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The Legend of Legacy

Fiche complète de ce jeu

Héritier spirituel de la licence SaGa, The Legend of Legacy est un RPG « old school » développé sur 3DS par Cattle Call (série des Metal Max, Arc : le Clan des Deimos) et édité par Furyu au Japon (Atlus en Amérique du Nord). Ce titre aux faux airs de Bravely Default à été créé par une équipe comptant de grands noms du genre dont Tomomi Kobayashi et Kyoji Koizumi (illustrateur et designer de la série SaGa), Masato Kato (scénariste de Chrono Trigger/Cross) et Masashi Hamauzu (compositeur de SaGa Frontier 2, Unlimited SaGa, ou encore de Final Fantasy XIII). Il a donc suscité une certaine attente auprès des joueurs et autant le dire tout de suite : il ne s’adresse clairement pas à tout le monde. N’allez néanmoins pas croire qu’il s’agit d’un mauvais jeu, bien au contraire. Place aux explications.

Un récit minimaliste

The Legend of Legacy est présenté comme un conte qu’une narratrice nous propose de découvrir en ouvrant les pages d’un vieux livre. L’action du jeu prend place sur une île nommée Avalon qui semble tout droit tirée de la mythologie de ce monde :

« Il y a dix ans, une île mystérieuse est apparue soudainement dans les mers du Nord. D'après les légendes, il y avait autrefois une île aussi grande qu'un continent, un lieu connu sous le nom d'Avalon qui était un pays prospère dans lequel habitaient les dieux.

Depuis sa découverte dix ans plus tôt, de nombreux aventuriers et chercheurs sont venus explorer et enquêter sur l'île, mais ils n’ont pu mener à bien leur mission à cause des nombreux monstres qui la peuplent et des environnements inhospitaliers qu'elle renferme. Les recherches n'ont donc pas vraiment progressé depuis.

Avalon est le lieu privilégié d'un phénomène mystérieux. On peut y voir des esprits élémentaires normalement invisibles aux yeux du commun des mortels. D'après une théorie répandue, cela est dû à « l'héritage » (« legacy » en anglais) qui a été laissé sur l'île après le départ des dieux.

On trouve dans différents endroits d'Avalon des éléments d’architecture et des « outils » variés qui n'ont visiblement pas été créés par des humains et on dit que c'est grâce aux pouvoirs de ces artefacts que les esprits élémentaires sont visibles.
Une autre légende transmise à Avalon concerne le « Star Graal ». Il s'agirait d'un autre legs des dieux qui serait capable de rendre immortel son porteur. Certaines rumeurs disent qu'il peut donner la jeunesse éternelle, d'autres parlent de richesse infinie... Quoi qu'il en soit et quelles que soient les croyances de chacun, de nombreux aventuriers viennent à Avalon dans l'espoir de pouvoir mettre la main sur cet objet précieux. Néanmoins jusqu'à présent, personne n'a ne serait-ce qu'aperçu cette relique… »

Toutes les personnes qui veulent arpenter ces terres inexplorées sont obligées de se rendre dans un premier temps à Initium, l'unique ville d'Avalon se trouvant sur la côte sud de l'île. Cette cité a été bâtie (et est dirigée) par la personne qui a découvert l'île, l'auto-proclamé « Roi des Aventuriers », qui est l’un des seuls PNJ remarquables du jeu.

L’histoire varie en fonction du protagoniste sélectionné ; vous aurez ainsi le choix entre sept personnages jouables disposant pour chacun de motivations et de statistiques propres :

- Meurs (27 ans ; Élémentaliste) : le dernier de son « espèce », un jeune homme capable de parler aux esprits élémentaires qui se rend à Avalon pour comprendre pourquoi ils se rassemblent dans cet endroit.
- Garnet (20 ans ; Templier) : une femme membre de l’Ordre Saint qui se montre extrêmement loyale envers son église et son pays et qui vient « châtier » les faux dieux.
- Owen (36 ans ; Mercenaire) : ce guerrier surnommé « Le Baron » ne recule devant aucune tâche pour peu qu’on y mette le prix.
- Filmia (Age inconnu ; Prince Grenouille) : l’héritier d’un royaume perdu que l’on ne trouve plus sur Avalon. Un personnage bien éduqué qui aime chanter.
- Eloise (24 ans ; Alchimiste) : une jeune femme séduisante qui recherche le secret de la jeunesse éternelle et qui est prête à tout pour parvenir à ses fins.
- Liber (18 ans ; Chasseur de Trésors) : un jeune homme toujours en quête de trésors. Plein d’entrain et idéaliste, Liber est parfois victime de son intégrité et de son sens de la chevalerie.
- Bianca (Age inconnu ; amnésique) : une jeune femme douce qui a perdu la mémoire et pense résoudre ce problème en enquêtant sur les mystères de l’île.

Deux compagnons sont assignés par défaut à votre protagoniste au début de votre voyage. Vous pourrez néanmoins modifier votre équipe lorsque vous recruterez de nouveaux camarades.

C’est donc dans un cadre pétri de mystères que commence notre aventure. En dépit de ce matériau qui pouvait laisser envisager un développement prometteur, les développeurs ont opté pour une approche minimaliste qui ne conviendra pas à tout le monde. Pour chaque personnage, on n’a en effet droit qu’à trois véritables scènes tout au long du jeu : une introduction pour présenter les motivations de notre protagoniste, une scène à mi-parcours après avoir déclenché un événement précis, et une séquence finale venant conclure l’aventure de notre héros. Les dialogues sont quasi inexistants y compris lorsque vous recrutez un nouveau personnage et ce ne sont pas les maigres informations délivrées en ville par les PNJ qui rattraperont cet état de fait. L’avancée du scénario se fait au fur et à mesure des découvertes de notre équipe et du déblocage de nouvelles zones (on a droit à une petite séquence narrative lorsqu’on pénètre dans une zone inédite). Les mystères de l’île ne sont pas ouvertement explicités et c’est au joueur de reconstituer l’histoire, notamment grâce aux messages mystérieux laissés par les « Singing Stones », des pierres qui détiennent de précieuses informations sur le passé de l’île (et qui accessoirement, délivreront au joueur des artefacts permettant d’apprendre de nouveaux sorts). Même en terminant le jeu une première fois, certains éléments restent obscurs et il faudra très certainement mener à bien l’aventure de nouvelles fois (en choisissant de nouveaux protagonistes) pour reconstituer ce puzzle qui semble cryptique à première vue.
The Legend of Legacy fait donc le choix de s’affranchir d’un récit « story-drivé » pour permettre au joueur de construire lui-même son aventure. La démo du jeu livre à ce titre un excellent aperçu de ce traitement : n’hésitez pas à l’essayer pour vous faire votre propre idée.

La cartographie : une activité lucrative mais dangereuse

Vous l’aurez certainement déjà compris, ce jeu met particulièrement l’accent sur l’exploration. En tant qu’aventurier, vous devez cartographier les différentes zones de l’île (une vingtaine, découpées pour la plupart en plusieurs niveaux). Pour ce faire, vous devrez au préalable mettre la main sur de nouvelles cartes. Certaines sont en vente dans l’unique boutique du jeu, d’autres s’obtiennent en trouvant des « issues » ou des « points spécifiques » dans les zones que vous explorez. Une fois une carte obtenue, la zone dédiée (représentée par un point) se débloque sur la carte du monde et il suffit de sélectionner ce « point » pour s’y rendre instantanément. Il n’y a donc pas d’exploration directe sur la « World Map ».

Cartographier une zone est relativement simple puisque cela se fait automatiquement au fur et à mesure de notre avancée dans un donjon. Le pourcentage de progression est indiqué sur la map disponible sur l’écran inférieur de la 3DS et l’on voit sans aucun problème les zones d’ombre montrant les parties restant à explorer.
Cette phase a un double intérêt : elle vous permet de repérer les éléments clés d’une zone et peut être un bon moyen de renflouer vos caisses ! Il faut en effet savoir que le gain d’argent dans The Legend of Legacy est plutôt inhabituel. Les monstres ne laissent que rarement de l’argent lorsqu’on les bat et le plus souvent, les sommes obtenues sont dérisoires. L’équipement, et en particulier les équipements spéciaux disponibles chez le marchand, coûte en revanche relativement cher… Alors que faire ? Les deux meilleurs moyens de remporter de l’argent sont la revente des trésors trouvés dans les donjons (obtenus par loot, dans des coffres, ou via des points de collecte aléatoires signalés par de petits points brillants dans les donjons) et la vente d’informations. Les découvertes intéressent en effet de nombreux explorateurs et le marchand est prêt à payer le prix fort pour vous acheter vos cartes. S’il est possible de revendre une carte à tout moment (vous conservez bien évidemment toutes les informations recueillies), vous ne pouvez le faire qu’une seule fois pour chacune d’entre elles, et la somme obtenue dépend du niveau de complétion. Autrement dit, il vaut mieux vendre vos cartes lorsque celles-ci sont complétées à 100% pour en tirer un bénéfice maximal.

Vous pouvez également utiliser un autre système pour tenter d’obtenir des équipements rares : vous rendre au port d’Initium pour « engager » un vaisseau marchand afin qu’il se rende pour vous dans d’autres contrées et ramène des marchandises. Trois types de bateaux sont disponibles et leur « location » coûte plus ou moins cher en fonction de leur taille. Le Galion par exemple peut ramener plus d’objets mais coûte relativement cher et met plus longtemps pour revenir. Le temps d’un voyage étant heureusement calculé sur le temps réel (fonctionnalité aménagée dans les versions occidentales), il suffit par exemple de missionner un vaisseau le soir juste avant de se coucher pour en récolter les fruits à notre lever le lendemain matin. Ce temps peut être réduit si vous effectuez des rencontres via StreetPass. Les objets obtenus sont aléatoires et peuvent être revendus si vous le souhaitez.

Notez qu’Initium vous servira de QG tout au long du jeu. C’est en effet ici que vous pourrez vous soigner, sauvegarder, modifier la composition de votre équipe, acheter de l’équipement, vous rendre au bar (un lieu peu utile où l’on peut obtenir quelques informations) ou rendre des comptes au Roi des Aventuriers (qui vous récompensera parfois avec un peu d’argent en fonction de vos découvertes). Dans la boutique, vous ne pouvez pas voir en un coup d’œil si les nouveaux équipements disponibles disposent de meilleures statistiques que ceux portés actuellement. Il faut donc vérifier les statistiques de vos équipements en amont ce qui est un peu fastidieux.

Pour en revenir à l’exploration pure et dure, sachez que vous aurez affaire à des zones relativement restreintes pouvant être connectées ou non à d’autres zones et abritant de nombreux monstres qui ralentiront bien évidemment votre progression. Ces derniers sont visibles sur la carte et vous prennent en chasse dès qu’ils vous voient. Généralement, vous pouvez les éviter en « courant » mais cela n’est pas forcément évident puisque l’on peut se retrouver rapidement bloqué dans un décor et qu’ils sont tenaces. Certains monstres spéciaux (très forts) sont matérialisés par des ombres visibles sur le sol/dans l’eau et il suffit de ne pas les toucher pour ne pas déclencher l’affrontement. Vous pourrez par ailleurs être couramment victime d’embuscades en voulant ramasser un trésor autre qu’un coffre ou, plus rarement, en passant à proximité de certains éléments du décor (des arbres par exemple).

Il est par ailleurs possible (c’est complètement aléatoire) qu’une zone soit en proie à l’obscurité lorsque vous y pénétrez. La visibilité sera alors extrêmement réduite et vous pourrez tomber sur des monstres particulièrement puissants (imbattables au début de l’aventure) mais également de nombreux trésors… En cas de mauvaise rencontre, vous n’aurez alors plus qu’à fuir. Cette option qui fonctionne à 100% lorsqu’elle est active (ce n’est pas toujours le cas contre certains boss ou mid-boss) vous permet de retourner instantanément à l’entrée de la zone.

A noter, et c’est une information importante, qu’il existe une sauvegarde rapide accessible n’importe quand (hors combat) via le menu (ou en appuyant simultanément sur la gâchette R de la 3DS et le bouton X). Contrairement à ce que l’on peut trouver dans la plupart des autres jeux, ce fichier n’est pas temporaire (mais distinct des deux slots de sauvegarde classiques disponibles via l’auberge) et ne vous renvoie pas à l’écran titre. On peut donc continuer notre partie sans aucune interruption après cette sauvegarde. Encore faut-il le savoir. Si l’on ne se rend pas compte de l’existence d’un tel système on peut par exemple perdre de longues minutes de jeu suite à une longue phase d’exploration et à un Game Over impromptu… (et c’est l’expérience qui parle !).

Vous trouverez également des dispositifs à activer dans les environnements (en lien avec les esprits élémentaires) vous permettant de progresser dans le niveau (par exemple en gelant un lac pour que vous puissiez le traverser) et des « Singing/Whispering Shards » vous permettant d’acquérir de nouvelles magies (et de découvrir de nouveaux éléments de scénario).

De temps en temps, vous pourrez également rencontrer Coco, une créature mystérieuse, dans les donjons. Il vous remettra une récompense et vous délivrera quelques informations additionnelles. Cette petite mascotte « gère » habituellement le point de sauvegarde de l’auberge d’Initium.

L’art du combat : formations et compétences

Si le scénario de ce RPG risque de vous laisser sur votre faim, ce n’est pas le cas de son gameplay qui se montre plutôt riche mais un tantinet frustrant. Il repose sur des combats au tour par tour et un système d’évolution des personnages original.

The Legend of Legacy ne s’encombre pas de tutoriels longuets et nous place directement au cœur de l’action via un premier affrontement qui nous montre l’importance des formations de combat et plus particulièrement de la formation défensive.

L’un de vos personnages sera alors placé en première ligne (les 2 autres restant en arrière) et tentera de bloquer les attaques adverses grâce à sa compétence de bouclier.

Une autre formation préétablie vous permettra également de mettre toute votre équipe en position d’attaque pour infliger plus de dégâts.

Vous pourrez vous-même créer (et nommer) de nouvelles formations de combat en attribuant de nouvelles « positions » aux membres de votre équipe. Au début du jeu, vous aurez accès à trois « positions » basiques (l’Attaque, la Garde et le Soutien) mais vous pourrez en débloquer de nouvelles par la suite. Ces positions supplémentaires peuvent se montrer très utiles mais ne sont pas faciles à trouver. Il est heureusement tout à fait possible de terminer le jeu sans.

En fonction du positionnement de nos personnages, leur efficacité sera plus ou moins grande ; par exemple, un personnage placé en Attaque frappera plus fort, un personnage placé en Garde disposera d’une meilleure défense et un personnage placé en Soutien sera plus rapide et disposera de capacités magiques renforcées.

Une fois déterminées, vous pourrez utiliser vos formations de combat comme vous le souhaitez ; au début de chacun de vos tours, vous devrez sélectionner la formation de votre choix en fonction de la situation rencontrée.

Ce système stratégique est très intéressant mais on ne peut pleinement en profiter pour une raison simple : les ennemis frappant relativement fort, il faut disposer d’un « tank » pour défendre son équipe et le personnage qui endosse ce rôle reste de ce fait cantonné à la position « Garde » la plupart du temps.

A chaque combat, après avoir sélectionné votre formation, vous pourrez choisir une compétence (« Arts ») pour chacun de vos personnages parmi celles débloquées. Ces dernières dépendent des armes que vous portez. Chaque personnage dispose de deux emplacements lui permettant de porter deux armes. Chacun d’eux peut utiliser l'ensemble des armes du jeu parmi 8 types (poings nus [accessible y compris si nos « mains » sont équipées], épée courte, épée longue, arc, lance, bâton, hache et bouclier [considéré également comme une arme]) mais n’exprime pleinement son potentiel qu’avec une partie d’entre elles.

Par exemple, au début du jeu, si votre personnage porte un bouclier et une épée courte, vous pourrez choisir d’utiliser l’Art « Slice » avec votre épée courte, l’Art « Block » avec votre bouclier ou l’Art « Palm Strike » si vous optez pour le combat à mains nues.

Si l’un de vos personnages tombe KO lors d’un combat, il est possible de le réanimer mais son nombre maximum de HP diminue (temporairement) ; si vous le laissez KO, il continuera d’encaisser des coups et si vous n’arrivez pas à vaincre l’adversaire et que ses HP tombent à zéro vous aurez droit à un Game Over même si vos deux autres personnages sont toujours en vie. Les objets de soin doivent être équipés pour pouvoir être utilisés en combat. Vous n’avez donc pas accès à votre inventaire lors des joutes. Une fois le combat terminé, vos HP sont automatiquement récupérés (mais pas vos SP), toutefois, leur niveau max reste le même que celui laissé à l’issue du combat ; vous devrez obligatoirement repasser par l’auberge pour récupérer l’intégralité de vos HP.

Le système d’évolution : The Legacy of SaGa

Comme dans un SaGa, plus vous utiliserez une compétence et plus vous aurez de chance de l’améliorer voire de « réveiller » une nouvelle compétence plus puissante. Chaque Art peut ainsi prendre des niveaux et être renforcé en Attaque en Garde ou en Soutien. Vous l’aurez donc peut-être compris, ces améliorations dépendent du positionnement de votre personnage. Ainsi, si votre compétence prend un niveau et que le personnage est placé en Attaque, cette compétence prendra un niveau en Attaque ; si vous êtes en Soutien, c’est la statistique Soutien de votre compétence qui sera améliorée et ainsi de suite.

La prise de niveau d’une compétence et le réveil d’une autre sont complètement aléatoires mais ont plus de chances d’intervenir si vous affrontez un adversaire puissant.

De la même manière, nos héros ne prennent pas de niveaux comme dans un RPG conventionnel mais voient leurs statistiques augmenter aléatoirement au gré des combats (ce n’est pas systématique : vous pouvez faire chou blanc plusieurs fois de suite). Cela est valable pour leurs HP et leurs SP (points nécessaires pour utiliser certains Arts ou des magies) mais également pour leur niveau d’Attaque, de Garde et de Soutien. Là encore, pour ces dernières statistiques, le positionnement choisi est déterminant. Pour augmenter votre niveau général d’Attaque, vous devez placer votre combattant en position offensive.
Vous pouvez également améliorer votre attaque et votre défense « artificiellement » en achetant/trouvant de nouvelles pièces d’équipement ou des armes plus fortes.

Autre originalité du soft : il faut détenir des artefacts pour pouvoir utiliser des magies (les « Charmes élémentaires »). Quatre éléments sont présents à Avalon : l’eau, l’air, le feu et l’obscurité. Mais l’équilibre a été rompu et l’obscurité a pris l'ascendant sur les autres éléments. Si l’élément que vous souhaitez utiliser n’est pas prédominant à l’endroit où vous vous trouvez, vous devez obligatoirement contracter un pacte avec l’élément souhaité en cours de combat pour pouvoir utiliser les magies liées. Ce pacte n’est valable que pour le combat en cours et peut prendre fin rapidement si un ennemi décide de contracter un pacte avec cet élément précis. Vous devrez alors renouveler votre engagement pour bénéficier à nouveau des magies/effets positifs de cet élément et empêcher l’adversaire de l’utiliser. Plusieurs pactes avec des éléments différents peuvent être conclus (et être effectifs simultanément) au cours d’un même combat.

Vous pouvez connaître la répartition actuelle des esprits et voir les pactes en cours à tout moment grâce à un artefact nommé « Elemental Scale ». Si vous contractez un pacte avec les esprits de l’eau, vous bénéficierez de soins (HP) à la fin de chacun de vos tours, si vous pactisez avec les esprits de l’air, vous récupérerez davantage de SP (au lieu d’un par tour en temps normal). Si vous renouvelez régulièrement ces pactes au cours d’un combat, leurs effets gagneront en efficacité. Pour pouvoir réaliser ces pactes n’importe quand, vous devez vous équiper d’un « Singing Shard » de l’élément souhaité (il n’en existe qu’un seul pour chaque élément) dans l’un des deux « slots » de votre personnage. Ces emplacements peuvent également être utilisés pour équiper d’autres types d’objets permettant par exemple de se soigner, d’améliorer sa défense ou encore de disposer d’une immunité face une altération d’état précise.

Équiper les « Singing Shards » n’est pas suffisant pour utiliser des magies : il faut également détenir des « Whispering Shards ». Ainsi, si vous bénéficiez d’un pacte avec les esprits d’eau et que vous avez équipé le « Whispering Shard » disposant du Charme « Water Shield », vous pourrez utiliser ce sort. A chaque fois que vous utilisez un sort, vous avez une chance (aléatoire là encore) de l’apprendre, puis, une fois appris, de le renforcer (en fonction du positionnement de votre personnage) ou de « réveiller » une nouvelle magie. Une fois une magie apprise, il suffit de détenir un « Singing Shard » ou n’importe quel « Whispering Shard » du même élément pour pouvoir l’utiliser. Notez qu’il existe aussi des armes élémentaires dans le jeu (rares) qui vous permettent de lancer les sorts appris pour peu qu’un pacte du bon élément soit actif.

L’utilisation des magies de protection et de soins est indispensable pour venir à bout de certains boss ; il ne faut donc pas négliger cet aspect du jeu.

Les mécaniques de gameplay de The Legend of Legacy vous paraîtront donc plutôt originales si vous ne connaissez pas celles de la licence SaGa dont elles s’inspirent ouvertement. Elles donnent beaucoup d’intérêt aux combats et renforcent la dimension stratégique du soft mais elles ne conviendront pas à tout le monde à cause de leur dimension aléatoire. La seule façon d’apprendre de nouvelles compétences/magies et d’améliorer les statistiques de nos personnages est de faire du « grind » intensif (si possible contre des monstres vraiment forts). Autrement dit, de faire des combats encore et encore… il est d’ailleurs possible d’accélérer les affrontements en maintenant le bouton A ou la gâchette gauche. Assurément une bonne idée !

Tout dépendra donc de votre patience et de votre goût pour le levelling : si vous n’aimez pas cet aspect, passez votre chemin. Si ce côté « hardcore » ne vous dérange pas, vous en aurez pour votre argent et risquez même de trouver le concept vraiment addictif : le jeu de Furyu peut se montrer relativement difficile et punitif ; le Game Over n’est jamais loin et la seule solution pour venir à bout des passages ardus est de passer par la case « grind » pour débloquer les compétences/statistiques requises. L’amélioration de nos personnages étant particulièrement lente, on se rend néanmoins rapidement compte qu’il vaut mieux conserver les 3 mêmes personnages dans notre équipe tout au long du jeu. Cela n’est d’ailleurs aucunement handicapant puisqu’il ne vous sera jamais demandé de changer de coéquipiers au cours de l’aventure.

Notez pour finir que le niveau de difficulté - généralement élevé - contient différents pics. Si vous n’avez pas de chance, vous pouvez tomber sur un large groupe d’adversaires composé notamment de monstres spéciaux (plus forts que ceux rencontrés habituellement) et être contraint à une mort/une fuite rapide ; de même, certains boss disposent de coups terribles qu’ils peuvent utiliser de manière consécutive lors d’un combat ou pas du tout dans un autre… Vous pouvez ainsi perdre deux fois de suite contre un boss puis bénéficier lors d’un troisième combat de conditions plus favorables et réussir à le vaincre sans changer votre stratégie.

Un jeu enchanteur disposant d’une grande rejouabilité

Passons désormais à des considérations d’ordre technique. The Legend of Legacy dispose d’un enrobage de qualité ; les graphismes du jeu ne sont peut-être pas exceptionnels, mais ils disposent d’un charme certain grâce à la direction artistique adoptée. On retrouve un style proche de celui de Bravely Default avec des personnages chibi et des couleurs pastelles (à Initium par exemple). Owen et certains PNJ du jeu ressemblent d’ailleurs beaucoup à Tiz de Bravely Default. Notez pour l’anecdote qu’Owen est le nom d’un chevalier qui sauve Tiz dans le jeu de Square Enix ! La comparaison s’arrête néanmoins là. Le RPG de Cattle Call dispose tout de même d’une identité propre grâce à des tonalités sépia qui renforcent l’aspect « histoire tirée d’un conte ancien », un character design de qualité, de beaux artworks, et une particularité : du clipping volontaire façon livre pop-up dans les donjons ! Ainsi, les éléments du décor surgissent du sol (ou disparaissent) en fonction de l’endroit où vous vous trouvez. C’est un peu déroutant au début mais l’on s’y fait rapidement et cela donne un cachet supplémentaire au jeu, comme si l’histoire que l’on était en train de suivre prenait peu à peu vie en sortant au fur et à mesure des pages d’un livre. Ne soyons néanmoins pas dupe, ce procédé permet vraisemblablement de proposer un jeu plus fluide lorsque l’affichage 3D est activé. La 3D autostéréoscopique est d’ailleurs d’excellente facture et on peut sans aucun problème la laisser en marche tout au long de notre partie. Les différents effets (lors des combats notamment) sont réussis et on appréciera tout particulièrement certains jeux de lumière.

The Legend of legacy mise avant tout sur le charme et l’on ne tient au final pas compte des petits défauts techniques que l’on peut voir ça et là comme des textures plutôt pauvres (les arbres) et un aliasing ostensible (notamment dans le château du Roi des Aventuriers). Un crash (avec retour immédiat au menu Home de la 3DS) peut survenir à un moment précis du jeu. De manière générale, on sent bien qu’un véritable effort a été fait pour proposer un jeu soigné y compris au niveau du monster design même si l’on regrettera le nombre plutôt limité de créatures réellement différentes (beaucoup de variantes de mêmes monstres). Le level design est de son côté relativement honnête et l’on prend plaisir à explorer les différents environnements du jeu et résoudre les petits puzzles rencontrés au cours de nos pérégrinations.

Du point de vue musical et sonore, il n’y a rien à signaler de particulier. La bande-son composée par Masashi Hamauzu est plaisante et colle plutôt bien à l’univers même si elle ne dispose pas de thèmes mémorables. Elle manque néanmoins d’identité à cause de sa forte ressemblance avec certains morceaux de Final Fantasy XIII (composés par le même artiste). Vous pouvez vous forger votre propre avis en la retrouvant (exceptionnellement) dans son intégralité sur le jukebox du site jusqu’à la fin du mois de novembre 2015.
Les bruitages permettent d’identifier certains éléments présents dans les décors (trésors notamment) ce qui permet de mieux les repérer et compense l’absence d’une caméra manuelle. Les seuls passages doublés du jeu (en anglais) sont ceux contés par la narratrice.

La durée de vie est variable en fonction de votre propension (ou non) à faire du levelling et à vous investir dans le jeu pour débloquer de nouveaux positionnements, trouver les boss cachés, compléter les cartes à 100%, ou encore remplir votre encyclopédie... Si vous prenez votre temps, vous pouvez facilement passer entre 40 et 50 heures lors d’une première partie. Une fois l’aventure terminée avec votre premier personnage, vous pourrez recommencer le jeu avec un nouveau protagoniste, ce qui vous permettra de découvrir de nouveaux éléments du scénario. Lors de ces « New Games + » vous bénéficierez de quelques avantages : drops d’objets rares plus élevés, récupération de l’argent et des formations de votre partie précédente, possibilité de racheter les armes élémentaires obtenues au préalable, entrées de l’encyclopédie conservées… Si vous refaites le jeu avec chacun des personnages, la durée de vie peut donc être tout bonnement colossale. Reste à voir si vous aurez le courage de passer autant de temps dans un titre disposant d’un scénario aussi peu présent.

Une fois de plus, l’habit ne fait pas le moine ! Derrière des atours charmants, se cache un jeu plutôt difficile qui mise avant tout sur la profondeur et l’originalité de son gameplay. Si vous n’aimez pas les scénarios minimalistes et cryptiques passez votre chemin. Si vous aimez faire et refaire des combats dans l’espoir d’améliorer vos personnages et d’obtenir de meilleurs équipements, ce jeu devrait répondre sans mal à vos attentes et se montrer particulièrement addictif. The Legend of Legacy est clairement un jeu de qualité mais il ne séduira qu’une tranche bien précise de joueurs.

Note attribuée : 15/20

Rédigé par Chris17cp le 10/11/2015

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