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Dragon's Dogma

Fiche complète de ce jeu

Il y a de cela quelques années, le marché du jeu de rôle était globalement scindé en deux : d'un coté les jeux PC principalement influencés par la culture occidentale tels que Baldur's Gate pour n'en citer qu'un, et d'un autre coté, les jeux sur consoles de salon dominés par les productions japonaises comme la célèbre série des Final Fantasy.

L'explosion du marché du jeu de rôle en Europe et aux USA a permis l'apparition de sérieux concurrents pour les japonais, proposant des jeux libérés des influences habituelles et plus tournés vers l'action. Ces jeux attirent un public toujours plus important, comme l’a déja prouvé le succès de la série Mass Effect, disponible sur plusieurs supports.

Certains éditeurs nippons ont décidé de réagir en surfant sur cette nouvelle vague de RPG. Dernier exemple en date, Capcom, qui propose actuellement un jeu développé spécialement pour le marché occidental : Dragon's Dogma !

Alors, coup de maître ou coup dans l'eau ?

Une histoire classique mais efficace

L'immersion dans l'histoire est pour le moins « brutale » : à peine un paragraphe d'explication pour le contexte affiché, et nous voilà à la tête d'un petit groupe de héros dirigé par un élu, nommé l'Insurgé. Ce dernier est en passe d'en découdre avec un dragon et il vous incombera de le guider vers son destin.

Cette première scène servant de didacticiel nous permet de découvrir doucement le système de combat et quelques phases de gameplay. Sitôt nos deux alliés invoqués (appelés « pions »), notre premier combat épique nous attend : une chimère, créature monstrueuse issue de la mythologie, vient nous bloquer le chemin.

Une fois le monstre vaincu, et après une ellipse temporelle, nous laissons notre élu de côté pour incarner un villageois créé pour l'occasion. Pas de chance pour ce dernier, un énorme dragon débarque d'un portail magique et ne trouve rien de mieux à faire que d'attaquer votre village.

Contre toute logique, le héros, armé d'une simple épée décide de contre-attaquer, pour un résultat... surprenant (que l’on passera sous silence pour éviter tout « spoil ») !

Vous l'aurez compris, l'histoire de Dragon's Dogma est assez classique et tire sur de grosses ficelles du genre : une créature monstrueuse qui menace l'équilibre du monde, et un héros parti de rien qui va se révéler et lutter afin de ramener la paix. Le tout reste cependant efficace et a pour mérite de poser un cadre pour la somptueuse aventure qui attend le joueur.

Un système de création et d’enrôlement de héros poussé et original

Qui dit aventure, dit également héros à incarner. De ce côté, vous n'aurez aucun mal à vous créer le guerrier de vos rêves : le générateur est sûrement l'un des plus complets sortis à ce jour. Que ce soient les différentes parties du visage, du corps, la corpulence, la taille, ou encore la démarche, tout est personnalisable à l’extrême.

Si certains se contenteront de modifier quelques détails sur l'un des modèles de base, beaucoup de joueurs sur le net ont déjà poussé le système dans ses retranchements pour incarner une personne connue dans la réalité, comme ce fut le cas pour le générateur des derniers Soul Calibur.

Petit plus non négligeable, les caractéristiques physiques de votre avatar ont des incidences mineures sur ses capacités : les armoires à glace auront par exemple l'avantage sur les gringalets concernant le poids maximum de l'inventaire, alors que ces derniers profiteront de leur agilité supérieure pour les phases d'escalade.

En tant qu'Insurgé (votre nouveau titre après l’évènement avec le dragon), vous aurez accès à l'aide du mystérieux peuple des Pions. Ces derniers vous serviront de coéquipiers dans vos épreuves.

Vous devrez dans un premier temps vous créer un lieutenant (via l'éditeur) qui vous secondera tout le long de l'histoire, et ensuite compléter votre binôme fraîchement créé avec deux autres pions que vous devrez recruter dans un endroit appelé « La Faille ».

Cet endroit, qui porte bien son nom, est une sorte de passage dimensionnel où vous pourrez recruter vos mercenaires. À votre arrivée, quelques Pions vous attendent déjà. Libre à vous de leur parler pour découvrir leur caractère et leurs compétences. S'ils ne vous conviennent pas, le jeu vous propose de faire une recherche parmi une liste de Pions auto-générés, ou, plus intéressant, de recruter le pion principal d'un vrai joueur !

Le formulaire est dans la lignée de l'éditeur : complet et efficace. De nombreux critères sont proposés pour choisir au mieux les deux derniers membres afin d'équilibrer votre groupe.

Petit bémol, le choix a été fait d'opérer un « OU » entre les critères de recherche plutôt qu'un « ET ». Concrètement, cela signifie que demander un magicien ayant une affinité avec le feu retournera moins de résultats qu'une recherche avec les critères « magicien », « affinité feu » et « affinité glace ». Dommage donc, car pour reprendre l'exemple du magicien, il est souvent crucial que ce dernier soit capable de prendre le rôle du soigneur, du « buffer » et pourquoi pas de « damage dealer », nécessitant donc un profil et des compétences bien particulières.

L’une des particularités de ces Pions mercenaires est qu'ils ne prennent pas de niveaux ! Il vous incombera dès lors d'en changer régulièrement afin de garder une équipe compétitive face aux dangers. Un choix de gameplay qui empêche de s'attacher aux pions temporaires mais qui permet, si le pion choisi vient d'un vrai joueur, de le renvoyer à son « propriétaire » accompagné de quelques cadeaux et de cristaux de Faille (monnaie alternative permettant d'acheter nombre d'objets rares, ou de recruter des Pions au dessus de son niveau actuel).

S'ils ne prennent pas de niveaux, les Pions sont par contre capables d'emmagasiner de l'expérience face à un type d'ennemi ou sur le déroulement d'une quête. Ainsi, lorsque le pion revient auprès de son propriétaire, le joueur A, d'une session avec le joueur B, il sera capable de conseiller son maître durant les combats ou encore mieux, de donner de précieux indices sur une quête déjà complétée (l'engagement étant bien sûr virtuel, le joueur A pouvant continuer à jouer avec son pion en parallèle de la partie du joueur B) ! Une excellente idée donc qui favorise l'entraide entre joueurs.

Un système de combat épique mais parfois un peu brouillon

Que serait un jeu de rôle sans ses combats ? Sur ce point encore, Capcom ne déçoit pas ! Mieux encore, on sent dès les premiers affrontements que l'éditeur nippon a mis à profit son expérience dans des jeux tels que Devil May Cry pour nous proposer des combats somptueux et dynamiques.

Dès le tutoriel, on comprend vite que l'on ne va pas passer des dizaines d'heures à marteler les touches de compétences sans réfléchir : que ce soit une bande de bandits ou un cyclope, chaque type d'adversaire possède son propre style de combat, et il sera important de trouver le moyen le plus efficace pour les vaincre.

Et c'est bien en cela que les combats de Dragon's Dogma sont exceptionnels ! Pour reprendre l'exemple de la chimère du tutoriel, le moyen le plus simple pour survivre reste encore de lui sauter dessus pendant qu'elle s'acharne sur un coéquipier, afin de cibler plus facilement sa tête de serpent capable d'empoisonner le joueur, puis la tête de chèvre capable de lancer des magies, tout en évitant bien sûr de tomber de cette monture improvisée qui cherchera à vous faire chuter.

Le résultat est assez impressionnant et il est rare de s'ennuyer dans un combat. En revanche, les affrontements sont parfois un peu brouillons, notamment à cause de la caméra qui se bloque dans les décors pendant les rodéos sur les monstres.

La difficulté est à ce propos quasi-parfaite : si le jeu ne propose, la plupart du temps, pas un challenge insurmontable , un affrontement négligé par excès de confiance peut vite tourner au drame lorsque l'on sait que la mort du personnage principal entraîne obligatoirement un tragique « Game over » !

Ce principe, parfois bien frustrant a pour intérêt d'obliger le joueur à aborder chaque combat avec stratégie et une équipe complémentaire, plutôt que de foncer dans le tas (au pire, les gobelins peuvent servir de punching balls sur pattes s’il est nécessaire de se défouler).

De plus, Capcom a ajouté une petite subtilité aux combats pour augmenter la difficulté : lorsque le joueur perd de la vie, sa barre de vie maximale peut diminuer également ! Cette santé maximale ne pourra être récupérée qu'après une nuit de sommeil à l'auberge ou en consommant des potions qui, sans être rares, ne sont pas non plus disponibles en quantité illimitée !

Vos Pions seront autonomes pendant le combat, guidés par une IA prenant en compte leurs caractères pour gérer leur comportement. Dans l'ensemble, l'ordinateur se débrouille plutôt bien, en vous soignant par exemple au moment adéquat. Vous aurez cependant la possibilité de leur donner quelques ordres (trop ?) basiques : demander de l'aide, se regrouper, avancer. On regrettera par contre l'absence de l'ordre d’attaquer à distance, utile lorsqu’on joue un guerrier afin d’affaiblir l'adversaire avant le corps à corps, par exemple.

Il vous faudra également une équipe équilibrée pour vous simplifier la vie . La création de vos personnages se termine sur la sélection d'une classe de base, parmi un choix assez restreint : Guerrier, Rodeur, ou Magicien. Il sera ensuite possible de faire évoluer son personnage, soit vers une version alternative plus puissante (par exemple : le Guerrier normalement armé de son bouclier pourra devenir un Champion, et manier des armes plus lourdes à deux mains), soit vers une version hybride telle que l'archer-mage, un combattant enchantant ses flèches pour attaquer à distance.

Ces changements de classes, tout comme les compétences passives et actives, seront débloqués grâce à des points de compétence durement gagnés à chaque combat. Une fois achetées, elles pourront être conservées dans la classe suivante, sous réserve que celles-ci soient associées à un type d'arme compatible (un archer devenu guerrier ne pourra bien sûr plus utiliser les attaques spéciales à distance).

Les compétences actives sont ensuite liées à une combinaison de touches afin de les rendre accessibles pendant le combat. En additionnant celles des armes principales et secondaires, on dispose au total de 6 combinaisons. Autant dire qu'il sera important de bien choisir avant de dépenser les précieux points.

Un gameplay très « old school »

Si les combats comptent parmi les points forts du jeu, Dragon's Dogma ne se limite heureusement pas à ces derniers. L'un des premiers points qui frappe lorsque l'on sort du village, c'est bien le sentiment de liberté qui émane de son univers. La carte du monde est grande, rien ne nous empêche de la visiter comme dans la série des Elder Scrolls, et aucun chargement ne pointe son nez tant que l'on ne rentre pas dans un donjon ou une ville.

De ce fait, on passe beaucoup de temps à explorer les moindres recoins de la carte, à la recherche de coffres, d'ingrédients d'alchimie disséminés un peu partout, ou bien encore d’un petit défi en rencontrant des monstres majeurs qui apparaissent aléatoirement.

Tous ces objets récoltés durant l'exploration ou les combats sont utilisés au cours de deux procédés principaux :
- un système d'alchimie permettant de combiner deux objets pour en obtenir un troisième plus puissant
- un système d'amélioration de son équipement via un marchand qui propose, contre certains objets et quelques centaines de pièces, de renforcer les caractéristiques de votre équipement

Les quêtes sont, quant à elles, relativement classiques mais suffisamment variées pour ne pas donner l'impression de faire toujours la même chose : tuer un certain nombre de monstres d'un type donné, escorter un NPC dans un lieu-dit, ou explorer un donjon pour y dénicher, tel Indiana Jones, une relique quelconque.

Dans sa volonté de sortir un RPG à l'occidentale, Capcom nous propose un gameplay aux forts accents « old school », pour notre plus grand plaisir. Le joueur n'est pas énormément guidé (sans pour autant être laissé à l'abandon), que ce soit pendant les phases d'exploration, ou pendant les combats.

Parmi les fonctionnalités classiques non présentes dans Dragon's Dogma, on peut notamment citer l’absence d'un système de verrouillage sur les ennemis, le non-affichage de marqueurs sur le radar pour localiser les différents protagonistes d'un combat, l'oubli des raccourcis pour utiliser rapidement les objets sans rentrer dans l'inventaire, ou encore celui de se déplacer rapidement d'un point à l'autre de la carte (il existe bien quelques pierres de téléportation, mais elles sont extrêmement rares ou à usage unique, et par conséquent jamais utilisées).

Des manques qui choquent au début le joueur moderne, habitué à être assisté par ce genre de fonctionnalités. Avec le recul, on se dit cependant que ce n'est pas dramatique, et que cela peut même contribuer à cette ambiance « à l'ancienne » du jeu (même si un patch serait quand même le bienvenu pour le radar et les raccourcis d'objets).

La durée de vie du jeu dépendra quant à elle beaucoup de votre façon de jouer. Sans forcément tout finir, mais en prenant son temps pour explorer l’univers et faire des quêtes secondaires, on arrivera facilement à 40-50 heures. Ajoutez à cela un New Game + et quelques bonus à jouer online, et Capcom peut se vanter d’en donner au joueur pour son argent.

Une ambiance médiévale parfaite

Dans ce monde ouvert, l'alternance jour-nuit est gérée et à des conséquences sur la faune et la flore : certaines plantes rares se mettent à briller la nuit, et des gobelins et les loups vous tendront régulièrement des embuscades.

À ce propos, la luminosité étant extrêmement faible lors des phases nocturnes, vous aurez intérêt à vous munir en permanence d'une lanterne et de combustibles pour vous éclairer. L'ambiance, une fois le soleil couché, est simplement géniale : rien de tel qu'une horde de loups venue de nulle part qui se jette sur vous avant de retourner se cacher dans les ténèbres de la nuit pour son prochain assaut, pour vous occuper durant un long déplacement.

D'un point de vue sonore, le jeu s'en tire également avec les honneurs : les doublages anglais sont justes, les bruitages sont convaincants et la musique, très discrète, accompagne très bien le joueur pendant son exploration et tend vers un style plus épique lors des combats.

Seul bémol, la musique de l'écran-titre : si elle commence plutôt bien, elle part dans un style très japonais complètement hors-sujet, comme pour nous rappeler que le jeu est une production nippone.

Graphiquement parlant, le jeu est plutôt joli mais assez inégal. Les boss et autres monstres majeurs sont magnifiques, mais les autres personnages, qu'ils soient héros, NPCs ou simples monstres, sont juste corrects si on les compare à d'autres productions actuelles.

Les décors sont quant à eux plutôt agréables et favorisent l'immersion dans ce monde fantastico-médiéval, surtout à l’intérieur des donjons.

Un point négatif est à noter : on rencontre régulièrement des bugs de collisions dans le décor (par exemple des petites tables que l'on peut traverser) ou contre les monstres de taille importante.

Le strict minimum niveau interface

Concernant l’interface, le constat est par contre un peu moins reluisant. Un certain nombre de points semblent bâclés, dégradant l'expérience de l’utilisateur :
- une sauvegarde unique par compte Xbox ou Playstation ! Non seulement, on ne peut pas réaliser deux sauvegardes d'une même partie, mais en plus, les sauvegardes automatiques écrasent la manuelle ! Pourquoi avoir omis cette possibilité, qui existe dans 95% des jeux ?
- un inventaire que l'on qualifiera de sobre. Celui-ci propose le minimum vital : un tri par type d'objets, sans être vraiment ergonomique, sans filtres et sans possibilité d'équiper rapidement le meilleur équipement disponible. Pas insurmontable en soit, mais clairement optimisable.
- pas de glossaire. Dommage, avec le système d'alchimie et d'apprentissage des Pions, cela aurait été un petit plus appréciable.
- pas d'accès à la carte en une seule touche. La critique peut paraître un peu exagérée, mais le jeu est quand même très porté sur l'exploration. On passe son temps à afficher la carte pour s'assurer du chemin, et multiplier par deux le nombre de touches à appuyer est énervant sur le long terme.

Pour conclure, on peut affirmer sans crainte que Dragon's Dogma est un excellent titre, susceptible de provoquer un véritable un coup de cœur, malgré les quelques défauts rencontrés tout au long de l'aventure. Capcom a été capable de créer un jeu alliant à la fois le charme des anciennes productions et le dynamisme et la puissance des titres actuels. Doté d'une ambiance unique, de combats épiques, et d'un certain nombre d'idées novatrices sur une base plus classique, le constat est plus que positif dans l'ensemble et ravira la plupart des joueurs qui prendront la peine de découvrir cette aventure grandiose.

À acheter dès que possible !

Note attribuée : 17/20

Rédigé par Aemaeth le 05/06/2012

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