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Elden Ring Nightreign | |||||
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Elden Ring : Nightreign fut l’une des annonces surprises du Game Awards 2024, juste quelques mois avant sa sortie, en mai 2025. Contrairement à Shadow of the Erdtree, qui était une extension directe intégrée au jeu de base, Nightreign a été annoncé en tant que spin-off, c'est-à-dire un jeu totalement détaché d’Elden Ring, mais se déroulant dans le même univers. L'engouement de pouvoir vivre une nouvelle aventure dans le monde d’Elden Ring fut partiellement mitigé par les informations assez vagues sur l’orientation du nouvel opus. En effet, ces dernières laissaient entendre un jeu fortement orienté sur le multijoueur et sous forme de missions plutôt qu’une exploration libre. Alors, que vaut le rendu final ? Nous allons détricoter tout cela. NB: Cette critique est basée sur la version du jeu à sa sortie. FromSofware a déjà mis à jour le jeu plusieurs fois, notamment pour corriger de petits bugs, mais aussi pour améliorer certaines fonctionnalités et pour apporter de nouveaux éléments. Certains points mentionnés dans cette critique ne seront donc peut-être plus valides suite aux changements introduits avec les futures mises à jour. La nuit tombe Nightreign se déroule dans un monde nommé Limveld, qui est une version altérée de la région de Limgrave du jeu de base. Dans ce monde, une nouvelle menace plane : la nuit s’étend, apportant avec elle une pluie meurtrière qui enveloppe le monde. Le seul moyen de repousser ce fléau est de vaincre les Seigneurs Nocturnes. Pour les affronter, de vaillants héros, appelés Nocturnes, se sont réunis pour combiner leurs forces et faire triompher la lumière.
Les joueurs vont donc incarner l’un de ces héros, qui sont au nombre de six, au départ. Deux Nocturnes supplémentaires peuvent être débloqués par la suite en accomplissant certaines quêtes, mais cela reste optionnel. Chacun de ces personnages est entièrement paramétré d’avance et le joueur n’a pas beaucoup de liberté pour le personnaliser, à part avec les Reliques que nous détaillerons plus tard et de nouvelles tenues à acheter (mais qui n’apportent rien à part un changement visuel).
Chaque héros possède aussi une quête personnelle à accomplir. Pour y avoir accès, il faut d’abord trouver des indices sur le personnage en question durant les missions principales. Chaque indice trouvé permet de compléter les pages d’un journal, consultable depuis le sanctuaire, qui raconte le parcours du personnage. Une fois que le journal est suffisamment rempli, le héros peut accéder à un souvenir et tenter d’accomplir un objectif précis. Il s’agit souvent d’affronter un ennemi particulier durant une mission principale et débloquer la suite du journal. Les objectifs de ces souvenirs sont parfois explicites, mais parfois, ils sont plus vagues et reposent sur les connaissances du joueur. Par exemple, le premier objectif de Ironeye est de vaincre un adversaire spécial dont l’emplacement est clairement indiqué avec un marqueur sur la carte. Mais le second objectif de la quête de ce héros donne très peu d'informations. Il s’agit en fait de vaincre l’un des boss principaux, mais rien ne nous indique duquel il s’agit. À noter aussi que les objectifs ne peuvent être accomplis que si le souvenir a été activé avant de débuter une mission. De plus, chaque souvenir propre à chaque héros, et il est nécessaire de quitter celui-ci avant de pouvoir changer de personnage.. Recommencer, encore et encore…
Nightreign est construit sur le schéma d’un rogue-like. Le joueur commence toujours au Sanctuaire, qui sert de camp de base pour choisir le héros, faire des achats, s’entraîner, activer des souvenirs… Ensuite, le jeu se déroule sous forme de missions à accomplir, chacune consistant à vaincre un Seigneur Nocturne. On peut sélectionner celle à accomplir directement depuis le menu principal du Sanctuaire. Lorsque l’on valide notre choix, le jeu procède à un système de matchmaking avec d’autres joueurs voulant accomplir la même mission. Une fois cette dernière lancée, le joueur et ses deux compagnons doivent tenter de survivre jusqu’à accomplir l’objectif ou jusqu’à leur défaite. Quel que soit le résultat, le joueur est ensuite renvoyé au Sanctuaire avec quelques récompenses sous forme de Reliques et un peu de monnaie à dépenser au magasin, tout cela étant censé l’aider à poursuivre le jeu ou retenter la mission plus facilement. On ne conserve absolument rien d’autre de la mission.
Chaque mission se déroule sur deux journées (en temps de jeu), avec un compte à rebours. Elle commence le matin du premier jour et laisse un peu de temps aux joueurs pour explorer la région. Lorsque suffisamment de temps a passé, un rideau de pluie mortelle commence à grignoter la région dans un périmètre circulaire qui se réduit petit à petit Sur la carte, on peut clairement voir un cercle qui indique où la pluie s’arrêtera de progresser. Les joueurs doivent évidemment se diriger très rapidement vers cette zone pour éviter le fléau mortel, ce qui donne parfois des moments de panique pour trouver son chemin. Heureusement, le déplacement est assez dynamique, notamment grâce au fait que le héros peut sauter du haut des falaises sans mourir ou qu’il peut escalader certaines parois très rapidement. Une fois en sécurité, ils peuvent continuer d’explorer la zone épargnée par la pluie pendant un certain temps, jusqu’à ce que la nuit tombe. À ce moment-là, le rideau de pluie se resserre encore plus et force les joueurs à s’abriter dans une petite zone, sous un rejeton du Erdtree, où va surgir le premier boss de la mission. Celui-ci peut varier d’une partie à l’autre et est souvent tiré des précédents jeux de la série (Elden Ring ou Dark Souls) sans qu’il y ait vraiment de cohérence.
La région où se déroulent les missions est toujours la même, mais avec des variations. Le positionnement des lieux (châteaux, camps, tours…) varie aléatoirement. Certains événements plus ou moins rares peuvent aussi bouleverser le déroulement de l’aventure, comme l’arrivée d’un ennemi spécial, une malédiction soudaine qui pénalise les joueurs… Certains lieux particuliers font aussi leur entrée et remplacent une partie de la région normale lors de bouleversements majeurs, comme des montagnes enneigées, un volcan, les ruines de la Cité Interdite… La chance au coeur de la réussite Les héros commencent toujours une mission en étant de niveau 1. Il faut ensuite vaincre suffisamment d’adversaires pour récolter des âmes qui servent à monter de niveau (jusqu’à 15 maximum) et améliorer les chances de survie face aux boss. Le gain de niveau se fait auprès des Sites de Grâce, comme dans le jeu d’origine. En revanche, le joueur n’a aucun contrôle sur l’amélioration des statistiques associées à ce gain, qui est paramétrée d’avance en fonction de chaque personnage. Les combattants peuvent aussi être améliorés en trouvant des armes ou des boucliers, sachant qu’ils peuvent en posséder jusqu’à six (trois en main droite et trois en main gauche). Cet équipement s’obtient en ouvrant des coffres ou en vainquant des ennemis et repose grandement sur la chance. En effet, tous ces butins sont générés aléatoirement par le jeu, ce qui rend à la fois chaque partie unique, mais qui peut aussi augmenter la frustration du joueur lorsqu’aucun des butins obtenus ne correspond au style du héros. Il existe toutefois certains lieux où l’on peut trouver certains types d’équipement. Par exemple, on trouvera toujours des bâtons au sommet d’une tour de sorcier. De plus, les armes ont parfois une attaque élémentaire qui peut s’avérer très utile contre certains boss. Bien que cela repose aussi sur la chance, on peut voir sur carte si certains lieux ont un logo correspondant à un élément particulier. Cela indique qu’il est un peu plus probable de trouver des équipements associés à cet élément. Il est donc possible de cibler un peu les recherches pour augmenter les chances de trouver des armes adaptées au boss final.
Les armes ont toutes une attaque de base (éventuellement avec une affinité élémentaire) et une capacité “chargée”, qui consiste à consommer plus de stamina pour un effet plus puissant. Les boucliers possèdent aussi une capacité chargée, qui peut être offensive ou de soutien. Les bâtons et les talismans fonctionnent un peu différemment. Ils n’ont pas d’attaque directe, mais renferment deux sorts chacun. L’un correspond à la touche d’attaque standard d’une arme, et l’autre à la touche d’une capacité chargée. En dehors de l’équipement, on trouve aussi de nombreux objets consommables, et l’on peut en porter jusqu’à 4. Cela regroupe des bombes, des résines permettant de donner une affinité élémentaire temporaire à une arme, des objets de restauration… L’un des objets les plus rares du jeu permet aussi de ressusciter le personnage une seule fois en cas de mort (tant que cet objet est dans notre inventaire bien sûr). Et puis, comme évoqué plus haut, il est possible d’obtenir des effets passifs directement liés au personnage. Ils ne s’obtiennent qu’après avoir vaincu des boss ou ennemis spéciaux. Ces effets restent actifs en permanence jusqu’à la fin de la mission, ce qui peut représenter de bons atouts. Certains ressemblent aux effets passifs des armes, mais d’autres sont un peu plus particuliers, permettant par exemple d’émettre quelques éclairs lorsque l’on esquive, ce qui peut blesser les adversaires. Une amélioration efficace du héros, en combinant gain de niveau, équipement et effets passifs, est la clé de la réussite. Hélas, la chance joue un trop grand rôle dans tout cela et il n’est pas rare d’arriver à la fin d’une mission en n’ayant rien obtenu de très utile pour renforcer notre personnage. Cela se traduit généralement par une défaite face au Seigneur Nocturne et n’est pas très motivant pour recommencer une partie. Une personnalisation timide Les Reliques représentent la seule façon de personnaliser un peu un héros avant le lancement d’une mission. Ce sont des objets que l’on obtient aléatoirement, soit après en avoir terminé une (avec succès ou non), soit en les achetant directement au magasin du Sanctuaire. Chaque Relique contient de un à trois effets, en fonction de leur rareté, un héros pouvant en porter jusqu’à trois. Néanmoins, les Reliques sont associées à un “type” (parmi quatre) et ne sont compatibles qu’avec certains calices. Au départ, les protagonistes ne possèdent qu’un calice chacun, ce qui limite encore plus la façon dont on peut paramétrer les Reliques. Mais il est ensuite possible d’acheter de nouveaux calices qui vont pouvoir contenir différents types de Reliques. Les effets contenus dans ces objets varient fortement. Certains sont assez semblables aux effets passifs des armes et vont s’appliquer en permanence. D’autres donnent plutôt des bonus en début de mission, comme par exemple remplacer la compétence chargée de l’arme initiale par une autre compétence. D’autres encore sont spécifiques à un héros particulier et ne seront pas actifs pour les autres.
On peut changer de Relique sans restriction dans le Sanctuaire. Bien les choisir peut faciliter le jeu, jusqu’à un certain point. Il faut aussi savoir les adapter à la mission que l’on compte entreprendre, notamment en choisissant celles qui ont des effets utiles contre le Seigneur Nocturne associé. Finalement, le seul système qui permet de renforcer un peu nos héros avant une mission repose grandement sur la chance. Cela peut s’avérer agaçant, surtout lorsque l’on passe plus d’une heure sur une mission et que l’on obtient que des Reliques inutiles à notre personnage. Mais, au contraire, comme dans tous les jeux de chance, lorsque l’on en obtient enfin une qui correspond parfaitement à nos attentes, on se sent vraiment récompensé et cela permet d’oublier les éventuelles frustrations précédentes. Le désespoir pour seul horizon
Parlons maintenant du sujet qui rebutera, sans doute, la grande majorité des joueurs : la difficulté. Si la plupart du temps le jeu est tout à fait abordable, les pics de difficulté contre les Seigneurs Nocturnes rendent l’aventure vraiment pénible. Le problème est double : d’une part, le fait que chacun de ces boss est extrêmement difficile et demande une connaissance accrue des attaques, une excellente maîtrise du gameplay et une bonne équipe (même Elden Ring, en comparaison, était beaucoup plus abordable et équilibré) ; et d’autre part le fait qu’en cas de défaite, il faut recommencer toute la mission depuis le départ. S’il y avait au moins un point de contrôle qui permettrait de retenter le boss de fin sans devoir tout recommencer, cela limiterait beaucoup les frustrations face à la difficulté. Mais là, on a souvent l’impression d’avoir perdu une heure de notre vie pour rien, d’autant plus que les récompenses en fin de missions (les Reliques) sont trop peu utiles pour vraiment donner un sentiment de progression. Ce sentiment est d’autant plus grand lorsque le joueur est coincé au tout premier boss, puisqu’il n’y a rien d’autre à faire que retenter encore et encore sans aucune certitude de réussir un jour. Maintenant, il faut admettre que le design de la plupart des boss est très intéressant et vraiment majestueux. Par exemple, on rencontrera un étrange duo entre un criquet et un papillon de nuit, l’un représentant la dureté de la terre et l’autre la légèreté de l’air, et qui se battent en parfaite harmonie. Mention spéciale à Caligo, le dragon surgi du brouillard, dont le combat est accompagné d’un environnement visuel et sonore à donner des frissons. Tout cela pour dire que les boss du jeu possèdent un côté incroyablement réussi, mais qui est souvent en contraste direct avec la difficulté qui les rend désagréables. Mourir n’est pas toujours une fatalité
Comme évoqué dans la section précédente, il n’est pas rare de perdre contre les boss et de devoir tout recommencer. En revanche, il faut savoir que la mort n’est synonyme de défaite que durant les boss. En effet, durant le reste de la mission, si l’on perd, on recommence simplement vers le dernier Site de Grâce visité. Il y a une pénalité qui consiste à perdre un niveau et les âmes non dépensées. Mais il est possible de récupérer tout cela en se rendant à l’endroit de notre mort pour les retrouver. Par contre, si notre héros a été tué par un adversaire, il faudra le vaincre pour pouvoir récupérer les âmes et le niveau perdus. Une réalisation presque convaincante
Nightreign recycle une bonne partie des éléments d’Elden Ring. Ainsi, on retrouve une réalisation visuelle de qualité. Les éléments de l’environnement et les personnages ou monstres sont détaillés et convaincants. Le jeu bénéficie d’une direction artistique très similaire à son prédécesseur, avec des ambiances très poétiques, et des effets visuels impressionnants tout en restant lisibles à l’écran. Là où le jeu est un peu moins réussi, c’est sur l’ergonomie des menus qui sont un peu chaotiques, et sur le mode multijoueur, qui est pourtant au centre du jeu. Le système est totalement aléatoire, assez peu intuitif et n’offre aucune possibilité de choisir ses compagnons, à part en en hébergeant une partie entre amis. On aurait pu souhaiter en effet pouvoir choisir quel type de héros on préfère rechercher (pour éviter de créer une équipe avec trois héros similaires, même si dans l’absolue il est possible de changer de héros au tout dernier moment avant que la mission ne commence, à condition bien sûr de d’avoir préalablement préparer ses reliques…), ou avec des personnages possédant tel ou tel effet sur une relique pour faciliter l’harmonie au sein de l’équipe. Il manque aussi la possibilité de retenter une mission ou poursuivre sur une seconde mission en gardant la même équipe.
Note attribuée : 14/20
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