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Willow Guard

Fiche complète de ce jeu

Willow Guard est un jeu indépendant développé par le très modeste studio MiTale, basé en Finlande et qui regroupe moins d’une vingtaine de personnes, et cofondé par l’Union européenne. Le studio est assez jeune, fondé en 2017, et n’a à son actif qu’une poignée de jeux sortis essentiellement sur mobiles. Willow Guard constitue donc une nouvelle aventure pour ce petit studio, mais vaut-elle la peine de s’y intéresser ? Nous répondons à cette question ci-dessous !

Un vrai zoo

Le jeu met en scène Ghweros, un “Willow Guard” (Garde du Saule) en mission dans la région de Woikos pour enquêter sur un mal mystérieux. Mais à son arrivée sur place, il est confronté à une certaine méfiance des habitants et il va devoir gagner leur confiance pour obtenir un maximum d’informations.
Au début du jeu, le joueur comprend vite que l’enquête ne va pas être aussi simple qu’espéré. Il ne s’agit pas simplement de parler aux habitants de Woikos, mais il faudra aussi découvrir des indices, et bien entendu affronter de nombreux dangers. Le déroulement de l’aventure alterne habilement entre les phases plutôt paisibles des dialogues, où l’on en apprend plus sur chaque personnage, lieu, événement… et les phases d’actions qui peuvent mettre les nerfs à rude épreuve et que nous détaillerons plus loin. Le tout est baigné dans une ambiance assez unique qui donne tout son charme au jeu. Les protagonistes ont tous l’apparence d’animaux anthropomorphes, avec des caractères bien travaillés et attachants. Même si le jeu est très bavard, on prend plaisir à parler aux habitants et écouter leurs répliques, souvent drôles, parfois touchantes ou intrigantes. Certains passages mettent aussi en scène les rêves de Ghweros, dans lesquels les divinités semblent lui transmettre des messages célestes. Ces rêves ajoutent une dimension encore plus poétique au jeu et renforcent le côté mystérieux de l’intrigue principale. L’enquête est d’ailleurs bien ficelée, même si la trame principale reste assez simple, et donne envie de progresser dans l’histoire.

Mais quel blaireau !

Alors oui, Ghweros est effectivement un gros blaireau, au sens littéral du terme. Mais cela ne l’empêche pas d’avoir aussi un côté Witcher. S’il se bat essentiellement avec des attaques de corps-à-corps, il possède aussi de nombreuses capacités à utiliser, représentées sous forme de cartes. Car oui, Willow Guard est aussi un Card-RPG, d’une certaine façon, et nous y reviendrons un peu plus bas.
Contrairement aux RPG classiques, Ghweros ne peut pas gagner des niveaux ou être amélioré directement. Son amélioration passe essentiellement par son attirail. Tout d’abord tout équipement porté, comme les vêtements ou l’arme, peut octroyer un bonus à sa défense ou à son attaque (tant que l’équipement reste équipé évidemment). Le jeu mise plutôt sur la sobriété de ce côté. Il n’existe que quelques équipements différents à acquérir, chacun pouvant être amélioré chez le forgeron à condition de trouver les matériaux nécessaires, ce qui peut se révéler assez difficile. Mais cela suffit amplement pour donner un sentiment de progression au fil de l’aventure.
Ghweros peut aussi s’équiper de capacités secondaires à utiliser occasionnellement en combat. Cela inclut des potions de soin, des huiles pour améliorer la lame de son épée, ou encore des compétences d’attaque. Ces capacités sont représentées par des cartes que l’on acquiert au fil du jeu, et sont évidemment tirées aléatoirement en combat lorsque les conditions sont remplies. Là encore, le nombre de cartes disponibles est limité, et bien qu’il y ait une taille limite au deck que l’on peut construire, il faudra attendre la seconde moitié du jeu pour devoir vraiment faire des choix entre les cartes à équiper. De la même façon que l’équipement, les cartes peuvent être améliorées, ce qui ajoute une petite dimension stratégique dans le développement du personnage.
Le héros possède aussi quatre traits de personnalité, comme l’empathie ou l’instinct, que l’on peut améliorer. C’est la seule évolution directe du personnage. Ces traits permettent de débloquer certaines options durant les dialogues, mais aussi des compétences “ultimes” qui font office de limit break en combat.

Elémentaire, mon cher Watson

La majorité du jeu consiste à résoudre l’enquête dont Ghweros est responsable. Parler aux habitants de Woikos permet d’obtenir des indices ou informations qui peuvent ensuite mener à de nouveaux dialogues avec d’autres personnages. Mais cela n’est pas toujours si simple. En effet, il faudra souvent rassembler certaines conditions avant d’obtenir une information. Cela peut se traduire par exemple par avoir trouvé certains objets ou avoir accompli des actions spécifiques. Il est aussi possible de développer des affinités avec les personnages, qui deviendront alors plus à même de nous aider.
L’enquête passe aussi par l’observation de notre environnement. En effet, chaque lieu non-hostile possède un certain nombre de points d’intérêts que l’on peut analyser, permettant d’obtenir de nouveaux indices. Mais pour cela, il faut dépenser des points de Focus, qui se rechargent chaque jour après une bonne nuit de sommeil. Il faut donc faire des choix et donner en priorité les points qui nous semblent les plus importants.
Il faut aussi savoir que les lieux à explorer, hostiles ou non, deviennent accessibles peu à peu en fonction des éléments que l’on découvre. Il y a donc une certaine forme de non-linéarité dans le jeu qui rend l’aventure unique pour chaque joueur.

Le côté enquête du jeu est sans doute le plus intéressant, à condition de ne pas être allergique à la lecture puisque tout passe par du texte ! Il faut aussi savoir se débrouiller par soi-même, même si le jeu donne quelques indications sur les objectifs en cours à travers une “to-do list” plus ou moins précise. Enfin, il faut noter que, à l’heure où cette critique est publiée, le jeu n’est accessible qu’en anglais, ce qui limite aussi son audience.

Donjon crawler ou hack’n’slash

Les combats de Willow Guard mélangent plusieurs styles de jeu. Nous l’avons vu précédemment, il y a un côté Card-RPG pour l’utilisation des compétences du personnage. Le reste du temps, le héros doit surtout se frayer un chemin à coups d’épée, avec seulement la possibilité d’esquiver les coups pour se défendre. Des hordes de monstres surgissent plus ou moins aléatoirement lorsque l’on explore un lieu. Si affronter un ennemi seul se révèle plutôt trivial, la situation peut vite devenir mortelle si plusieurs monstres attaquent Ghweros. Cela rend la difficulté tout autant aléatoire. Le jeu est globalement très facile, mais peut soudainement devenir extrêmement difficile et conduire à une défaite inopinée, et ce, durant l’exploration d’un même lieu. Le game over nous ramène à la dernière sauvegarde effectuée, il ne faut donc pas oublier d’enregistrer régulièrement, sachant que cela ne peut se faire qu’en dehors des zones hostiles.
Le héros se contrôle assez facilement même si parfois il manque un peu de dynamisme, ce qui rajoute de la difficulté lors des affrontements contre plusieurs ennemis. Il n’est pas rare aussi de s’emmêler les doigts en voulant sélectionner une compétence rapidement tout en devant esquiver ou attaquer.

Les zones hostiles que l’on explore sont d’ailleurs souvent générées aléatoirement sous forme de mini-donjons. Chaque lieu peut se composer de plusieurs petites cartes à parcourir, avec un objectif à atteindre, tel que trouver une sortie, tuer un certain ennemi, trouver un trésor… Une fois l’objectif atteint, on peut sortir du lieu ou continuer de l’explorer pour y récolter les trésors restants. Un aspect positif du système est que les ennemis ne réapparaissent pas tant que l’on reste dans le lieu. On peut donc totalement vider une zone des adversaires afin de pouvoir l’explorer tranquillement. Il y a aussi parfois de petites énigmes à résoudre pour trouver des coffres cachés, mais cela reste très léger.
Les zones hostiles ne peuvent pas être explorées en boucle. En effet, une fois que l’on a accompli un objectif, il faudra attendre un certain temps avant de pouvoir retourner au même endroit. Cela limite notamment la possibilité de récolter des matériaux pour améliorer l’équipement.

Dans l’ensemble, les combats sont assez basiques et le gameplay est un peu redondant. Mais cela reste un bon défouloir, même si les pics de difficulté peuvent se révéler très frustrants.

Un petit côté Persona ?

Et oui, le jeu peut aussi se rapprocher d’un autre style, du moins dans l’organisation du temps qui passe. En effet, le jeu se découpe en journées, avec une certaine limitation dans le nombre d’actions que l’on peut effectuer chaque jour (à travers le nombre de points de Focus notamment). On peut choisir de finir une journée en allant nous reposer au coin du feu. Cela permet de recharger le Focus et parfois d’assister aux rêves de Ghweros qui font partie de la trame principale. Les zones hostiles se “rechargent” aussi chaque jour, il est donc utile de les revisiter pour obtenir des matériaux ou trésors.
Ce système reste moyennement utile. D’un côté, il crée une certaine progression de l’histoire, mais il est aussi associé à une certaine redondance qui peut devenir ennuyeuse.

Un jeu “fait-maison”

Willow Guard est clairement conçu dans la veine d’un jeu Indé. Les graphismes en pixel art durant les phases d’exploration et de combat sont sobres, suffisamment convaincants sans toutefois laisser de souvenir marquant. Le tout est évidemment fait en 2D, avec seulement quelques astuces visuelles pour donner un sentiment de profondeur ou de reliefs. En revanche, les artworks des personnages et des arrière-plans qui s’affichent durant l’exploration ou les dialogues possèdent un charme particulier. C’est cet aspect qui donne au jeu une vraie identité visuelle, proche de la bande dessinée. De même, le menu est représenté sous forme de grimoire très plaisant, incluant un bestiaire des personnages amicaux et des ennemis accompagnés d’illustrations.
L’atmosphère sonore est tout aussi simpliste. Il n’existe qu’une poignée de musiques d’ambiance ou de combat. Si elles ne laissent pas beaucoup de souvenirs une fois le jeu terminé, elles suffisent amplement à accompagner l’aventure.
C’est peut-être ce côté sommaire qui, paradoxalement, peut charmer le joueur et lui faire aimer le jeu. C’est un peu comme trouver un animal errant, un peu mal en point, un peu rebutant à première-vue, que l’on décide pourtant d’adopter et d’aimer sans qu’il n’y ait d’explication rationnelle.

Willow Guard n’est sans doute pas un jeu typique pour le grand public, mais il possède un charme très particulier qui fera succomber plus d’un joueur. Il propose une mécanique de combat simple et efficace, enrichie par un aspect d’enquête intéressant et surtout un univers unique. Les personnages que l’on rencontre tout au long de l’aventure donnent de la profondeur au jeu tout en ajoutant une pointe d’humour bienvenue lorsque cela est nécessaire. L’histoire est globalement intéressante et bien écrite, donnant envie d’aller jusqu’au bout. C’est aussi un bon défouloir avec ses combats dynamiques, même si le gameplay reste assez simpliste et parfois un peu frustrant. Un “petit” jeu pour s’évader une quinzaine d’heures dans un univers unique, à parcourir sans modération !

Note attribuée : 14/20

Rédigé par Natahem le 16/11/2025

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Je ne pouvais pas changer l'inévitable., Vanille, Final Fantasy XIII Thèmes
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