Drakengard 3 (Keiichi Okabe)


Pour finir en beauté l’année 2015, nous vous proposons de découvrir une OST composée (en partie) par Keiichi Okabe. Et si vous pensez que nous allons nous concentrer sur la bande-son de NieR, vous faites erreur ! Nous vous proposons en effet ce mois-ci de découvrir les musiques d’un “cousin éloigné” de ce jeu, Drakengard 3.

NB : si vous ne faites aucune commentaire sur cette rubrique sur le forum, promis, on l’arrête fissa... Alors à vos claviers !

Keiichi Okabe

Keiichi Okabe est né à Kobe, au Japon le 26 mai 1969. C’est au lycée qu’il commence à développer tout particulièrement son goût pour la musique en jouant dans différents groupes et en apprenant à jouer de plusieurs instruments. Après sa formation à la Kobe Design University, il est employé par Namco comme créateur sonore. En tant que compositeur ou arrangeur, on le retrouve impliqué dans l’élaboration de différentes OST notamment pour les séries Tekken, Ace Driver et Taiko no Tatsujin. Notez d’ailleurs qu’il est parfois crédité sous le pseudonyme BKO ou B.K.O. Vous pouvez retrouver une liste exhaustive de son travail ici.

Il quitte Namco en 2004 pour fonder sa propre société, MoNACA, qui crée des musiques de jeux vidéo, d’animés et de films.

Concernant les RPG, sa contribution au genre est somme toute modeste (en nombre). On le retrouve au poste de compositeur sur les titres suivants (travaux en collaboration avec d’autres artistes travaillant la plupart du temps pour son entreprise) :
- NieR (2010)
- Lord of Apocalypse (2012)
- Fate/EXTRA CCC (2013) : travail sur un CD Character Song inclus dans l’édition limitée du jeu
- Drakengard 3 (2014)


Il composera la bande-son de NieR Automata, projet actuellement en cours de développement.

Découvrez dix morceaux composés par Keiichi Okabe, tirés d'autres OST
Critique de l’OST de Drakengard 3

Il faut d’abord signaler que la bande-son de Drakengard 3 est une œuvre collective du groupement MoNACA composé de Keiichi Okabe, Keigo Hoashi, Kakeru Ishihama, Kuniyuki Takahashi (avec aussi la participation d’Akitaka Tohyama, Denji Sano et Chihiro Onitsuka).

Notre compositeur intervient environ pour la moitié de cette composition, et, comme pour la bande-son de NieR, il utilise des procédés relativement simples, mais aussi diablement efficaces, raison pour laquelle les musiques touchent instantanément n’importe quel auditeur (ou joueur). Cela n’empêche pas cette OST de proposer un nombre assez hallucinant d’atmosphères différentes. Par exemple, après la clarté et le calme de la première piste (A Better End), on trouvera le charme à la fois épique et tribal de la troisième : Thundervalor / Battleground (deux pistes signées Keigo Hoashi).

Si on pourra difficilement oublier cette similarité (peut-être un poil trop présente) avec l’OST de NieR (la faute aussi aux moyens utilisés), il serait malvenu de se fixer sur ce point. Par exemple, on trouvera avec Corroscience / Battleground (justement composée par Keiichi Okabe) une atmosphère plus étrange. Bien entendu, qui ne pensera pas à Yonah ou à Song of the Ancients en écoutant Descendeus ou Aethervox ? Mais qui ne se laissera pas emporter également par ces mélodies et la voix d’Emi Evans ?

Jusqu’à quel point, c’est toute la question, car avec Antipurity / Battleground et Blissade / Battleground (et de nombreuses pistes suivantes), on se demande si l’utilisation à outrance du chant ne va pas provoquer une sorte de saturation, ou si ce n’est pas devenu un moyen pour le compositeur de remplir son espace sonore facilement afin de rehausser une musique un peu terne ou sans grand relief. A l’inverse, certaines pistes se seraient peut-être bien passées d’une intervention chantée (Registance / Battleground). Car en réalité, le procédé est simple, la voix n’apparaît (systématiquement) que dans la seconde partie des musiques, et c’est peut-être cet aspect formel répétitif qui est gênant.

Ceci dit, il faut ici souligner que, malgré le nombre assez important de compositeurs, la bande-son reste assez homogène, tout en proposant une bonne variété de styles. Tout n’est cependant pas à la hauteur, si on songe à la mièvrerie un peu naïve de Censorial Sonata. Quant à notre compositeur du mois, Keiichi Okabe, il semble se réveiller avec Prevolt / Battleground et la très prenante piste Companthem / Battleground.

Si l’OST propose de très nombreuses musiques de combats (c’est bien normal au regard du style du jeu), nous trouvons également quelques pistes d’ambiance assez réussies, par exemple la bienveillante Strumble, qui s’anime même de quelques percussions, ou l’étrange Nethernox.

Le second CD semble en tout cas nettement plus « personnel ». En dehors de l’introduction au piano seul de Kuroiuta introduisant un nouveau chant, avant une seconde partie bien rythmée, en réalité, les pistes suivantes feront la part belle aux synthétiseurs et aux guitares électriques, avec plus ou moins de réussite d’ailleurs. Bien entendu on retrouvera encore pas mal de parties chantées, du moins ce qu’il reste de la voix après un traitement informatique, dans la plupart des musiques. On pourra citer, comme belles réussites Prevolt / Armaros et Blissade / Raphael, ou décerner la palme de la laideur à Corroscience / Almisael.

Enfin, l’OST se termine en beauté et renoue avec un certain style via The Last Song, qui bénéficie notamment d’une fin tout à fait spéciale, mettant en avant le silence. En revanche, on pourra rester légèrement dubitatif en ce qui concerne la toute dernière pièce.

Pour conclure, cette bande-son de Drag-on Dragoon 3, comme on dit au Japon,se démarque nettement, du moins dans le premier CD, des expérimentations parfois délirantes (nous y reviendrons sans doute dans un prochain article) des précédents opus, pour proposer des musiques plus « traditionnelles ». On trouvera néanmoins un clin d’œil à ces précédentes OST avec la piste Exhaustion 3 et une bonne partie du second CD. Bien entendu, il est facile de faire immédiatement le lien avec certaines pistes de NieR, cela est inévitable, d’autant qu’on retrouve (beaucoup trop ?) de pistes chantées (dont la voix envoûtante d’Emi Evans) et des compositions très similaires, parfois à la limite de la simple copie. Est-ce un défaut ou une qualité ? Il s’agit assurément d’une OST à découvrir, à écouter et à apprécier à sa juste valeur, c’est-à-dire celle d’un travail à la fois propre et expressif.

Quelques pistes de Drakengard 3 à découvrir :

Avis supplémentaires

Natahem :
Y’a pas à dire, l’ouverture de cette OST est simplement incroyable, et les pistes qui suivent nous plongent dans une ambiance très particulière. J’ai tout de suite accroché. Les compositions sont assez diversifiées et changent de style tout en conservant l’atmosphère générale du jeu. Par contre, sur la durée, je trouve que les morceaux deviennent assez répétitifs, surtout vers la fin, avec notamment l’utilisation systématique de voix qui alourdit considérablement les morceaux. Cette mode des pistes chantées qui tournent en boucle, j’avoue que je n’accroche pas trop (une ou deux à la limite pourquoi pas, mais quand toutes les musiques de combat sont faites de cette manière, c’est lourd).
Une OST que je conseille donc pour y découvrir de très belles compositions, en faisant le tri…
En revanche je trouve que la dernière piste, The Silence Is Mine, est une très bonne composition, loin des clichés habituels de chansons de RPG, et de loin l’une de mes préférées en terme de “chanson de jeu”.

Chris17cp :
Une OST remarquable dans la droite lignée de celle de NieR marquée par l’omniprésence des chants. Si certains lui reprocheront ses trop grandes similitudes avec la bande-son du jeu précédemment cité, il faut bien avouer que l’on reste sans aucun mal sous le charme. On passe de morceaux calmes emprunts de nostalgie (Descendeus) voire d’une once d’optimisme (Censorial Sonata) à des pistes beaucoup plus puissantes (Prevolt / Armaros) voire même « excessives » comme Corroscience / Almisael qui est pour moi à la limite de l’« écoutable ». On sent une réelle montée en puissance jusqu’à ce point précis de l’OST qui s’adoucit à nouveau par la suite et se conclut par des thèmes marquants (The Last Song et The Silence Is Mine). L’OST de Drakengard 3 est semblable à un cœur dont le rythme accélère de manière frénétique jusqu’à retrouver une forme d’apaisement, après un dernier tressaillement (Kuroiuta (International Version)), dans le « silence ». Difficile de rester indifférent face à cette production…

Dracohelianth :
Je dois avouer que je ne partage pas l'enthousiasme de mes camarades pour cette OST. Pourtant j'adore le travail de Keiichi Okabe sur la bande-son de NieR, mais sur Drakengard 3, ça ne prend pas.
Si l'on exclut les pistes 2 à 11 du CD 2 sur lesquelles je reviendrai plus tard, les mélodies ne sont pas désagréables (excepté Exhaustion 3 qui est très bizarre), mais le plus souvent, la magie n'opère pas. Ce n'est même pas un problème d'identité, bien que les thèmes de combat ainsi que les pistes chantées par Emi Evans présentent assez souvent une certaine ressemblance avec les musiques de NieR. Toutefois, lorsque je fais le bilan des pistes du CD 1 qui me paraissent sortir du lot, plus de la moitié ne sont pas de Keiichi Okabe : Thundervalor / Battleground et Descendeus (interprétée par la fabuleuse Emi Evans) sont ainsi composées par Keigo Hoashi, et Exvulsion / Battleground est le fruit d'un travail commun de Keigo Hoashi et Kakeru Ishihama. De Keiichi Okabe, je ne retiendrai que Prevolt / Battleground et Aethervox pour laquelle la voix d'Emi Evans contribue indéniablement au charme du morceau.
Passons à présent au CD 2 qui n'a pour ainsi dire rien à voir avec ce qui précède. Je ne sais pas quelle était l'idée, mais elle était très mauvaise. A vrai dire, ce sont surtout les pistes 2 à 11 qui posent problème, aux 2/3 composées par Keiichi Okabe en personne ! Les mélodies de base pourraient pourtant être agréables si elles n'étaient pas rendues quasiment « inaudibles » à cause de leur style électro/techno/dubstep trop marqué qui couvre le reste. Quel gâchis ! On voit d'ailleurs bien la différence : Kuroiuta et Kuroiuta (International Version), également d'Okabe, sont livrées « nature » (ce qui ne les empêche pas d'être dotées d'un certain rythme) et s'avèrent beaucoup plus marquantes, voire touchantes (la voix d'Emi Evans sur la version internationale n'y est sans doute pas étrangère), et ne demandent qu'à être réécoutées. The Last Song avait du potentiel, mais sa construction un peu décousue me gêne. Au final, je ne retiendrai qu'une troisième et dernière piste de ce second disque, This Silence Is Mine que l'on doit à Chihiro Onitsuka (composition et chant), dont le timbre de voix atypique rend ce morceau d'autant plus touchant.

Rédigé par Chris17cp, Delldongo, Dracohelianth, et Natahem le 1er décembre 2015

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