Critiques
Xenogears Light
Composé par :
Yasunori Mitsuda
Arrangé par :
Détail de chaque piste
Interprété par :
-
Sortie :
08.02.2005

Cet album, passé complètement sous silence à sa sortie début 2005, est pourtant basé sur une des OST et l'une des oeuvres majeures de Yasunori Mitsuda : celle de Xenogears. On connait beaucoup plus un autre album arrangé « Creid », qui joue la carte celtique. Ici, l'instrument principal est le piano, mais certaines pièces sont arrangées pour d'autres formations instrumentales assez intéressantes pour essayer de retrouver la magie des compositions d'origine. En cela, cet album est assez proche des « Piano Collection » de la saga Suikoden. Mais peut-être faut-il ici rappeler que cet album n'est pas un « officiel » puisque le tout a été produit par des fans et enregistré principalement en « live ».
Le sous-titre « Light » ne veut pas dire qu'il contient de l'aspartam, mais que son style est assez léger et n'a pas la prétention de son grand frère. Malgré tout, Mitsuda propose dans son OST une vaste palette d'atmosphères, passant d'un thème entrainant et sympathique pour un village, à des thèmes empreint d'une nostalgie douce et sensuelle, ou encore à des ambiances grandioses et épiques. Cet album parvient-il à tirer parti de ce formidable éventail ?

Christian Pacaud

n'y voyez nul chauvinisme mais le français Christian Pacaud s'est vu confié dans cet album la plus belle part, avec pas moins de six arrangements, quand tous les autres sont restés à une seule unité. Car il faut bien reconnaître que notre petit français (si je puis me permettre) a énormément de talent et s'adjuge les plus belles pièces. Et ce n'est donc pas une surprise d'apprendre sur son site internet que deux de ses compositeurs fétiches sont Nobuo Uematsu et Yasunori Mitsuda ?

1. Premonition

l'album débute donc par cette pièce, assez mystérieuse et dont l'atmosphère rend hommage à l'original. La partie de violon, très expressive rend le morceau d'autant plus inquiétant, tandis que le piano s'adonne à la partie très grave de sa tessiture. On retrouve bien l'esprit de la musique originale, dans une orchestration plus classique. Une très belle entrée en matière donc, même si on trouvera bien mieux par la suite.

6. Shevat, the Wind is Calling

Plus anonyme, cette pièce est néanmoins intéressante à quelques égards et en tout cas agréable à écouter. l'introduction au piano (avec quelques passages en notes piquées très caractéristiques) sert à amener la partie de flûte. Une flûte un peu monotone, et d'ailleurs, cette pièce semble immobile, alors que la musique originale comportait plus de relief et de son, même si elle était déjà loin d'être mémorable.

10. Bonds of Sea and Fire

La musique originale est ici transcendée et engendre un des purs chefs d'oeuvre de l'album. Chrsitian Pacaud s'empare du thème et son jeu au piano le rend merveilleusement. Les changements d'atmosphère, qu'il soit entre les différentes parties ou même à l'intérieur des parties sont spectaculaires et confèrent au morceau une saveur et une qualité inoubliables. Le passage, joué pianissimo et petites notes piquées dans la première partie, rappellent beaucoup les arrangements de Hamauzu, et je ne peux croire que Christian Pacaud n'admire pas ce compositeur et arrangeur de génie. La seconde partie du morceau, plus lente et mélancolique est tout aussi bien menée. Une des meilleures pistes de l'album et le meilleur travail de Pacaud sur cet album, à n'en pas douter.

14. The Blue Traveler

Avec un caractère beaucoup moins assurée et d'aspect plus tranquille, cette pièce ne possède pas, malheureusement, d'atout majeur. Agréable mais sans plus, le style jazzy et guilleret sauve le morceau de l'ennui, ce qui est d'autant plus dommage par rapport à la musique d'origine, d'aspect plus grandiose et éloquent. Un arrangement intéressant donc, mais qui passe un peu inaperçu après l'excellente piste n°10.

15. October Mermaid

d'emblée, ce morceau semble proposer beaucoup de petites choses assez disparates, avec une économie de moyen très judicieuse et qui donne une sensation d'étrangeté tout à fait bienvenue. Sans jamais avoir la petite étincelle de « Bonds of Sea and Fire », cette pièce s'en sort vraiment bien, mais n'est pas non plus mémorable.

19. The Alpha and Omega

Le morceau original se présentant comme une sorte de choral imposant, l'arrangement essaye de rendre cette grandeur en adoptant un style très libre évoquant une ballade. Le thème apparaît sur des grandes basses affirmées, évoquant le morceau original, tandis que des parties jouées très doucement ajoutent un discours dramatique, une narration. Une fort belle pièce mais trop dénaturée dans son ensemble par rapport à l'original pour nous scotcher. On appréciera malgré tout quelques passages très poétiques.

Passons à présent aux autres arrangeurs et à leur contribution.

2. Grahf, Conqueror of Drakness (Mazedude)

Piano, violon et flûte sont de la partie dans cette pièce étrange, bien que dans un style plus classique que celui de Pacaud, mais bien réalisée. Même si l'original s'apparentait plus à une marche militaire grandiloquente, ici les trois instruments jouent de tous leurs effets pour provoquer des effets d'attentes angoissantes dans un tout autre style, mais malgré tout dans le même esprit que la piste originale. Aucun instrument ne mène particulièrement les débats, même si le violon conclut ce morceau assez original dans l'album.

3. Tears of the Stars, Hearts of the People (Josh Barron)

Voici une pièce très proche de son original, mais, sans trop savoir pourquoi, il semble manquer un élément dans cet arrangement. Le sentiment de tristesse de la première partie est malgré tout bien rendu, malheureusement, l'espoir qui transparaissait dans l'OST laisse place à un épisode trop neutre et monotone (surtout l'accompagnement de la main gauche) pour émouvoir. Un arrangement sympathique mais sans grand relief ?

4. Far Away Promise (Erik Xian)

Eminemment nostalgique dans l'OST et typique du style de Mitsuda, l'arrangement ne s'en laisse pas compter. Tout en restant simple et ainsi efficace, il nous offre un grand moment de tendresse. l'emploi d'un piano électrique à la sonorité douce y contribue fortement, tandis qu'un piano et une flûte suave viennent compléter le tableau. Une petite merveille.

5. My Village Is Number One (Will Buck)

Entraînant, sympathique et guilleret, ce thème emblématique bénéficie d'un arrangement et d'une interprétation de toute beauté, n'ayant rien à envier aux meilleures productions du genre. Le thème est d'abord joué assez simplement, puis repris plus doucement avec un accompagnement en petite notes piquées que J'apprécie tout particulièrement. Sans jamais dévier de son original pour la forme, les variations, légères et agréables, de l'accompagnement ne lassent jamais l'auditeur et permet au fan de toujours d'y retrouver. La conclusion du morceau est plus libre mais on ne perd jamais de vue l'esprit de l'OST. Un indispensable.

7. Singing of the Gentle Wind (Tim Sheehy)

Bien que sympathique, cette pièce, peut-être un peu trop classique, sans grand risque, reste assez moyenne et ne nous entraîne jamais dans un climat de magie. Là encore, il semble manquer un élément, quelque chose qui lui ferait quitter la zone des pièces juste moyennes bien qu'agréable à écouter.

8. Shattering the Egg of Dreams (Black_Omen)

Voici un excellent arrangement possédant de nombreux atouts. Immédiatement reconnaissable, la partie de piano est excellente, mais elle ne fait, comble de la joie, qu'introduire un violon rendant parfaitement hommage au style de Mitsuda. Tout à fait nostalgique et simple, l'arrangement s'efface devant le génie du compositeur, comme devrait le faire tout bon arrangeur.

9. One Who Bares Fangs At God (Kunal Majummdar)

A l'écoute de la piste de l'OST, on imagine mal ce que pourrait donner un arrangement. n'étant pas la pièce la plus esthétique de la bande originale, le choix d'un tel morceau est difficile à cerner. l'arrangement également, qui fait honneur au titre de l'album : « Light ». l'orchestration est plus riche que les autres pièces, mais on peine à retrouver, ou même à trouver un esprit, tant la construction semble n'avoir ni queue ni tête. Tout se déroule calmement, sans rupture, et finalement sans procurer beaucoup de joie ni d'envie.

11. Ship of Sleep and Remorse (Luke Nickel)

Il ne faut pas plus d'un quart de seconde pour aimer cet arrangement, au rythme légèrement espagnolisant. La sonorité douce et tendrement nostalgique de la guitare acoustique convient parfaitement. Le duo qui se construit avec le piano est merveilleux et, même s'il est vrai que la piste originale se déroulait dans une autre atmosphère, ici l'esprit est conservé et c'est ce qui fait la réussite du morceau. Un petit bijou à ne pas manquer.

12. Broken Mirror (Jay Semerad)

Il s'agit en fait de l'arrangement de la chanson de fin. Déjà dans un style assez léger, mais avec un petit caractère « celtique » dû essentiellement à la chanteuse, tout ceci ne se retrouve guère dans l'arrangement. Entre quelques parties assez fidèles, l'auteur s'autorise de nombreuses digressions en forme d'improvisation, pas forcément heureuses, notamment pour les inconditionnels de l'OST qui auront bien du mal à reconnaître la chanson d'origine.

13. Dreams of the Strong (Kevin Stephens)

Plus qu'à un arrangement, on a droit ici à une évocation de forme libre. Assez éloigné de l'original dans sa première partie, le morceau possède une deuxième paraît plus intéressante, nous offrant le thème principal comme point de repère. Pourtant, on n'est jamais transporté comme dans d'autres arrangements de l'album.

16. The Treasure Which Cannot Be Stolen (Paul van de Geijn)

Avec un original très caractéristique de Mitsuda, l'arrangement s'en sort très bien et propose de belles choses, globalement. Sa relative simplicité d'apparence convient parfaitement, sans pour autant donner l'impression de manque. Même si cette piste n'atteint pas les sommets de « Bonds of Sea and Fire » ou « My Village Is Number One », elle reste très fraîche à écouter et se place parmi les meilleurs morceaux de l'album.

17. Valley Where the Wind is Born (The Wingless)

Morceau assez humoristique dans l'OST, il est assez dommage que cet aspect ait été totalement gommé de son arrangement, au demeurant assez anonyme. La pièce « plane » presque en permanence sur la même harmonie, lui donnant un aspect plus que sérieux, sans jamais parvenir à émerveiller ni à vraiment intéresser.

18. Gathering Stars in the Night Sky (Dale North)

Un des thèmes les plus emblématiques de l'OST est forcément attendu au tournant. Le résultat est un peu en dent de scie, car on aurait tant aimé que le texte original soit autant respecté que dans la partie centrale. l'impression d'improvisation permanente est assez gênante pour ce morceau en particulier, même si le morceau tout entier est empreint d'un certain raffinement assez entraînant, mais insuffisant pour le rendre inoubliable.

20. Into Eternal Sleep (David Hsu)

Assez surprenant arrangement, basé sur le thème de combat de Xenogears ! Très calme et posée, la pièce ne détonne pas du reste de l'album et apporte une touche finalement plus classique pas inintéressante, même s'il est bien difficile de reconnaître la musique originale.

Même si, au final, seules trois ou quatre pièces retiennent notre attention, l'initiative d'un tel album mérite tout le respect. Les fautes de goût sont rares et la réalisation est finalement assez homogène, ce qui semble étonnant étant donné la quantité d'arrangeurs et de musiciens ayant contribué à l'album. Un bel hommage à Mitsuda dans l'ensemble, qui dénature rarement son travail et donnera envie aux plus nostalgiques de se replonger dans l'aventure. Sans concurrencer « Creid », avec lequel je me garderai de faire toute comparaison, « Light » peut, sans honte, se placer à côté comme un CD qu'on écoutera avec plaisir de temps en temps.

Rédigé par Delldongo

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