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Symphony of Eternity

Fiche complète de ce jeu

Alors que bon nombre de gens s’enflamment lorsqu’ils entendent parler de portage ou de remaster, Kemco de son côté n’a aucun mal à porter tous ses vieux jeux mobiles sur consoles et PC. C’est d’ailleurs le cas du jeu ci-présent. Sorti à la base sur iOS et Android en 2010-2011, le titre se voit ensuite porté sur 3DS en 2017. Le jeu est donc relativement vieux et cela se remarque sans mal, surtout si on le compare à d'autres titres plus récents portés sur la même plateforme. Cela dit, il est vrai que parmi la marée de jeux de Kemco, certains peuvent être attirants et valent le coup, d’autres sont plutôt moyens, et d’autres encore sont relativement mauvais, voire même inintéressants, en plus d'être parfois de simple copier-coller entre eux. Qu’en est-il donc de ce Symphony of Eternity ?

Scénario, où es-tu ?

Kreist et Dauturu, deux amis aventuriers, sont en voyage jusqu’à tomber sur une jeune femme du nom de Laishutia (Lish pour les intimes), en train de se faire attaquer par trois monstres. Cette dernière se révèle être la princesse du royaume d’Eashtend où a eu lieu dernièrement un coup d’état. Kreist et Dauturu étant à la recherche d’une arme légendaire, Regratlute, qui permettrait d’exaucer les souhaits de quiconque la prendrait en main, Laishutia décide de les accompagner dans leur quête, dans l’espoir de libérer le royaume d’Eashtend grâce au pouvoir de cette arme.

Autant le dire tout de suite, même s’il y a quelques personnages intéressants, notamment les golems qui sont au nombre de quatre et qui sont sans aucun doute les personnages les plus travaillés (en partie) et les plus intéressants quant au background du titre, le scénario ainsi que la plupart des personnages (notamment les méchants) sont relativement mauvais.

Cela se remarque dès les premières minutes du jeu quand Laishutia annonce à ses deux sauveurs qu’elle est la princesse du royaume d’Eashtend : elle est censée être une princesse en fuite mais révèle son identité aux deux premiers inconnus qu’elle croise.

Pour en revenir encore une fois aux golems, ils ont été fabriqués il y a de nombreuses années et Dauturu, qui est l’un d’entre eux, connaît plusieurs personnages importants et de nombreuses choses sur le monde. Dauturu aurait largement pu être le personnage principal du jeu, et ce qui est encore une fois dommage, c’est que deux des autres golems sont un peu trop en retrait, et le dernier est inintéressant au possible. Nous pourrions également citer Kreist, qui est quand même censé être le protagoniste, mais sur lequel on n'apprend au final strictement rien de plus. Il souhaite trouver Regratlute dans l’espoir de vivre ensuite paisiblement (et souhaite la paix dans le monde par la même occasion), mais à part ça, on ne sait rien de son passé.

Le jeu va vous amener à faire le tour du monde pour trouver 6 cristaux élémentaires qui pourront former l’épée Regratlute. Ensuite… il faudra vaincre le méchant. Cela pourrait se résumer bêtement à ça.

Le problème est aussi que le jeu reste assez court et ne laisse donc pas assez de place au développement des personnages.

Ce qui est également problématique, c’est que le jeu nous parle de guerre qui se serait passée, de guerre qui pourrait se produire en nous faisant croire que le monde n’est pas vraiment en paix. Or, quand on regarde de plus près, mise à part Eashtend, il n’existe aucun autre royaume. Il n’y a même aucun monstre sur la carte du monde, qui, en plus, est composée de quelques continents peuplés par seulement un ou deux petits villages, bref, il n’y a strictement aucun danger. Il suffirait juste que les gens évitent les montagnes et les donjons et il n’y aurait aucuns soucis à se faire.

On notera cependant qu’il y a quelques moments drôles, mais ce n’est pas vraiment cela qui rend le scénario meilleur.

Pour étayer cette thèse du ridicule, nous allons vous parler des grands méchants du jeu. Libre à vous de lire ce paragraphe (spoil) ou non.

Il n’y a véritablement que deux grands méchants dans le jeu, Grazard et Safario. Grazard est l’un des golems : il est cruel et n’a soif que de destruction, rien de plus, il n’est pas plus recherché que ça. En ce qui concerne Safario, elle est celle qui a organisée le coup d’état au royaume d’Eashtend pour prendre le trône et devenir reine. Son but étant d’éradiquer tous les humains (alors qu’elle est humaine elle-même) pour en finir avec les guerres dans le monde, qui ont eu raison de son amant. Comme dit plus haut, vu comment est construit le monde dans Symphony of Eternity, il n’y a aucune raison pour qu’une guerre éclate, ce qui rend le but de Safario totalement stupide. D’autant que c’est elle même qui déclenche un conflit (avec le coup d’état) alors que le monde semblait en paix. Bref, comme vous l’aurez compris après avoir lu ces quelques lignes, les grands méchants n’ont strictement aucun intérêt.

Un gameplay non sans défaut

Malgré un scénario raté, tout n’est pas non plus à jeter, car le jeu nous fait quand même profiter d’un gameplay simple mais plaisant, du moins pour les combats.

Mais il faut avant tout souligner deux autres points négatifs du titre, en commençant par les déplacements. Ils se ressentent vraiment comme si c’était du case par case, (en gros comme si sur mobile vous déplaciez votre personnage avec votre doigt en tapant à un endroit de l’écran), alors que là on déplace notre personnage avec une croix directionnelle, ce qui donne une impression assez étrange. Le second point noir est la résolution de l’écran puisque tout est affiché de façon minuscule. En étant sur la carte du monde, tout est de taille “normale”, on voit bien son personnage et ça ne paraît pas ridiculement petit, contrairement à quand on se retrouve dans une ville ou un donjon. Ce qui est dommage, car sur la version mobile du jeu tout paraît plus grand et même un peu plus joli. Ce problème peut aussi empêcher de bien voir où se trouvent les ennemis. En effet, les ennemis se promènent dans les donjons, il ne s’agit nullement de combats aléatoires, mais on passe son temps à se prendre des embuscades à cause de ces deux soucis cumulés.

Pour en revenir au principal, ce qu’il y a sans aucun doute de mieux dans ce titre, ce sont les combats, et la personnalisation de vos personnages.

Les combats sont comme la plupart des jeux de Kemco, typés rétro en 2D. Vos personnages sont à droite, les ennemis à gauche. On retrouve donc du tour par tour, mais pas avec une jauge ATB. Ici, vous sélectionnez une action pour vos trois personnages en début de tour, puis, sur une barre en dessous, des icônes représentant vos personnages et les monstres défilent de droite à gauche : celui étant le plus à gauche exécutera son attaque en premier. Pour les actions disponibles, vous aurez le choix entre attaque, compétence, objets, prendre la fuite ou changer de posture, mais aucun moyen de se mettre en défense ou simplement attendre, ce qui est plutôt pénible si l’on souhaite passer le tour de l’un des personnages, par exemple.

En prenant des coups ou en attaquant vos adversaires, vous ferez grimper votre barre de break. Une fois arrivée à 100%, il est possible d’appuyer sur la touche Y et de multiplier les dégâts de votre attaque en cours. De plus, si vous faites des attaques qui frappent plusieurs fois, ou si vos personnages attaquent un même ennemi à la suite, sans qu’un autre adversaire vienne par exemple s'interposer, vous augmenterez alors les dégâts infligés à votre adversaire grâce aux combos. Vous pourrez d’ailleurs profiter des combos/break plus efficacement contre les boss, par exemple en mettant la jauge de break à 100% pour vos trois personnages, en se « buffant », puis en lançant vos meilleures attaques lors d’un tour en utilisant votre break. Notez qu'en faisant Y en début de tour, il faudra choisir qui agira, donc utilisez de préférence celui qui frappera le moins fort ou qui infligera par exemple plusieurs attaques pour monter les combos, et finissez par votre personnage le plus fort en dernier. En usant de cette stratégie à chaque boss, vous pouvez généralement les mettre à moitié moins de vie.

Personnalisation

A la fin des combats, en plus de l’argent et de l’expérience, vous gagnerez des TP. Les TP où “Tablets Points” serviront à augmenter vos “jobs”. En fait, il ne s’agit pas véritablement de “jobs” à proprement parler, comme par exemple dans un Final Fantasy V, où vous allez changer de vêtements, que vous aurez des compétences propres ainsi qu’un équipement en fonction de votre classe. Là, vous équipez des tablettes, que vous pourrez acheter ou trouver dans divers donjons, qui vous permettront ensuite d’apprendre des compétences actives, passives ou bien encore des postures (dont nous parlerons plus bas). Vous pouvez changer de tablettes à n’importe quel moment et vous ne perdrez aucunement vos TP accumulés.

Pour expliquer plus précisément, chaque tablette à un plafond (1000 pour les premières, pouvant aller jusqu’à 1200 voire 1500 pour les dernières). En équipant une tablette, vous mettez toutes les compétences qu'elle possède à la disposition de votre personnage, mais, en accumulant un certain nombre de TP sur une tablette, vous débloquerez aussi de façon permanente ces mêmes compétences. Par exemple, avec la tablette “mage”, si vous voyez la première magie de feu à 100 TP, et que vous gagnez au moins 100 TP en faisant des combats, vous débloquerez cette compétence. Si vous changez de tablette juste ensuite, vous conserverez cette magie. Pour faire simple, vos personnages pourront bénéficier de toutes les compétences qui leur seront offertes en maîtrisant toutes les tablettes.

Cela dit, en maîtrisant totalement une tablette, donc après avoir accumulé 1000, 1200 voire 1500 TP, vous gagnerez soit une capacité passive fort intéressante, soit des points de mérite.

Alors les points de mérites, qu’est-ce que c’est ? Il s’agit en fait de points qui seront répartis ou que vous devrez répartir vous-même dans diverses statistiques. Les points de mérites se gagnent en passant des niveaux (1 point par niveau), avec les tablettes et même l’équipement. Tous les 10 points distribués dans une statistique, cette dernière gagnera un niveau et vous fera profiter de quelques bonus. Il est possible d’emmagasiner un total de 50 points dans une statistique et donc de lui donner un total de 5 niveaux. Il faut quand même savoir que quand vos personnages prennent des niveaux (donc avec de l’expérience), les statistiques gagnées sont assez faibles, du coup, bien répartir les points de mérite se révèle être assez important. A la manière d'un “build”, il est possible d'influencer les statistiques classiques comme l’attaque et la défense, tout autant que la résistance aux états anormaux ou encore le coût en mana des compétences.

En ce qui concerne l’équipement, vous aurez toujours le choix d’acheter ou de créer vos armes et armures. La création d’équipements coûte un peu plus cher mais vous aurez la possibilité de répartir des points de mérite où bon vous semble.

Notez que, bien plus tard dans le jeu, les meilleurs équipements ne pourront être que créés, et demanderont également un matériau précis que vous pourrez acquérir dans des coffres ou “rarement” après un combat.

Il vous sera également possible d’équiper jusqu’à deux accessoires sur vos personnages avec des effets bien connus, comme comme des protections voire un bonus de statistique.

Et pour finir, parlons des postures. De base, chaque personnage possède la posture “normale” et en débloque d’autres via les tablettes. Même si changer de posture ne va rien changer, visuellement parlant, elles vont généralement apporter un bonus mais également un malus. Gagner en puissance physique, mais se prendre également plus de dégâts, augmenter sa défense mais baisser sa force etc. Vous l’aurez compris, on peut adapter sa posture en fonction du moment ou bien de la façon dont on souhaite jouer un personnage. Laishutia, par exemple, qui est vraiment une magicienne, peut profiter d’une posture lui faisant baisser ses attaques physiques mais augmentant tous ses dégâts magiques. Il y a quand même quelques postures sans effets négatifs, mais elles sont plutôt rares, ce qui est dommage. Les meilleures d'entre elles, en contrepartie, peuvent se révéler “dangereuses”, puisqu’elles pourront vous faire perdre un pourcentage de HP/MP à chaque tour.

Des compagnons

Même si Kreist, Dauturu et Laishutia restent les personnages principaux de ce jeu, vous serez malgré tout amené à jouer avec d’autres personnages. Cela ne dure jamais vraiment longtemps, le temps d’un passage dans un donjon ou contre un boss. Malheureusement, bien que le personnage en question se cale à votre niveau, non seulement il faudra prendre le temps d'attribuer ses points de mérite (si le jeu le permet), mais il n'aura en plus quasiment rien appris via ses tablettes, ce qui le rend plus handicapant qu'autre chose.

Mais la cerise sur le gâteau, c’est qu’une fois arrivé devant le donjon final, le jeu vous donne la possibilité de changer d’équipe en vous donnant cinq personnages supplémentaires. Mais quel est l'intérêt ?

Ces “nouveaux” personnages possèdent également une tablette qui leur est propre, mais mis à part ça, votre équipe principale est relativement bien équilibrée pour ne pas avoir l’envie d'en changer. De plus, si vous souhaitez vous servir de ces personnages, il faudra sacrifier des matériaux pour les équiper, mais surtout, leur faire maîtriser toutes les tablettes disponibles, et autant dire qu’à ce moment-là du jeu, vos 3 personnages principaux les ont déjà maîtrisé en grande partie.

Cela nous permet d’enchainer sur “l’après” fin du jeu. Une fois le jeu achevé, vous pourrez recommencer une nouvelle partie en conservant tout ce que vous avez accumulé (niveaux, tablettes à leur maximum, objets, équipements, argent), mais pas les personnages supplémentaires, ce qui est bien dommage car cela aurait donné un intérêt justement à refaire le jeu avec eux. Sinon, vous pouvez toujours charger vos données pour vous retrouver juste avant le boss final mais en débloquant également tout un tas de boss optionnels au passage. C’est une chose que l’on retrouve dans tous les jeux de Kemco (ou pour la plupart) : la possibilité d’affronter des boss bien difficiles une fois le jeu fini, histoire d’ajouter du challenge.

D’ailleurs pour parler de la difficulté, le jeu est relativement facile. Certains boss peuvent être un peu corsés et c’est quand même plaisant de voir que ces affrontements sont quand même largement au-dessus de simples monstres, mais encore une fois, avec la technique du break/combo, ils peuvent vite être expédiés.

Pour revenir une fois de plus sur le “post-game”, les boss supplémentaires sont relativement costauds mais vous permettront d’obtenir de nouveaux matériaux ainsi que des accessoires uniques. Malheureusement, le “post-game” ne se résume qu’à ça. Beaucoup de farm pour affronter de puissants boss, gagner de nouveaux équipements ainsi que quelques accessoires et… c’est tout. Cela rallonge en effet, la durée de vie, mais à moins d’aimer farmer et chercher un peu de challenge, l'intérêt est plus que limité.

Cool, un jeu rétro

Pour parler de la durée de vie, vous devrez compter entre 15 et 20 heures pour en voir le bout. Après, libre à vous de faire le post-game, ou encore entraîner les nouveaux personnages ce qui prolongera évidemment la partie. Le jeu coûtant 7,99 € sur l’eshop et visiblement au même prix sur Android (mais les jeux Kemco sont souvent en promo sur Google Play), cela ne reste pas très cher par rapport à d’autres jeux, mais on peut toujours trouver mieux.

Point de vue graphique, même si les personnages ainsi que les monstres en combat sont plutôt sympas, il faut reconnaître que le reste est plutôt moche. Il est évident que la vue ridiculement petite n’aide pas du tout, mais si on devait prendre un point de comparaison, même RPG Maker 2000 et 2003 sont largement plus jolis que Symphony of Eternity.

Au niveau des musiques, certaines sont bien sympathiques, notamment celles des combats contre les boss, mais il y en a vraiment trop peu (une dizaine voire une douzaine au grand max) et on se retrouve à toujours entendre les mêmes thèmes, que ce soit en ville ou dans les donjons. Donc, bien qu'elles ne restent pas mauvaises en soi, elles sont loin d’être mémorables et évidemment trop répétitives.

Malgré sa montagne de défauts, Symphony of Eternity est loin d’être si mauvais que cela. Les combats, bien que classiques, sont plutôt agréables et la personnalisation des personnages est plutôt chouette. En dépit d'un scénario qui ne relève pas le niveau faute d’un jeu trop court, quelques dialogues drôles sont quand même présents. Mais au final, à moins d’être un grand fan de Kemco, il serait difficile de recommander ce titre alors que d’autres de leur productions ont l’air meilleures, comme Infinite Dunamis (également disponible sur 3DS) ou encore Antiquia Lost qui est sorti assez récemment sur Switch.

Note attribuée : 9/20

Rédigé par Deathyuya le 10/03/2018

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