre" dans Cyrodiil, notre liberté n'étant en réalité d'une façade, puisque les quêtes sont strictement scriptées, de même que la quête principale, d'un intérêt très discutable. L'autre problème de taille avec Oblivion, c'est qu'il semble s'être inspiré, aussi bien visuellement que dans le "scénario" (un bien grand mot, tant ce dernier est prévisible) du Seigneur des Anneaux. Honnêtement, si j'étais Peter Jackson, Alan Lee ou John Howe, je m'interrogerais sur la possibilité d'attaquer en justice pour plagiat. On se ballade dans un univers archi connu, qui perd donc une grande partie de son attrait. Il en va d'ailleurs de même pour la bande sonore. Le thème principal est réussi (enfin, c'est du sous John Williams), mais ne fait pas partie d'un projet musical global, le reste des musiques n'étant que de vagues nappes de violons la plupart du temps. J'en arrive peut-être au pire : le système de combat. Il est en fait inexistant, puisqu'il consiste à simplement donner un coup d'épée avec une seule touche. Du reste, les ennemis meurent généralement au premier ou au second coup que vous portez. L'atout d'Oblivion n'est donc pas ici, mais le corollaire, c'est qu'Oblivion n'est tout simplement pas un RPG. C'est un jeu d'Aventure/Exploration, pas du tout mauvais en soi, mais qui manque cruellement d'intérêt quand on se passionne plus pour les RPG. Signalons tout de même des graphismes honnêtes (en 720p, malheureusement) et des environnements bien rendus (bien que copiés sur le SdA ...), voire de bonne facture, même si la PS3 rame furieusement si trop de personnages sont à l'écran, sans compter les innombrables bugs graphiques du titre ...