Last Ranker

Ce mois de novembre 2016 va voir l’arrivée de l’inespéré Final Fantasy XV. Quoi de mieux que de découvrir pour l’occasion une des nombreuses bandes-son écrites par la très populaire Yoko Shimomura. Et nous avons choisi pour cela de vous présenter l’OST de Last Ranker, un titre de Capcom sorti sur PSP uniquement au Japon.

Comme toujours, outre les différentes sélections musicales qui vous sont proposées plus bas sur cette page, vous pourrez trouver l’intégralité de la bande-son de Last Ranker dans notre Jukebox (et ce pendant deux mois). N’oubliez pas non plus de donner votre avis, qu’il soit contradictoire ou non, que ce soit sur le forum ou via les différents réseaux sociaux. Et surtout, bonne lecture et bonne écoute !

Biographie de Yoko Shimomura (par Delldongo)

Yoko Shimomura est née le 19 octobre 1967 dans la préfecture de Hyôgo au Japon, et elle se met à l’apprentissage du piano très jeune (4 ou 5 ans), instrument dont elle acquiert une bonne maîtrise très rapidement, tout en cherchant tout de suite à composer ses propres musiques. Si elle aurait pu devenir professeur, elle décide, à la sortie de ses études en 1988, de faire écouter ses compositions à quelques éditeurs de jeux vidéo. C’est ainsi que Capcom lui propose de réaliser la bande-son de Street Fighter II : The World Warrior, ce qu’elle fera malgré les réticences de son entourage. Elle travaillera également pour d’autres titres de la firme, notamment en tant qu’arrangeur pour quelques épisodes de la saga Breath of Fire, en ce qui concerne les RPG.

Mais c’est en 1993 qu’arrive le tournant de sa carrière musicale, avec son entrée chez Squaresoft, où elle compose la musique de Live a Live. Elle travaillera ensuite sur d’autres projets en collaboration ou sur la base d’autres musiques de Noriko Matsueda, Koji Kondo ou encore Nobuo Uematsu, notamment pour Super Mario RPG. Après son travail pour Parasite Eve, elle enchaîne avec l’un de ses chefs-d’œuvre qu’est l’OST de Legend of Mana en 1999. Malgré une certaine appréhension initiale, elle devient ensuite la compositrice attitrée de la série Kingdom Hearts, ce qui ne l’empêche pas de quitter la firme pour devenir indépendante. On la retrouvera ainsi sur bien d’autres projets, notamment Last Ranker, Radiant Historia, ou encore pour quelques musiques de Xenoblade Chronicles.

En 2008, sort aussi son premier album solo, Murmur, composé de chansons interprétées par Chata. Yoko Shimomura est par ailleurs la compositrice de Final Fantasy XV, et ce depuis le début du projet, quand le jeu s’appelait encore Final Fantasy Versus XIII, et on la retrouvera bien entendu aux commandes pour le futur Kingdom Hearts III (la piste Dearly Beloved, emblématique de la saga, reste sa préférée selon ses dires). Elle donne également de nombreux concerts, y compris en dehors du Japon, comme celui qui a eu lieu Salle Cortot à Paris en novembre 2015.

Sélection (par Dracohelianth et Natahem)
Critique de l’OST (par Xeno)

La bande-son de Last Ranker, qui est seulement sortie au Japon - tout comme son jeu - se présente sur 2 CD pas véritablement bien distincts ; ils suivent simplement le déroulement du jeu dans l’ordre, ou presque. Yoko Shimomura nous propose une OST bien moins inspirée et plus standard que d’habitude, bien qu’elle comporte aussi quelques petites pépites bien senties. Le violon et les vents sont, comme à l’accoutumée, fortement présents dans cette bande-son signée par la compositrice.

D’emblée nous nous retrouvons projetés dans une ambiance faussement militaire avec le Main Theme que l’on ne manquera pas de retrouver dérivé et quelque peu surexploité au fil de cette écoute.

L’OST mélange successivement des thèmes véritablement héroïques et enjoués comme Gandoar, a Gorgeous Capital ou Wanderers, Look Up at the Sky et d’autres beaucoup plus dramatiques, chargés de tension. C’est le cas par exemple de During the Oath qui, avec son orgue, pose des bases très tendues avant de réutiliser pour une première fois le Main Theme.

De nombreux thèmes sont véritablement passe-partout et manquent de caractère propre. Stand on the Earth et A Breeze Towards Tomorrow tombent comme un cheveu sur la soupe et n’apportent pas grand-chose à l’ensemble de l’oeuvre, si ce n’est de faire du remplissage. Il en va de même pour An Incertain Destination qui ne reste pas dans les mémoires. Beyond a world of Woe rate également le tir et l’on ne sait pas tellement à quoi elle sert. Le côté dramatique ne fait pas mouche et les quelques instants épiques ne sont pas du meilleur effet.

Ce n’est véritablement qu’à partir de What Awaits in the Deep Forest que le talent d’écriture et de composition de Shimomura refait surface. Ici, l’utilisation du piano et des instruments à vent propres à notre compositrice nous envoûtent et nous transportent littéralement dans cette forêt. Les quelques notes de guitares acoustique sont bien amenées et finissent de poser l’ambiance. S'ensuit alors Born to Survive, le thème de combat principal du jeu qui, là-aussi, reprend le Main Theme dans une version plus rythmée ornée d’un chant du plus terrible effet. Vient ensuite un thème que l’on entendra peut-être un peu trop dans le jeu, Feudal Organization Bazalta. Il sait transcrire la lourdeur qu’impose cette organisation sur le coup mais peine à rester dans notre esprit par la suite.

On peut également regretter que beaucoup de pistes soient véritablement trop chargées en instruments et peinent à nous émerveiller ou faire ressentir quelconque tension. What Draws Near en est un parfait exemple : nous sommes très vite submergés par les tambours, caisses claires et autres notes de piano qui se superposent dans un léger capharnaüm. D’autres pistes sentent aussi le repompage d’anciennes compositions : The Evinos passerait sans problème dans Parasite Eve : 3rd Birthday, A Round Table, elle, aurait sa place dans Radiant Historia qui a été composé au même moment. Cette dernière est toutefois très imposante et permet de ressentir les enjeux propres à ce tour de table. Il en va de même pour The Town with an Exotic Fragrance, qui, avec son duo basson/hautbois nous transporte dans Kingdom Hearts et rompt avec l’ambiance créé depuis le début du CD.

Les thèmes plus lents comme The Flower Blooms on That Shore, Sleeping in Deep Sorrow, eux, sont une parfaite réussite. Yoko Shimomura prend beaucoup plus son temps ici pour poser des mélodies plus douces, raffinées et intéressantes. C’est le cas également de Only One Goes qui nous permet d’entendre pour la première fois la flûte traversière, ajoutant une douceur bien amenée avant la tempête de Glorious Fights We Call "Life", qui se rate un peu avec ses paroles se posant mal sur sa mélodie, encore une fois, reprise du Main Theme.

Le deuxième CD s’ouvre alors sur un nouvel horizon de mystère et de pistes plus simples qui ont un bien meilleur effet, comme Before a Powerful Radiance et Mystery and Secret. C’est alors que revient -encore- le thème principal dans un arrangement douteux qui heureusement ne dure pas longtemps (et sert au passage de remplissage bien volontaire), pour ensuite revenir sur un thème piano et contrebasse, A Knot of Wind, qui reprend les bons côtés des deux premières pistes. Ice and Darkness puis Distant Sea finissent d’imposer leur calme avant que les préparations pour les affrontements ne reprennent avec Furnace of War, une piste accélérant petit à petit le rythme, nous mettant sur le qui-vive pour On That Distant Land. Rien ne nous prépare cependant pour la magnifique Crudelis et Magnificus qui voit son orchestre se déchaîner lors des parties plus véhémentes des choeurs avant d’adoucir le tout sur quelques airs de violons pour ensuite clore la piste d’un ton sec. On se demande ensuite ce que vient faire Fatum Foedus à la suite, dont l’orientation techno est du plus mauvais effet.

La sur-utilisation du Main Theme se retrouve encore une fois dans Be The Last Ranker (à la fois dans sa battle ver et sa version normale) vient quelque peu gâcher l’ensemble et nous amène à nous lasser de ce thème que l’on aura entendu un nombre incalculable de fois. C’est alors que Crudelis et Magnificus revient dans une version A cappella absolument sublime qui nous donne de légers frissons. De quoi oublier la plus que douteuse piste suivante, Infinite Spiral, dont l’ensemble des rythmes et instruments ne vont définitivement pas ensemble. Comme quelques-unes des pistes de ces 2CD, finalement.

Enfin, on pensait avoir entendu le Main Theme pour la dernière fois il y a deux pistes. Que nenni avec le final Invitation to the World of “LAST RANKER” et Be The Last Ranker qui nous font penser, une fois fini, qu’il était temps que ça s’arrête.

Last Ranker est, on a pu le voir, une bande-son pleine de bonne volonté qui pêche de par son manque d’inspiration générale. Si le tout est marqué ci et là par de très bonnes pistes calmes et mélodieuses qui prennent le temps d’imposer leur ambiance, des choix douteux et une sur-utilisation du Main Theme viennent gâcher l’ensemble et c’est bien dommage.

Quelques pistes à ne pas manquer
L'avis de Natahem

Je suis un grand fan de Shimomura et généralement sur toutes les OST qu’elle a composées je trouve de nombreuses pistes mémorables. Pour Last Ranker, les thèmes sont un peu plus « militaires » je trouve, mais on garde le côté héroïque/dramatique qui caractérise tant cette compositrice (Ice and darkness, On the distant ancient land,…). Mais dans l’ensemble j’ai trouvé les thèmes moins mémorables (contrairement à Legend of Mana par exemple). La plupart des pistes sont très bonnes (et passent sans doute très bien dans le jeu, auquel je n’ai pas joué), mais je n’en garde pas un souvenir très précis une fois écoutées. Cela dit, la qualité de cette OST est indéniable.

L'avis de Delldongo

Si je reconnais un grand talent à Yoko Shimomura pour la mélodie, j’ai en revanche beaucoup plus de mal avec ses harmonies archi-classiques et surtout avec ses orchestrations chargées à l’extrême et qui manquent de clarté. Cela se vérifie d’entrée de jeu dans l’OST de Last Ranker, avec le Main Theme, qui possède de plus une mélodie un peu neutre (très proche de Radiant Historia par ailleurs), où il ne reste finalement que le contraste entre la partie dynamique et la partie lente. Le problème également, c’est que Shimomura use et abuse des mêmes procédés, qui finissent par donner cet aspect un peu répétitif dans l’ensemble (le thème principal est d’ailleurs surexploité par rapport à son potentiel). C’est joli, mais ça manque un peu de personnalité, quand ce n’est pas simplement gâché par un remplissage intempestif de notes inutiles (A Breeze Blowing Towards Tomorrow), ou par des choses à la limite du mauvais goût (la batterie dans Stand on The Earth, Infinite Spiral).

Tout n’est pas mauvais pour autant dans cette OST, loin de là, et il y a des musiques beaucoup plus intéressantes, notamment dans les musiques plus lentes (What Awaits in the Deep Forest, An Uncertain Destination, The Flower Blooms on That Shore, Sleeping in Deep Sorrow, Mystery and Secret, Crudelis et Magnificus), où on retrouve de belles qualités d’écriture, avec des surprises, un bon sens du temps et du rythme. Cela reste cependant parfois trop touffu à mon goût (The Order of Bazalta, This Journey without End). Globalement, je trouve que la bande-son n’a pas assez d’expressivité, en raison d’un certain manque d’inventivité, qui finit par faire de chaque piste des musiques un peu trop « passe-partout ».

Il faut signaler cependant que Yoko Shimomura a, selon moi, composé de bien meilleures musiques, notamment pour la série des Mana, ou dans des titres comme Radiant Historia, qui possèdent des OST beaucoup plus marquantes que celle de Last Ranker.

L'avis de Dracohelianth

Comme beaucoup, je connais Yoko Shimomura avant tout pour son travail sur le série Kingdom Hearts dont de nombreux morceaux des OST sont connus même de ceux qui comme moi n'ont pas encore touché à cette saga. Toutefois, il y a quelques années, j'ai pu découvrir avec grand plaisir Radiant Historia et son OST absolument sublime (le seul « défaut » étant le relativement faible nombre de pistes, peut-être toutefois facteur indirect de sa qualité), qui demeure parmi mes favorites !

Pour cet article, j'ai donc découvert l'OST de Last Ranker, et ayant toujours dans un coin de ma tête celle de Radiant Historia, je dois admettre que j'ai été quelque peu déçu. Le mot est peut-être un peu fort, car force est de constater qu'elle comporte tout de même de très bons morceaux, et que son écoute globale reste très agréable. Néanmoins, j'ai trouvé qu'elle manquait un peu d'inspiration et d'originalité, j'ai même par moment eu l'impression d'entendre des reprises de thèmes de Radiant Historia (les deux jeux datant approximativement de la même époque, il est très possible que Last Ranker ait été composé avant ceci dit), ce qui m'a un peu gêné dans le cas présent. Après, je n'aurais peut-être pas le même ressenti si j'avais joué au jeu, car cela permet souvent de mieux apprécier les musiques en les découvrant dans le contexte pour lequel elles ont été écrites.

Quoi qu'il en soit, j'en retiendrai quelques pistes bien énergiques comme elle sait les faire, entre autres Beyond This World of Woe, This Journey without End, Be the Last Ranker - Battle Ver.- ou encore Infinite Spiral et sa voix d'opéra ; et d'autres plus posées telles que Sleeping in Deep Sorrow, Only One Goes ou encore On the Distant Ancient Land.

Les morceaux chantés par Joelle Strother (dont un repris en fin d'OST) ne sont pas désagréables non plus, mais je garde une nette préférence pour les pistes uniquement instrumentales (chœurs inclus) dans cette OST.

La « cover » du mois : Main Theme of LAST RANKER

N'oubliez pas que vous pouvez vous procurer l'OST officielle de Last Ranker en allant notamment ici.

Rédigé par Delldongo, Dracohelianth, Natahem et Xeno, le 6 novembre 2016

Oh, mon Dieu ! Il le met., Eric Besnard, NBA Live 2001 Thèmes
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