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Dragon Quest Monsters : Le Prince des Ombres

Fiche complète de ce jeu

Parmi les nombreux spin-off de la saga mastodonte qu’est Dragon Quest, l’un des plus appréciés est sans doute celui des Monsters. Apparu pour la première fois en 1998 sur GameBoy Color avec Terry’s Wonderland, le jeu se base principalement sur la capture de monstres, un concept déjà présent dans la série principale avec l’épisode V. Il y aura par la suite plusieurs épisodes, dont notamment les trois Joker sur Nintendo DS qui font figure de référence du genre (en particulier l’épisode 3 dans sa version Professional, malheureusement uniquement disponible au Japon). Le Prince des Ombres est quant à lui le premier opus à être disponible sur Switch, en décembre 2023, suivi d’un portage sur PC sorti le 11 septembre 2024.

Une préquelle intrigante

Le scénario prend place dans le même monde que l’épisode Dragon Quest IV: L’Épopée des Elus, Nadiria. Conçu comme une préquelle à ce titre, il met en scène Psaro, l’un des fils de Randolfo le Tyran, fruit de l’union entre un monstre et une humaine. Cette nature hybride le pousse, après le décès de sa mère Miriam, à défier son père. Randolfo le maudit alors, le rendant incapable de blesser le moindre monstre, puis l’exile à Terrestria, où le joueur prend le contrôle du jeune Psaro. Tout en se promettant de lever cette malédiction et de retourner à Nadiria afin de renverser son père et d’anéantir la race humaine, il trouve refuge dans le village humain de Rosecolline. Pour contrer la malédiction, il se lance dans l'art du dressage de monstres. Au cours de son aventure, Psaro rencontre Rose, une elfe fugitive qui a perdu la mémoire. Mais ce n’est que le début de sa vengeance…

Ainsi racontée, l’histoire pourrait paraître intéressante, mais après quelques heures de jeu, la vengeance de Psaro laisse place à des intrigues secondaires qui n’apportent rien à son avancée. On passe en effet son temps à se rendre dans différents lieux afin de rencontrer divers personnages ou antagonistes qui n’ont quasiment aucun lien avec le scénario. Et lorsque l’histoire principale refait surface, c’est pour créer de nombreuses incohérences avec l’épisode IV, ne serait-ce que rendre Psaro muet. On se demande aussi quelles sont les motivations de ses compagnons, Rose et Flubert, alors qu’ils ne font qu’aider Psaro dans sa quête. On pourrait également croire que les rares choix proposés auraient pu changer légèrement le scénario, mais il n’en est rien. Même l’important dilemme proposé à un moment du jeu n’est en fait qu’une façade qui conduira inévitablement au même résultat. Il faut aussi souligner que le jeu n’est pas servi par sa mise en scène, et notamment les expressions faciales des personnages, qui sont quasi-inexistantes : Psaro arbore ainsi la même expression du début à la fin du jeu, en toute circonstance.

Une régression dans le rendu et le contenu

Pour ceux qui auront joué au quatrième épisode, voir la plupart des personnages principaux et même certains lieux sera malgré tout indéniablement un plus, mais assez anecdotique au final. En effet, le jeu n’est pas particulièrement porté par des graphismes de haute-volée. On n’est jamais réellement émerveillé par les lieux que l’on traverse, dont la beauté et la qualité graphique laissent à désirer. Il s’agit même d’une nette régression visuelle : en comparaison, les épisodes DS et 3DS sont bien plus détaillés et possèdent nettement plus de charme. On peut bien sûr penser que le jeu n’a pas bénéficié d’un budget équivalent à celui d’un épisode numéroté, mais le résultat n’est clairement pas à la hauteur de la série. Si le jeu tourne bien évidemment bien mieux sur PC que sur Switch, on ne peut que remarquer le vide et la platitude des zones, les textures qui semblent portées disparues, et la pauvreté abyssale des animations. Reste la modélisation des monstres qui est réussie, ce qui est tout de même la moindre des choses pour un jeu basé sur la capture et l’élevage de créatures.

Avant de parler du système de capture, il faut savoir que chaque monstre que l’on obtient est unique. Même deux Gluants a priori identiques possèderont une taille et des statistiques légèrement différentes, mais aussi parfois d’autres arbres de compétences. Ces derniers se composent d’une suite de techniques, magies ou passifs à débloquer avec un certain nombre de points de compétences qui s’obtiennent lorsqu’on passe des niveaux. Chaque monstre peut disposer de 3 arbres de compétences au maximum. Malheureusement, si le bestiaire du jeu est très fourni, avec plus de 500 monstres à récupérer, les arbres de compétences sont assez peu nombreux (une petite trentaine), et on retrouve donc souvent les mêmes, sans compter qu’une même compétence peut se retrouver dans plusieurs arbres. Les monstres, quant à eux, sont classés en puissance selon leur Rang (de F à A, S, puis X pour les plus forts), ils peuvent être petits (P) ou grands (G) et possèdent des traits qui leur sont propres, comme des résistances élémentaires, la possibilité d’agir plusieurs fois par tour, etc.

En raison de la malédiction de son père, Psaro ne combat pas directement ses ennemis, mais dirige une équipe de monstres (quatre au maximum) qu’il faudra d’abord obtenir. Il existe plusieurs moyens de se procurer des monstres. Même si cela est relativement rare, certains sont donnés par le scénario, mais la manière la plus courante de recruter un monstre, c’est de le “capturer” pendant un combat, un peu à l’instar d’un Pokémon. Il vaut mieux pour cela réduire un peu ses HP (sans le tuer), puis lancer une sorte d’intimidation. Un pourcentage de réussite s’affiche alors, qui dépend en gros de votre puissance par rapport au monstre que vous désirez avoir. En cas de réussite, le combat se termine (même s’il reste des ennemis) et on ne reçoit aucun point d’expérience. En cas d’échec, le monstre et tous ceux qui l’accompagnent se mettent la plupart du temps “en colère”, les rendant plus dangereux et surtout impossibles à capturer. Il arrive que cela ne soit pas le cas, ce qui permet de réessayer une “capture”, mais le taux de réussite se réduit à chaque tentative.

Cette mécanique est un peu étrange, d’autant que les taux de capture sont assez bas. Même avec une équipe de monstres puissants, on atteint rarement plus de 50% de chance, et la plupart du temps, on navigue entre 20 et 30%, voire moins. Le souci étant que sans nouveau monstre, il devient difficile de progresser. Il faut donc impérativement renouveler son équipe régulièrement pour ne pas plafonner avec des monstres de début de jeu. Heureusement, il existe d’autres moyens d’obtenir de nouveaux monstres. D’abord, il est possible qu’un monstre vous rejoigne de lui-même après un combat, même si cela n’est pas très courant. Surtout, on pourra chercher des œufs dans les zones, ce qui constitue d’ailleurs le seul intérêt à l’exploration. En trouvant ces œufs (qui sont indiqués sur la carte), on obtient obligatoirement un monstre, de manière aléatoire, qui sont avec de la chance des versions plus puissantes. Par contre, ces monstres ont le désavantage de débuter au niveau 1, alors que si on capture un monstre pendant un combat, il prendra automatiquement le niveau moyen de la zone.

Le dernier moyen de se procurer des nouveaux monstres est la fusion. Bien qu’il faille déjà posséder des monstres en réserve pour effectuer une fusion, cela permet d’acquérir des espèces qu’on ne trouve souvent que bien plus tard dans le jeu. Néanmoins, il faut aussi qu’un monstre soit déjà au moins au niveau 10. Il faudra donc entraîner un minimum les monstres de niveau 1, tout en sachant que plus le niveau d’un monstre est élevé, mieux cela est pour la fusion. En effet, chaque monstre fusionné transmet la moitié de ses points de compétences à sa progéniture, qui redémarre également forcément au niveau 1. C’est ici plutôt un avantage, car cela permet de gagner beaucoup de points de compétences en passant des niveaux, qui s’ajoutent donc à ceux hérités lors de la fusion. Il est ainsi possible, de fusion en fusion, d’avoir des monstres qui débutent au niveau 1 avec plusieurs centaines de points de compétences hérités sur plusieurs générations.

Mais, il faut le reconnaître, tout cela prend énormément de temps, car augmenter de niveau peut se révéler relativement long, surtout au début de l’aventure. Et vers la fin, redémarrer avec une équipe au niveau 1, certes avec un plus gros potentiel que la précédente, est malgré tout assez décourageant. Les statistiques de nos monstres semblent en effet un peu dérisoires, notamment en ce qui concerne les MP qui peuvent vite fondre avec les compétences les plus puissantes qui en consomment beaucoup. Bien que cela soit le cœur du jeu, le système de capture et d’évolution devient assez vite redondant, voire peu intéressant, car il n’évolue pas vraiment au fil de l’aventure.

Colchiques dans les prés

L’aventure en elle-même est assez linéaire, et sans réelle surprise. L’exploration des zones est plus que limitée, malgré l’ajout des quatre saisons, qui auraient dû la renouveler. En réalité, passer d’une saison à une autre change un peu les monstres présents dans la zone et permet aussi de rejoindre certains endroits inaccessibles à d’autres moments. Mais, dans la pratique, comme la durée des saisons est relativement longue, on n’attend jamais que les saisons défilent pour pouvoir accéder à un coffre ou un objet. On ramasse juste ce que l’on peut atteindre, quelle que soit la saison en cours. Il existe bien un objet qui permet de changer de saison, mais ce dernier est assez rare et ne peut pas être acquis de manière simple. On se balade donc dans des zones souvent remplies de monstres au mètre carré, jusqu’à atteindre le prochain objectif.

Chaque zone dispose aussi d’un “donjon” où les saisons n’ont pas d’effet. Malheureusement, ils sont assez peu diversifiés et ne proposent rien de plus, à part quelques “énigmes” nécessaires pour progresser dans le lieu et qui n’ont en général rien de bien sorcier. Le donjon final en est le parfait exemple : un long couloir sans réel choix de chemin et quelques leviers à actionner pour libérer la voie. Il n’y a pas non plus la possibilité d’utiliser ses monstres comme montures comme dans d’autres épisodes où l’on pouvait planer ou même nager grâce à eux. Cela aurait apporté un peu de variété dans un jeu déjà tellement linéaire et répétitif.

Même les combats sont simplifiés, dans la mesure où les monstres agissent de manière automatique suivant une tactique prédéfinie. Il est bien sûr toujours possible de donner des ordres précis à chaque monstre, mais la manipulation est loin d’être ergonomique, si bien qu’on se contente le plus souvent de laisser le jeu se débrouiller tout seul. Les boss, en revanche, demanderont un réel investissement, car certains combats représentent un très gros pic de difficulté, qui paraît parfois un peu insurmontable. C’est notamment en raison des états anormaux, qui sont très utilisés par les boss et qui peuvent vite conduire à une défaite sans bonne préparation. S’en protéger peut d’ailleurs s’avérer assez complexe, étant donné que les monstres ne peuvent s’équiper que d’un seul accessoire et d’aucun autre type d'équipement. Sans compter qu’on ne pourra acquérir ces accessoires que dans des coffres ou en récompenses excessivement rares à la fin d’un combat…

Dragon Quest Monsters : Le Prince des Ombres se présente un peu comme une régression par rapport aux précédents épisodes. L’intrigue et les personnages ne semblent être qu’un prétexte à un gameplay déjà bien rôdé, mais ici un peu trop simplifié pour être intéressant. Les connaisseurs de la série retrouveront non sans plaisir des personnages et des lieux de l’épisode IV, mais le jeu ne va jamais au-delà, créant même des incohérences dans certaines situations. Malgré un bestiaire très conséquent qui fait réellement plaisir à revoir, une certaine morosité s’installe au fur et à mesure du jeu, où l’on ne fait qu’avancer en ligne droite tout en essayant de capturer et de fusionner le plus de créatures possibles. Avec une technique indigne d’un titre récent, il devient difficile de prendre du plaisir à errer dans des zones vides d’exploration et au final sans attrait, malgré quelques tentatives d’originalité pour certaines. Finalement, le jeu laisse une impression très mitigée et ne parvient pas à se hisser au niveau de ses prédécesseurs.

Note attribuée : 11/20

Rédigé par Delldongo le 11/11/2024

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