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Nioh 3

Fiche complète de ce jeu

Depuis plus d’une décennie, Team Ninja s’impose comme l’un des studios les plus exigeants et audacieux de la scène action-RPG. Soutenue par Koei Tecmo, l’équipe a su forger une identité forte en repoussant sans cesse les limites du gameplay, de la difficulté maîtrisée et de la narration environnementale.
Avec la série Nioh, Team Ninja a marqué durablement le genre en proposant une relecture sombre et mythologique du Japon féodal avec des jeux dans le style, osons le dire, “souls-like”. Plus récemment, le studio a démontré sa capacité à explorer de nouveaux territoires avec Stranger of Paradise: Final Fantasy Origin, un projet original destiné à fusionner son identité hardcore avec l’univers culte des Final Fantasy.
Le développement de Nioh 3 s’inscrit dans cette continuité : miser sur l’héritage de la série tout en la faisant évoluer en profondeur. L’équipe ambitionne d’affiner encore le système de combat, d’élargir les possibilités offertes au joueur et de proposer un monde plus vivant, plus cohérent, où le défi ne repose pas seulement sur la difficulté brute, mais aussi sur la compréhension, l’adaptation et la maîtrise.
Autour de Nioh 3, les attentes sont immenses. Les fans espèrent une œuvre à la hauteur de la réputation du studio : exigeante mais juste, riche mais lisible, fidèle à son identité tout en osant se renouveler. Il ne s’agit pas seulement de livrer une suite, mais de franchir une nouvelle étape : celle d’un jeu capable de rassembler l’expérience accumulée au fil des années et de la transformer en une vision plus ambitieuse, plus mature, et résolument tournée vers l’avenir. Alors, pari tenu ?

Le retour des cailloux

L’histoire de Nioh 3 s’inscrit dans la continuité directe de l’héritage laissé par Nioh, tout en ouvrant un nouveau chapitre de son univers. Après les événements qui ont vu des figures telles que William Adams et Toyotomi Hideyoshi affronter les forces occultes tapies dans l’ombre de l’histoire japonaise, le monde semble avoir retrouvé un fragile équilibre. Mais comme souvent dans l’univers de Nioh, cette paix n’est qu’apparente.
Quelques années après la fin du second épisode, le Japon traverse une nouvelle période de transition, marquée par des tensions politiques, des bouleversements spirituels et le retour de phénomènes surnaturels que l’on croyait maîtrisés. Des rumeurs circulent, évoquant des entités anciennes, des pactes oubliés et une corruption qui se propage lentement, hors de portée des récits officiels. Et bien sûr, au cœur de tout cela, se trouvent les mystérieuses Pierres d’Esprit, qui contiennent à la fois un pouvoir bénéfique et destructeur. C’est dans ce contexte instable qu’émerge un nouveau protagoniste, lié aux événements et aux héritages des précédents opus.

Nioh 3 ne cherche pas à répéter son histoire, mais à en prolonger les thèmes : la frontière floue entre humains et yokai, le poids du destin, et la manière dont les choix individuels peuvent infléchir le cours d’un monde déjà fragilisé. Les joueurs familiers de la série reconnaîtront de nombreux échos narratifs et symboliques, tandis que les nouveaux venus pourront découvrir une intrigue conçue pour être comprise sans connaissance exhaustive du passé. Le jeu propose aussi dès le départ un bref résumé des épisodes précédents, consultable depuis le menu principal, ce qui permet au moins de se familiariser avec l’univers.
Dès ses premières heures, le jeu pose les bases d’une aventure ample, mystérieuse, où chaque révélation semble annoncer une vérité plus profonde, sans jamais lever trop tôt le voile sur ce qui attend réellement le joueur au fil de son périple.

Une narration à la fois traditionnel et moderne

La narration de Nioh 3 s’appuie sur une mise en scène sobre mais évocatrice, fidèle à l’identité de la série. L’histoire se déploie principalement à travers des dialogues intégrés au gameplay, doublés au choix en anglais ou en japonais, tandis que l’ensemble des échanges est accompagné de sous-titres et textes en français (ou autres langues), permettant à chacun de suivre le récit avec précision.
Les moments clés de l’aventure sont ponctués de séquences cinématiques qui alternent entre de magnifiques illustrations dessinées, souvent utilisées pour introduire des personnages ou contextualiser des événements historiques, et cinématiques en 3D utilisant le moteur du jeu. Ces dernières mettent l’accent sur l’atmosphère, les émotions et les enjeux narratifs, tout en conservant une grande sobriété visuelle.
Ce mélange de dessins stylisés, d’effets visuels 3D et de scènes jouées permet de raconter une histoire dense sans rompre le rythme de l’action. La narration reste volontairement fragmentée : elle invite le joueur à observer, à écouter et à interpréter les indices disséminés tout au long de l’aventure, renforçant ainsi l’immersion et le sentiment de mystère propre à l’univers de Nioh.

Ainsi, Nioh 3 privilégie une narration atmosphérique et immersive, qui accompagne le joueur sans jamais s’imposer, laissant la place à l’exploration, au combat et à la découverte progressive de ses secrets. Le tout est baigné dans l’atmosphère typique de la série, mêlant japon médiéval et fantaisie sombre.
Tout cela est rendu possible grâce à des graphismes convaincants et dans l’ensemble une belle fluidité à l’écran. De même, la musique de Nioh 3 prolonge l’identité sonore qui a marqué la série, en mêlant instruments traditionnels japonais, textures orchestrales et sonorités plus sombres et modernes. Les compositions accompagnent étroitement l’action, alternant entre retenue atmosphérique lors de l’exploration et intensité dramatique pendant les combats et les affrontements majeurs. Plusieurs thèmes et motifs musicaux familiers font leur retour, subtilement réarrangés ou enrichis, créant un lien immédiat avec les précédents opus. Ces réminiscences renforcent le sentiment de continuité, tout en laissant place à de nouvelles compositions pensées pour soutenir les évolutions.

Un personnage à deux facettes

Nioh 3 propose un système de création de personnage particulièrement poussé, offrant au joueur un contrôle fin sur l’apparence de son avatar. Traits du visage, morphologie, coiffures, marquages et détails esthétiques peuvent être ajustés avec une grande précision, permettant de créer un personnage véritablement unique.
Une nouveauté majeure réside dans la possibilité de concevoir deux versions distinctes du même personnage : une forme Ninja et une forme Samouraï. Ces deux incarnations partagent une identité commune mais peuvent présenter des variations visuelles, reflétant leurs styles de combat, ce que nous détaillerons plus loin dans cette review. Le joueur peut ainsi adapter l’apparence de son avatar à chaque approche, sans rompre la cohérence du personnage.

Par la suite, l’évolution du personnage repose sur un ensemble de systèmes imbriqués, hérités et enrichis de la série Nioh, offrant une progression à la fois lisible et extrêmement profonde.
Le joueur développe d’abord son avatar à travers des points de caractéristiques principales, attribués lors de chaque montée de niveau. Ces statistiques influencent directement la santé, l’endurance, la maîtrise des armes, l’efficacité du ninjutsu ou de l’onmyo (la magie), ainsi que l’affinité avec certains équipements et styles de combat. Chaque choix façonne progressivement une spécialisation, sans jamais enfermer définitivement le joueur. En effet, il est possible à tout moment de réattribuer tous les points d’évolution, pour tester un autre style de personnage par exemple.

À cette base s’ajoutent de nombreux bonus passifs et contextuels. Les Kodama, petits esprits protecteurs disséminés dans le monde, jouent un rôle central : en les découvrant et en les guidant, le joueur débloque des améliorations durables, telles que des bonus de soins, de ressources, de résistance ou de butin. D’autres effets peuvent être liés à l’environnement, aux sanctuaires, ou à des conditions spécifiques rencontrées au cours des missions.
Le jeu introduit également un système de “titres” ou distinctions, obtenus en accomplissant certains exploits : maîtrise d’un type d’arme, victoires contre des ennemis particuliers, exploration approfondie ou accomplissement de défis optionnels. Ces titres octroient des bonus permanents ou des points supplémentaires à investir, récompensant aussi bien la performance que la persévérance.
Enfin, l’évolution du personnage ne se limite pas aux statistiques : elle passe aussi par les arbres de compétences, les synergies entre équipements et les effets passifs débloqués au fil de l’aventure. L’ensemble compose un système riche, où chaque joueur peut construire un style unique, adaptable et évolutif, tout au long de son parcours.

Katana ou Ninjutsu ? Pas besoin de choisir !

Le principe du jeu repose grandement sur les épisodes précédents, où la gestion du Ki est au centre de tous les combats. Le Ki, qui représente l’endurance d’un combattant, diminue à chaque attaque, parade ou esquive, mais il se recharge ensuite avec le temps. Un combattant qui se retrouve à bout de Ki devient temporairement essoufflé et en état de faiblesse, ce qui le rend vulnérable à des attaques critiques. Cela est vrai autant pour le joueur que pour les ennemis, il faut donc toujours garder un œil sur son Ki tout en essayant de faire tomber celui de l’adversaire pour briser leur défense.
Le Ki du héros, et plus généralement son aptitude à se battre, est aussi impacté par le royaume yokai, qui est un autre point très particulier du gameplay des Nioh. Celui-ci se manifeste parfois sous la forme d’une brume autour des ennemis et limite grandement la récupération de l’endurance du personnage. Durant certains boss, le personnage peut aussi se trouver plongé dans le royaume yokai, qui recouvre alors toute l’arène de combat. Bien évidemment, avec ce système vient une série de bonus ou autres compétences permettant de limiter, voire dissiper ses effets.

L’une des grandes évolutions proposée dans le jeu est la possibilité d’alterner très facilement entre deux styles de combat : Samouraï et Ninja.

Samouraï

Le style Samouraï incarne une approche frontale, maîtrisée et technique du combat. Il privilégie les affrontements directs, la gestion précise de l’endurance et le contrôle du rythme grâce aux postures, aux parades et aux contres. Les armes traditionnelles, katana, lance, odachi ou hache, permettent d’alterner entre attaques rapides et coups puissants, selon la situation.
Ce style récompense la lecture des ennemis, le bon timing et la capacité à maintenir la pression sans s’exposer inutilement. Le Samouraï excelle dans les combats prolongés et face aux adversaires les plus résistants, où la rigueur et la discipline font la différence.

Ninja

À l’opposé, le style Ninja repose sur la mobilité, la ruse et l’adaptabilité. Plus agile et moins dépendant des affrontements directs, il favorise les attaques rapides, les esquives, l’infiltration et l’usage intensif du ninjutsu. Shuriken, bombes, poisons, pièges et techniques de déplacement permettent de contrôler le champ de bataille avant même que le combat ne s’engage pleinement. Le ninjutsu représente une sorte de magie du Ninja et est décrit plus en détail dans la section suivante.
Le Ninja excelle dans le harcèlement, les éliminations rapides et la gestion de plusieurs ennemis à la fois. Ce style encourage une approche plus opportuniste, où l’observation, le positionnement et l’exploitation des faiblesses priment sur la force brute.

Plutôt que d’imposer un choix définitif au joueur, Nioh 3 permet d’alterner à tout moment entre ces deux styles en appuyant sur une simple touche, même en plein combat, offrant une grande liberté d’approche. Le joueur peut ainsi s’adapter à chaque situation, mêler puissance et discrétion, et façonner une expérience de jeu polyvalente, où la maîtrise passe autant par la stratégie que par l’exécution.
L’alternance entre les styles est aussi une action importante en combat puisqu’elle permet d’interrompre une attaque puissante d’un ennemi et le déstabiliser. Mais pour cela, il faut déclencher le changement de style à un moment très précis durant l’attaque de l’ennemi, ce qui peut être difficile à maîtriser. Heureusement, il est tout à fait possible de poursuivre le jeu sans utiliser cet aspect du gameplay !

Enfin, il faut savoir que les deux styles se gèrent presque comme deux personnages différents. Chacun à un équipement propre ou des compétences uniques. Mais ils partagent les mêmes caractéristiques de base, ce qui veut dire qu’il faut parfois privilégier l’évolution du personnage plutôt vers un style ou l’autre. Par exemple, renforcer la caractéristique de Compétence est surtout utile pour le Ninja. Quant à la magie Onmyo, décrite dans le paragraphe suivant, elle est utilisable par les deux styles.

Un petit tour de magie

La magie dans Nioh 3 repose sur deux disciplines complémentaires, chacune répondant à une philosophie et à un style de jeu distincts : le Ninjutsu et l’Onmyo. Loin d’être un simple outil secondaire, la magie constitue un pilier stratégique à part entière, capable d’influencer aussi bien l’exploration que le combat.

Le Ninjutsu est spécifique au Ninja et privilégie une approche tactique et préparatoire. Il permet au joueur d’utiliser des techniques furtives ou opportunistes telles que projectiles, pièges, poisons, affaiblissements ou améliorations temporaires de mobilité. Ces capacités sont généralement limitées par un nombre d’utilisations, mais elles se rechargent en attaquant, encourageant ainsi le joueur à l’affrontement rapproché. Les différentes formes de Ninjutsu s’acquièrent en faisant évoluer l’arbre de compétence du Ninja.

L’Onmyo, quant à lui, s’inscrit dans une magie plus rituelle et spirituelle. Il offre des sorts axés sur le contrôle du champ de bataille et l’altération des forces en présence : talismans élémentaires, renforcement des défenses, affaiblissement des ennemis, soins ou manipulations des énergies yokai. L’Onmyo favorise une approche plus méthodique, où le bon sort utilisé au bon moment peut faire basculer un affrontement. Son utilisation est en revanche très restreinte et ne se recharge qu’en se reposant auprès de sanctuaires.
Les compétences d’Onmyo s'acquièrent à travers des noyaux spirituels laissés par certains ennemis, en particulier les yokai et les entités imprégnées d’énergie surnaturelle. Chaque noyau contient une essence Onmyo, marquée par un équilibre entre Yin et Yang. Le Yin représente les forces de l’ombre, de l’altération et de la dissolution, tandis que le Yang incarne l’harmonie, la protection et la vitalité. En équipant ces noyaux, le joueur débloque de nouvelles capacités, talismans et effets passifs liés à l’Onmyo. Le joueur dispose au départ d’un emplacement Yin et un de Yang, mais cela peut évoluer au fil du jeu. De façon générale, le Yin permet ensuite d’invoquer brièvement un esprit pour attaquer en combat. Le Yang se matérialise sous forme de talismans à utiliser en combat, permettant par exemple d’augmenter temporairement l’attaque ou la défense.

L’efficacité de ces deux formes de magie dépend directement des caractéristiques du personnage, des compétences débloquées, des esprits protecteurs équipés et de certaines affinités environnementales. Magie et combat sont ainsi étroitement liés : elles ne remplacent pas l’affrontement physique mais l’enrichissent, offrant au joueur de multiples façons d’aborder chaque situation.

Des animaux de compagnie pas comme les autres

Les esprits protecteurs occupent une place centrale dans le développement et l’identité du personnage, prolongeant une tradition bien établie dans la série Nioh. Ces entités spirituelles, inspirées du folklore japonais, accompagnent le joueur tout au long de son aventure et influencent profondément sa manière de combattre.

Ils se trouvent au fil de l’aventure et peuvent être équipés en se reposant à un Sanctuaire. Chacun confère des bonus passifs spécifiques : augmentation de certaines caractéristiques, amélioration de styles de jeu particuliers (Samouraï ou Ninja), renforcement des capacités défensives, ou encore optimisation de compétences liées au Ninjutsu, à l’Onmyo ou aux attaques physiques. Le choix de l’esprit agit ainsi comme une extension du build du personnage.
Au-delà des statistiques, les esprits protecteurs offrent également des capacités actives, déclenchables dans des moments clés. Ces pouvoirs peuvent prendre la forme d’attaques puissantes, d’effets de contrôle, de boosts temporaires ou de transformations, capables de renverser l’issue d’un combat lorsqu’ils sont utilisés avec discernement.

Certains esprits sont aussi liés à des affinités environnementales ou situationnelles, modifiant le comportement du personnage selon le contexte : zones corrompues, combats contre des yokai, gestion de l’endurance ou récupération des ressources. Leur efficacité dépend donc autant du choix initial que de la compréhension des mécaniques du jeu.

Une garde-robe bien fournie !

Le joueur peut équiper différentes catégories d’objets :
Armes (katana, doubles lames, lance, odachi, armes de jet, etc.), chacune disposant de ses propres affinités, compétences et rythmes de combat.
Armures, réparties en pièces distinctes, allant de légères à lourdes, et influençant la défense, la mobilité et la gestion de l’endurance.
Accessoires, offrant des bonus spécifiques ou situationnels, souvent orientés vers des styles de jeu précis.

Les équipements se déclinent en plusieurs niveaux de rareté, identifiables par leur couleur. Plus un objet est rare, plus il dispose de bonus passifs, de traits uniques ou de synergies potentielles. Les niveaux élevés introduisent des effets complexes, capables de modifier profondément le gameplay, comme des bonus conditionnels, des améliorations liées à certains ennemis ou des interactions avec l’Onmyo et le Ninjutsu.
L’équipement n’est pas figé. Il peut être amélioré, renforcé ou fusionné, permettant d’augmenter son niveau, d’optimiser ses statistiques ou de transférer certains effets entre objets. Ce système encourage le joueur à investir dans un équipement qui correspond réellement à son style, plutôt que de simplement remplacer ses objets à chaque nouvelle trouvaille.
Certains équipements font partie de sets complets. Équiper plusieurs pièces d’un même ensemble débloque des bonus supplémentaires, renforçant des approches spécifiques : Samouraï défensif, Ninja furtif, mage Onmyo hybride ou combattant polyvalent. La recherche de ces synergies devient un objectif à part entière dans l’optimisation du personnage.

Grâce à la variété des objets, à la profondeur des effets et aux possibilités d’évolution, le système d’équipement de Nioh 3 permet à chaque joueur de façonner un personnage unique. L’équipement n’est pas seulement une question de puissance brute, mais un outil stratégique, intimement lié aux choix de progression, au style de jeu et à la maîtrise des mécaniques.

Un horizon sans limite

Si le jeu repose grandement sur les acquis de la licence au niveau du gameplay, il propose aussi une grande nouveauté : un monde ouvert. Le joueur évolue désormais dans de vastes zones interconnectées, offrant une plus grande liberté de déplacement, d’approche et de progression.

L’exploration est fortement récompensée. En parcourant le monde, le joueur peut découvrir des bonus d’exploration tels que des améliorations temporaires ou permanentes, des ressources rares, des noyaux spirituels, des Kodama cachés ou des raccourcis stratégiques. Certains lieux renferment des événements dynamiques, des ennemis puissants ou des secrets liés à l’environnement et au folklore local.
Le monde est également ponctué de camps ennemis à neutraliser. Les capturer permet de sécuriser une zone, de débloquer de nouveaux points de repos, des récompenses spécifiques ou des avantages durables, tout en modifiant la présence et le comportement des ennemis alentour. Les purgatoires sont un peu l’équivalent des bastions ennemis mais dans le royaume des Yokai. Il faut généralement éliminer tous les démons qui s’y trouvent et détruire le cœur du purgatoire pour le purifier.
Chaque région du monde est caractérisée par un niveau recommandé, ce qui permet d’orienter le joueur sur la difficulté qui l’attend, et un niveau d’exploration. Plus le joueur parcourt une région, plus il augmente son niveau d’exploration (de 0 à 4 pour chaque lieu). Chaque nouveau palier permet de débloquer des bonus passifs qui ne sont actifs que lorsque le personnage se trouve dans la région. Cela incite à fouiller chaque région pour améliorer les bonus passifs avant de se lancer dans des défis plus difficiles, comme des combats contre des boss.

Des quêtes de terrain viennent enrichir cette exploration : missions secondaires intégrées naturellement au monde, objectifs optionnels, rencontres imprévues ou défis contextuels. Elles approfondissent l’univers sans interrompre le rythme de jeu et laissent au joueur une grande liberté dans l’ordre et la manière de les accomplir.
La carte permet d’afficher une vue détaillée des régions déjà explorées. Elle montre également les emplacements de certains trésors spécifiques ou autres points d’intérêts, une fois que le joueur les a détectés en passant suffisamment près. Cela permet, pour les pointilleux de l’exploration de vérifier sans cesse s’ils ont tout fouillé avant de passer à une autre zone.
Certains lieux, appelés veines d’esprit, ne sont accessibles que si le personnage est équipé d’un esprit protecteur spécifique. Ils sont aussi affichés sur la carte, et se matérialisent sur le terrain par une zone brillante. En s’approchant, le joueur peut activer un mouvement spécifique à l’esprit protecteur (tel que grimper à une paroie rocheuse) et accéder à un lieu caché.

En complément de cette ouverture, Nioh 3 conserve aussi un système de missions structurées, cher aux précédents opus. Qu’elles soient principales ou secondaires, elles proposent des expériences plus linéaires, avec un cheminement plus cadré, des objectifs clairs tels que l’exploration d’un lieu, et des affrontements importants. Elles servent souvent de points clés dans la narration et permettent de concentrer le gameplay sur des défis spécifiques ou des boss majeurs.
L’une des différences principales entre les parties “mission” et “monde ouvert” est la capacité de voyager rapidement. En effet, lors de l’exploration libre du monde, on peut à tout moment retourner vers un sanctuaire déjà visité, simplement en ouvrant la carte, peu importe où l’on se trouve. Durant les missions, en revanche, il est impossible de voyager de cette façon, sauf si on se trouve à proximité de l’un des sanctuaires. Ainsi, les missions prennent beaucoup plus la forme de stages à l’ancienne qu’il faut compléter d’un bout à l’autre. Mais elles sont construites évidemment avec la possibilité d’ouvrir des raccourcis, pour éviter de toute recommencer le cheminement depuis le départ en cas de défaite.

En combinant monde ouvert et missions, Nioh 3 offre une expérience hybride : la liberté d’exploration et d’expérimentation d’un monde ouvert, alliée à la densité et à la précision des missions traditionnelles. Ce choix permet à chaque joueur d’aborder l’aventure à son rythme, tout en conservant l’intensité et l’exigence qui font l’identité de la série. Cela n’empêche en rien de se concentrer uniquement sur les objectifs principaux qui sont clairement établis sur la carte. Toute l’exploration secondaire reste totalement optionnelle et à la discrétion du joueur, même si elle permet de faciliter le jeu grâce à l’expérience cumulée ou aux équipements découverts.
L’une des petites particularités du jeu, qui est typique de la série, est son système de sauvegarde. Bien qu’il existe une sauvegarde automatique qui enregistre la progression à différentes étapes clés, ou après un voyage rapide, le reste du temps il faut obligatoirement se reposer auprès d’un sanctuaire pour forcer une sauvegarde. Cela veut dire qu’on ne peut pas quitter le jeu au milieu de l’exploration du monde sans retourner d’abord vers un Sanctuaire. Heureusement, la PS5 peut être mise en veille pour compenser cela, mais il faut faire attention à ne pas fermer le jeu sous peine de perdre la progression non enregistrée.

Entre deux mondes

Le bestiaire de Nioh 3 s’inscrit pleinement dans l’héritage de la série, en mêlant ennemis emblématiques, nouvelles créatures et réinterprétations inspirées du folklore japonais. Les joueurs familiers retrouveront des figures connues, comme les samouraïs corrompus, guerriers déchus et yokai classiques. Ils reprennent également les comportements des jeux précédents tout en bénéficiant d’ajustements destinés à renouveler les affrontements.
Aux côtés de ces visages familiers apparaissent de nouveaux yokai, conçus pour exploiter les mécaniques inédites du jeu, notamment l’exploration en monde ouvert et la dualité des styles Ninja / Samouraï. Certains sont plutôt coriaces et il vaut mieux utiliser l’environnement à son avantage pour en venir à bout, comme par exemple les faire tomber dans le vide ou les pousser dans le feu.

Le jeu accorde également une place plus marquée aux groupes d’ennemis et aux camps fortifiés, où la composition des forces adverses, leur hiérarchie et leurs comportements collectifs influencent directement la difficulté. Certains ennemis soutiennent, protègent ou renforcent leurs alliés, créant des situations plus tactiques que par le passé.

En solo ou en groupe, il y en a pour tous les goûts

De façon générale et passée le tout début de l’aventure, la difficulté du jeu reste plutôt abordable. Cela est surtout dû à l’exploration libre qui permet d’optimiser le niveau et l’équipement du héros, mais aussi aux nombreux systèmes de bonus qui peuvent s’additionner. Il existe toutefois quelques passages plus difficiles, notamment contre certains boss.
Heureusement, comme dans les jeux précédents, il est possible de faire appel à l’aide d’autres joueurs. Cela peut tout d’abord se faire indirectement, en invoquant des avatars gérés par l’IA. Il faut dépenser certains objets auprès de tombes bleues laissées par d’autres joueurs pour invoquer une réplique de leur personnage. Cette dernière nous accompagne jusqu’à sa mort ou après avoir combattu un certain nombre d’adversaires.

Il est aussi possible de collaborer directement avec d’autres joueurs, en les invoquant ou en leur offrant de l’aide dans leur partie. Le système de coopération a été enrichi pour s’adapter au monde ouvert. Il est désormais possible de créer des expéditions que d’autres joueurs peuvent rejoindre. Une jauge d’expédition est alors créée et les joueurs invités peuvent rester dans la partie tant que cette jauge n’est pas vide. Cette dernière ne diminue pas avec le temps. En revanche, quand l’un des participants meurt, il est possible de le ranimer mais cela fait diminuer la jauge d’expédition, limitant ainsi la durée de la collaboration. Il faut donc la voir comme une sorte de barre de vie commune au groupe. Pour trouver des compagnons, il est possible de se reposer entièrement sur le système aléatoire de matching entre joueurs, ou alors de créer des sessions avec des amis déjà connus. Ce mode de collaboration n’est valable que dans l’exploration du monde ouvert, ce qui inclut évidemment les quêtes secondaires, les prises de bastions ennemis, les purgatoires...

Pour les missions, le jeu conserve la structure des opus précédents pour la collaboration, où l’on peut inviter jusqu’à deux joueurs en offrant certains objets aux sanctuaires. Cette fois, les invités ne peuvent rester que jusqu’à leur mort ou jusqu’à ce que la mission soit complétée.

Le jeu propose donc plusieurs systèmes pour jouer à plusieurs, mais il reste aussi tout à fait appréciable en solo.

Nioh 3 repose sur les acquis solides de la série, mais le jeu propose aussi d’aller plus loin en offrant un gameplay à double facette et une exploration en monde ouvert. Cette évolution est bienvenue et permet à la licence d’aller de l’avant, sans toutefois renier ses origines. En effet, l’identité de la série et tout ce qui caractérise son gameplay sont encore très fortement présents. Il s’agit définitivement d’un Nioh, mais un peu différent.
Le jeu offre une très bonne durée de vie, qui varie évidemment beaucoup en fonction du temps passé à explorer, et de la capacité des joueurs à surmonter les épreuves du premier coup… ou non. Dans l’ensemble, l’aventure principale avec une exploration raisonnable peut se faire en 60h, mais évidemment il est possible de passer plus d’une centaine d’heures pour tout finir, surtout que le jeu propose aussi un New Game + pour aller plus loin.
Nioh 3 est la preuve qu’une licence peut rester fidèle à ses racines tout en se bonifiant et en se renouvelant. Si le style du jeu vous plaît, n’hésitez pas !

Note attribuée : 19/20

Rédigé par Natahem le 05/02/2026

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