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Xenoblade Chronicles 2

Fiche complète de ce jeu

Après un épisode X qui a laissé plus d’un joueur sur sa faim, la faute à un jeu qui misait uniquement sur son côté exploration, le retour de la série Xenoblade était attendu au tournant sur la nouvelle console de Nintendo. En effet, le premier épisode avait su conquérir de nombreux joueurs, par son univers riche, son histoire intéressante et ses personnages charismatiques. Pour ce deuxième épisode, Monolith Software semble faire une sorte de retour aux sources. Avec beaucoup de recul et après avoir pu jouer également au “stand-alone” Torna : The Golden Country, cet épisode est-il finalement à la hauteur de nos attentes ?

Alrest, un univers gigantesque, une histoire qui met du temps à décoller

Le titre prend place dans le monde d’Alrest, un gigantesque univers recouvert d'une mer de nuages, où les différentes villes ont été construites sur des créatures appelées Titans. Rex, notre héros, est un jeune récupérateur : il plonge dans la mer de nuages à la recherche d’objets de valeur afin de gagner sa vie. Mais, au détour d’une rencontre et d’une mission de récupération particulière, il se retrouve aux commandes d’un gigantesque pouvoir, et se voit embarqué dans une intrigue qui semble le dépasser. Il devient le Pilote de Pyra, la Lame la plus puissante d'Alrest, et tentera à travers maintes péripéties de la conduire à Elysium, un endroit légendaire où tout le monde peut vivre en paix. Bien entendu, Rex ne sera pas seul, et différents compagnons le rejoindront dans sa quête.

L'intrigue est soignée et traite aussi bien de thèmes matures que d’événements plus légers. Les différentes et nombreuses scènes jouent à merveille leur rôle, passant de l’action, à des passages plus émouvants (y compris une bonne dose d’humour, notamment au début), puis à des révélations apportant de nombreux rebondissements. Globalement, la mise en scène du jeu est de bonne facture et ne souffre pas de longueurs ou de répétitivité. A noter que bien qu’il se nomme Xenoblade Chronicles 2, le jeu ne constitue pas une réelle suite du premier opus, bien que des références y soient faites, elles sont très lointaines et vraiment réservées aux connaisseurs intimes du jeu. Ainsi, il est tout à fait possible de se lancer dans cette aventure sans appréhension.

D'ailleurs, l'histoire et les personnages deviennent très intéressants au fur et à mesure de la progression dans les chapitres, passant d'une introduction légère à un scénario plus sombre et sérieux sur la fin. Cela dit, le scénario met un certain temps à décoller véritablement, et connaît même certains “trous” au cours de quelques chapitres qui paraissent un peu vides. De même, les derniers chapitres semblent un peu bâclés et pas aussi développés que les précédents. Pour ce qui est des “Pilotes”, chacun a droit à un développement au cours de l'histoire principale, approfondissant leur rôle et leur caractère, ainsi que notre attachement ou notre animosité, aussi bien pour les héros que pour les antagonistes. Il en est de même avec les Lames rares (nous reviendrons plus bas dessus), qui ont droit à leurs quêtes annexes. Si la personnalité et le design de chaque personnage est travaillé et soigné, le “fan-service” est par contre un peu trop présent. En effet les tenues de certaines lames sont vraiment suggestives, de même que certains de leurs atouts féminins qui sont mis en vedette dans quelques scènes.

Une technique quasiment sans faille

Avant d’entrer plus précisément dans le jeu proprement dit, il faut parler de son aspect technique presque irréprochable. En effet, visuellement, le jeu conserve un aspect cartoon détaillé, sans aller jusqu’au réalisme. Les différents environnements traversés par le joueur sont pour la plupart magnifiques et possèdent chacun leur propre identité. Techniquement, le jeu se veut très propre, avec des temps de chargements assez courts, voire inexistants si on ne change pas de zone. Si la distance d’affichage est parfois en berne, il ne faut pas oublier sur quelle console on se trouve, et cela n’empêche de toute façon pas le joueur d’être véritablement immergé dans le jeu. Cela dit, en mode portable, le jeu souffre un peu de cette ambition, notamment au niveau de la netteté et de la fluidité générale, mais il reste quand même jouable dans ces conditions.

Le chara-design est également correct, mais bien sûr on y trouvera un net penchant pour des personnage de type “manga”, et dans le fond, pourquoi pas. Reste le problème des nopons, cette race qui sert en quelque sorte de mascottes à la série. S’ils pourront vite agacer certains joueurs par leur côté enfantin et trop décalé, ils ont le mérite d’apporter une touche de légèreté et d’humour, nécessaire pour que le jeu ne se prenne pas trop au sérieux. En revanche, concernants les très nombreuses Lames que comportent le jeu (une bonne cinquantaine en tout), le fait d’avoir confié leur design à différents dessinateurs rend certaines d’entres-elles très étranges (Vess, par exemple), et surtout, cela nuit à l’homogénéité de l’univers.

Concernant les musiques, signées Yasunori Mitsuda en grande partie, et même si on entre ici dans un domaine très subjectif, la qualité est très variable. Le thème principale, joué sur l’écran-titre est assez réussi, mais il est malheureusement mis un peu à toutes les sauces, un écueil qu’avait su éviter le premier épisode. De même, le mauvais goût de certaines orchestrations (notamment sur le continent de Mor Ardain) contraste avec la poésie et l’enchantement qu’on trouve dans d’autres pistes (Indol ou Theosoir, par exemple). Mais, globalement, on peut dire qu’on trouve une bonne qualité musicale, que ce soit pour les illustrations des combats ou des scènes importantes.

Enfin, il faut signaler que le jeu est doublé à la fois en anglais et en japonais (via un pack de téléchargement gratuit pour le japonais). Même s’il faudra s’habituer aux accents irlandais de la plupart des protagonistes pour l’anglais, le doublage reste de très bonne facture et réalisé avec soin. Le doublage japonais est par ailleurs également excellent. Même si les noms des Lames sont différents d’une version à l’autre, ce qui pourra perturber l’écoute et la lecture, chacun pourra décider selon ses préférences à ce niveau là.

Un monde riche

Les Titans sur lesquels vivent tous les êtres vivants, la faune et la flore, proposent de vastes zones ouvertes. Chacun a des paysages bien différenciés et notera la présence d’un cycle jour/nuit et de divers climats, ce qui peut modifier l’ambiance et la présence de certains spécimens ou personnages. Mais ce qui est splendide, c’est que chaque espace est bien pensé, et s’incorpore bien au Titan, aussi bien pour des points d’eau, des cavernes, ou des villes. Dans ces dernières, d’ailleurs, différentes nations sont présentes, avec des idéaux, une culture, une religion ou une politique différente. La végétation n’est pas en reste comme la faune, qui s'accommode bien de son environnement, ainsi il n'est pas rare de voir des oiseaux perchés sur des branches ou encore des flamants près d’un lac. Les espèces sont variées et en symbiose dans leur biotope. En bref, le monde est vivant et soigné jusque dans les détails.

L’exploration étant un des piliers de ce jeu, les balades à droite à gauche seront nombreuses, aussi bien pour l’histoire principale que pour les quêtes annexes. Même si des voyages rapides permettent de choisir une destination entre les différents Titans, la marche à pied sera votre routine pour visiter et découvrir tous les recoins qu’offrent les nombreux endroits. Les zones sont très variées, et il faudra trouver les divers lieux afin qu’ils soient ajoutés sur la carte. Le mot explorateur prend toute son ampleur, car il vous faudra découvrir des plaines, des villes, des grottes, des zones secrètes, et le tout juste en marchant ou en sautant sur les éléments du décor. Et autant le dire, certains lieux sont vraiment difficiles d’accès, voire bien planqués, et il faudra bien chercher. De plus, des obstacles naturels ou des phénomènes étranges peuvent vous barrer le passage (comme un tronc d’arbre ou un miasme d’éther par exemple). Pour avancer, il faudra utiliser les compétences de terrain de vos Lames (comme Maîtrise du feu ou Dispersion de miasme).

De plus, les lieux sont rarement aussi hospitaliers qu’ils le semblent au premier abord. Des êtres vivent sur ces titans, et autant certains sont passifs, autant d’autres sont agressifs à votre approche. D’ailleurs, il faudra faire attention, car certains sont des monstres uniques, avec leur propre nom, et beaucoup plus puissants que les spécimens de son genre. On pourra citer Barbarossa, un monstre de très haut niveau qui barre la route du joueur au début de l’aventure, et qu’il faudra donc obligatoirement contourner. D’ailleurs, une fois vaincu, une sépulture apparaît à l’endroit où il se trouvait, permettant de venir le combattre à nouveau si besoin est.

Bien entendu, sur ces Titans, des matériaux sont parsemés à travers les différentes zones. Ils sont matérialisés par des points bleus, qui sont des « Points de collecte », pouvant donner différents objets (légumes, poissons...). Il est possible d’obtenir des objets plus nombreux ou plus rares avec des compétences de terrain spécifiques (Agronomie, Ichtyologie…). D’autres s’obtiennent dans la mer de nuages, et il faudra tous les talents de récupérateur de Rex pour les obtenir via un mini-jeu à base de QTE. En effet, des lieux spécifiques appelés « Point de récupération » permettent de s’essayer à ces défis d’actions contextuelles (appuyer sur les bons boutons au bon moment). En fonction de la réussite parfaite ou quelques ratés de ces défis, un ou plusieurs coffres (contenant des matériaux), voire même un ennemi peuvent surgir. Comme pour la récolte, certaines Lames rares ont une compétence de terrain pouvant augmenter vos chances d’obtenir plus d’objets rares.

Ainsi, l’exploration d’un Titan ne pourra pas se faire en une visite, à cause des limitations qui sont présentes, comme tout bêtement le niveau des ennemis, ou bien encore des obstacles naturels qui réclament des compétences de terrain (parfois avec un niveau élevé). Heureusement, certaines zones deviennent des points clefs permettant d'effectuer des voyages rapides, et rejoindre un lieu déjà visité ou de poursuivre l’exploration.

Des Pilotes et des Lames

Le monde d’Alrest est constitué de Pilotes et de Lames. Les Lames sont des formes de vie armées, ayant pour la plupart une apparence humaine (à tel point qu’il est souvent impossible de savoir si un personnage est une Lame ou non). Elle sont liées à leur Pilote et ne peuvent d’ailleurs exister que par ce biais. Si le Pilote vient à mourir, la Lame se met alors en sommeil dans un “cristal-coeur”, attendant ainsi l’arrivée d’un nouveau Pilote. Ainsi, les Lames sont “au service” de leur Pilote, introduisant par là le thème de l’esclavage dans le jeu.

En ce qui concerne votre équipe, dont tous les membres sont des Pilotes (sauf Tora, le nopon), chacun peut s’équiper de trois Lames, déterminant ainsi le type d’arme équipée, les pouvoirs et la fonction (attaquant, tank ou soigneur) qu’ils auront pendant les combats. Ces Lames ne peuvent d’ailleurs pas être contrôlées directement, bien qu’elles soient visibles et présentes sur le terrain. Mais ce n’est pas la seule chose que les Pilotes pourront équiper. Ces derniers possèdent un petit sociogramme, une sorte de sphérier, qui permet d’apprendre des capacités passives contre un certain nombre de points acquis en combat (augmentation de la Force, des PV ou de l’efficacité de certaines compétences). Compléter ces sociogrammes prendra un long moment, puisque le nombre de PC (points de compétences) requis est relativement important. Ensuite, chaque Pilote pourra s’équiper de plusieurs accessoires qui lui permettent là encore de bénéficier de bonus passifs. Chaque accessoire ayant un niveau de rareté de 1 à 3, pour des effets plus ou moins importants, la création réclame donc un certain investissement, qui reste somme toute très dispensable si on veut seulement terminer l’histoire principale. En revanche, créer les bons accessoires sera la clé de la réussite contre les monstres les plus retors.

Si les protagonistes jouables se rencontrent au fur et à mesure de l'histoire principale, les Lames ont un mode d'acquisition bien différent. Il est possible d'obtenir des Lames aléatoirement en utilisant un cristal-coeur. Ces derniers existent en plusieurs niveaux de rareté (commun, rare et légendaire). En plus des Lames communes qui ont un niveau de rareté de 1 à 4, des Lames rares peuvent aussi apparaître aléatoirement. Plus le cristal-coeur est rare, plus les chances d'obtenir une Lame rare augmente. Il est toutefois aussi bien possible d'en obtenir une avec un cristal coeur commun, que de recevoir une lame commune avec un cristal coeur rare, ce qui les rend particulièrement spéciales et uniques. Certaines Lames rares sont d’ailleurs beaucoup plus intéressantes que d’autres ; et il faut noter qu’il n’est possible d’obtenir qu’un seul exemplaire de ces Lames rares.

Si ce mode d’obtention paraît assez hasardeux au début, il faut savoir que l’invocation de Lames reste avant tout optionnel et ne sera pas spécialement requis pour terminer l’histoire principale. En effet, des Lames rares seront données au joueur via le scénario, lui permettant ainsi de progresser, sans avoir à compter sur sa chance. De plus, le tirage des Lames ne repose pas uniquement sur l’aléatoire, puisque si le joueur n’obtient pas de Lame rare après un certain nombre de tentatives, des Lames rares sortiront alors obligatoirement via l’éveil des cristaux. Cela dit, cela n’est valable que si on possède pas de Lames rares, car il faut préciser que plus on possède de Lames rares, moins les chances d’en obtenir sont grandes. Mais globalement, on peut dire que l’aléatoire repose plus sur le fait de savoir quelle Lame on va obtenir, ce qui permet d’ailleurs de varier les Lames sur les futures parties.


Cela dit, la Lame invoquée se lie au pilote choisi lors de l’éveil, et ne peut être changée de pilote qu'avec un Protocole de transfert, un objet assez rare et long à obtenir (trouver ces objets devient d’ailleurs une vraie quête annexe afin de créer ses équipes ultimes). Cela peut vite poser problème pour optimiser son équipe dans un domaine, comme par exemple pour mettre seulement des lames de type “attaquant” à Rex. Il fondra donc économiser ses objets et les utiliser avec parcimonie. Outre le facteur chance qu’il faudra pour obtenir des Lames rares, cette contrainte sera clairement vécue comme un frein, notamment au début du jeu. Il faut savoir qu’il est aussi possible de révoquer une Lame pour tenter de l'invoquer à nouveau sur le pilote désiré. Malgré tout, avec toutes les Lames rares présentes, il est possible assez aisément de créer, à terme, une équipe à son goût. Pour en finir avec l'obtention des Lames, un autre problème peut survenir après de nombreuses heures de jeu. En effet le nombre total de Lames qu’un Pilote peut invoquer est limité, il faudra donc en renvoyer certaines afin de libérer de la place. Heureusement, via une quête secondaire, il est possible d’augmenter le nombre de Lames en stock, mais cela se fera sur toute la durée du jeu et de manière assez rare et épisodique.

Des compagnons artificiels indispensables

Si les Lames communes possèdent un nom, une apparence, une arme et des compétences aléatoires (bien que des objets ajoutés peuvent augmenter certaines caractéristiques désirées), les Lames rares sont vraiment uniques. Chacune a un sociogramme propre permettant de faire progresser la Lame en question. Ce sociogramme dispose de cinq niveaux de confiance qui se débloquent avec un certain nombre de point à atteindre, ceux-ci augmentant avec diverses actions (faire des quêtes, combattre avec elles ou encore leur donner de la nourriture). Ces niveaux ouvrent l'accès à des prouesses à accomplir, comme par exemple utiliser plusieurs fois un Art ou encore éliminer un certain nombre de monstres. Elle sont très variées, et toutes les réaliser pour chaque Lame rare demandera du temps, mais permet de toutes les tester.

Des capacités sont débloquées en réussissant ces prouesses. Certaines augmentent par exemple la puissance des arts de combats, et d'autres sont des compétences de terrain qui peuvent être uniques à certaines lames. Ces compétences sont utiles pour l'exploration, comme pour récolter plus d'objets, ouvrir des coffres ou encore interagir avec des éléments du décor pour accéder à de nouvelles zones, comme nous l’avons vu au début de ce texte.

Pendant les combats, les Lames sont reliées à leur Pilote par une sorte lien spirituel, et agissent en soutien. Elles peuvent utiliser des arts de Lame, avec des compétences variées et parfois uniques pour les Lames rares. Les utiliser peut notamment apporter des soins ou augmenter l'attaque ou la défense, en plus d'une attaque spéciale. De plus, ces lames peuvent aussi être personnalisées. Leur armes peuvent voir leur statistiques augmenter via des fragments de cristaux, voire même obtenir des capacités spéciales (comme obtenir plus d'argent). Mais ce n'est pas la seule modification possible, on peut aussi leur attribuer des coeurs auxiliaires (similaires aux accessoires des pilotes), qui peuvent renforcer les Lames, comme augmenter les dégâts ou avoir une meilleure résistance à certains éléments par exemple.

Pour finir, on pourrait se demander l’utilité de toutes ses Lames, bien que les rares soient particulièrement précieuses au combat, à quoi cela peut-il bien servir d'en posséder autant ? Et bien, des quêtes spéciales en dehors des combats les attendent : les missions de mercenaires. Elles interviennent après quelques chapitres de l'histoire principale, et permettent d'envoyer des escouades d'une à six Lames (rares et communes) en mission. Ces dernières peuvent s'obtenir en parlant à divers personnages sur les différents Titans ou au cours de quêtes annexes notamment. En plus de rapporter de l'or, de l'expérience et des récompenses, elles augmentent la confiance des Lames, qui permet de débloquer les prouesses. De plus, faire les missions de mercenaires d'un Titan permet d'augmenter son niveau de développement. Au début, il sera possible d'envoyer une seule escouade à la fois, mais cela augmentera jusqu'à trois en avançant dans le jeu.

Par contre, les missions ont des prérequis, comme envoyer un certain nombre de lames féminines, ou ayant une compétence de terrain spécifique. Certains sont secondaires, mais si vous optimisez les prérequis, cela joue sur la durée de la mission. Bien sûr, ces missions demandent du temps qui peut varier (de 30 minutes à 2h par exemple), et là où le bât blesse, c'est qu’il s’agit de temps de jeu réel. Les missions ne se feront pas en éteignant le jeu, du coup, il arrivera de laisser la console en veille afin de faire quelques missions. Bien que cela puisse demander de nombreuses heures, c'est un atout pour augmenter les Lames, les Titans et gagner des récompenses, le tout pendant que l'on fait d'autres activités.

Poppy ou la galère du joueur

Dans tout le jeu, il existe une Lame rare très particulière : celle de Tora le nopon. N’étant pas lui-même Pilote, il a créé une Lame artificielle, Poppy, dont l’évolution et la progression sont particulièrement uniques. En effet, si Poppy (et ses différentes évolutions) dispose bel et bien d’un sociogramme, elle ne peut pas être équipée de coeurs auxiliaires. A la place, il faudra passer par la création de pièces électroniques pour améliorer ses statistiques, voire même pour changer sa classe de départ qui est tank. Et c’est via un mini-jeu, “Tiger-tiger” que tout se fait. Il s’agit d’un petit jeu d’arcade, assez simple de prime abord qui consiste à diriger un plongeur, à éviter les ennemis et à ramasser des trésors avant de remonter à la surface. Sur le papier, rien de compliqué, mais il faudra passer des heures sur ce mini-jeu pour faire évoluer correctement Poppy, ce qui pourra vite devenir rébarbatif, car finalement, on reste coincé sur la borne d’arcade installé par Tora, et pendant ce temps, aucun autre personnage ni Lame ne peut évoluer. On soulignera d’ailleurs la logique qui veut que ce soit Tora qui ait construit ce mini-jeu qui nous permet de récupérer des pièces pour Poppy, qu’il possédait donc déjà...

Le complexe du gameplay

Que serait donc un RPG sans un système de combat original ? Tout en reprenant les grandes lignes du premier épisode et de X, Xenoblade Chronicles 2 s’inscrit dans la lignée des précédents jeux à ce niveau là. Il faut d’abord souligner qu’on ne pourra contrôler qu’un seul personnage (le Leader) et qu’il est impossible d’en changer en cours de combat. Il est cependant possible de choisir son Leader via le menu. Les autres personnages agiront automatiquement en fonction des Lames assignées. Pendant les combats, on retrouve l’auto-attaque des personnages qui permet d’infliger des dégâts (plus symboliques qu’autre chose) automatiquement lorsqu’on se trouve à portée d’un ennemi. Chaque auto-attaque fait progresser les jauges des compétences choisies sur les Lames : une fois remplie, il est possible d’exécuter ces dernières. Les autres personnages du groupe feront de temps à autres des propositions d’utilisation de leurs coups : libre au joueur de les déclencher ou d’attendre un meilleur moment pour le faire. Quoiqu’il en soit, chaque compétence utilisée fait progresser un compteur qui va de 1 (I) à 4 (IV), et permet de déclencher les arts spéciaux de la Lame équipée, via une petite séquence de QTE. Chaque Lame est liée à un élément (le Feu pour Pyra, par exemple) et c’est en combinant les différents éléments qu’on pourra déclencher des arts plus puissants, créant ainsi un orbe élémentaire autour de l’ennemi très utile lors des enchaînements (comme nous le verrons juste après). Chaque Pilote pouvant posséder jusqu’à 3 Lames, il faut également changer régulièrement de compagnon en combat afin de changer d’élément d’attaque.

A chaque coup porté, une autre jauge, dédiée au groupe, augmente également. Cette jauge d’entente entre les membres du groupe est divisée en trois segments. Un segment permet notamment de faire revenir au combat un personnage tombé, mais surtout, lorsque les trois segments sont pleins, l’équipe peut réaliser un enchaînement. Lors de cette action spéciale, le temps s’arrête et le joueur peut prendre tout son temps pour choisir les actions à effectuer. En effet, un menu spécial apparaît, le but étant ici de détruire les différents orbes élémentaires placés sur l’ennemi. A chaque orbe détruit, un tour supplémentaire est octroyé, permettant ainsi de faire des dégâts incommensurables (plusieurs millions). C’est d’ailleurs uniquement par ce biais qu’il sera possible de vaincre les monstres les plus redoutables du jeu.

Tout cela est extrêmement résumé ici, et semble d’ailleurs peut-être un peu complexe présenté ainsi … Et cela l’est ! Les explications fournies par le jeu sont assez détaillées, malheureusement les différents tutoriels ne peuvent pas être consultés de nouveau. Si vous n’avez pas compris un point précis ou un terme spécifique, vous vous en mordrez donc les doigts. Il en va de même si vous n’avez pas joué au jeu depuis un moment, il est possible que vous soyez totalement perdu. Néanmoins, il existe une solution simple : passer le jeu en mode automatique. En effet, vos personnages agiront automatiquement (avec un timing le plus souvent parfait), allant même jusqu’à déclencher par eux-mêmes les enchaînements au moment opportun. Si la présence d’un tel mode vient compenser la complexité du système de combat, il vient aussi rendre le gameplay secondaire, le faisant passer au second plan si on n’a pas suffisamment suivi les tutoriels qui s’échelonnent sur tout le jeu.

En soi, le jeu n’est pas difficile, et en fait, bien peu d’affrontements de l’histoire principale seront exigeants, pour peu qu’on explore un minimum et qu’on s’intéresse aux différentes Lames rares reçues. Si l’on pouvait craindre, comme dans le premier épisode, une sorte de gonflement de la durée de vie via un nombre pléthorique de quêtes annexes, ici, elles sont nettement moins nombreuses. Bien entendu, ces quêtes secondaires restent dans le domaine du “fedex”, mais plus scénarisées et plus intéressantes, elles permettent d’explorer l’univers du jeu en ayant toujours un but à atteindre. En revanche, si on veut s’atteler aux monstres uniques de haut niveau, il faudra plonger dans un gameplay riche, complexe, et aux multiples possibilités. La difficulté sera alors de la partie.

A la recherche du temps perdu

De nombreuses manipulations et actions requièrent du temps. Tout d’abord, l’exploration demande de nombreux voyages et promenades, le tout avec vos meilleurs alliés durant tout le jeu, vos pieds ! C’est un parti pris, et il est intéressant de vadrouiller ainsi, mais sur le long terme, un moyen de transport n’aurait pas été superflu. Même si des voyages rapides sont disponibles, quelques manipulations sont à prévoir dans le menu des cartes. Ces dernières ne sont pas très pratiques, car pour voyager rapidement, autant les points de téléportation sont notés dans le menu à gauche, autant les noms des régions et zones ne sont pas écrits sur la carte même. Pour les voir, il faut mettre le curseur sur les différents icônes. En plus, bien qu’elles soient complètes, on rencontre un autre souci à cause de l'absence d'unité de mesure de distance. La carte est plate et la lisibilité des différentes hauteurs n’est pas claire, les différents niveaux d’un monde ne sont ainsi pas perçus. Ceci est particulièrement gênant dans les zones fermées (comme l’usine par exemple) qui deviennent alors de véritables labyrinthes où la carte induit plus en erreur qu’elle n’aide le joueur.

Vient le tour des points de collecte, parsemés à travers tous les lieux, mais qui ne sont pas différenciés et portent tous le même nom « Point de collecte ». Sachant qu’il y a six catégories (botanique, minéralogie…), il aurait été judicieux de les nommer par leur catégorie, afin de permettre de mieux chercher les objets désirés. Rappelons de plus, qu’il faut mettre les lames avec les compétences de terrain dans le groupe, afin d’augmenter les chances de récolte. Et en plus, il faut y aller à l’aveuglette, car la liste des matières premières permet de connaître le Titan dans son ensemble où on les trouve, mais pas les régions précisément. Sur la carte, il est possible d’indiquer les points de collecte, mais vu le nombre, il est difficile de tomber sur le bon. Autant dire, que pour certaines quêtes, il va falloir user de sa mémoire ou s’amuser à récolter le même spot afin de farmer au mieux. Ainsi, on déplore l’absence d’un répertoire des récoltes plus affiné. Ces problèmes se retrouvent un peu à l’identique avec la récupération. Bien que les zones soient indiquées pour les matériaux, il faudra faire de nombreuses plongées dans les nuages pour obtenir les objets désirés, car les récompenses sont différentes selon la réussite ou non des défis d’actions contextuelles, sans oublier la rareté du cylindre (l’objet utilisé pour la récolte).

Dans le même registre, un bestiaire aurait pu être très utile, étant donné le nombre assez important de monstres à travers les divers lieux. Du coup, pour certaines prouesses, il faudra avoir une bonne mémoire, ou simplement partir en exploration afin de trouver les ennemis à vaincre. Il manque tout simplement une base de références, même minimale, à ce jeu qui comporte de très nombreux objets, monstres et lieux. Comme les cartes n’aident pas vraiment pour l’exploration, à cause d’une mauvaise lisibilité, cela gonfle légèrement le temps passé sur les quêtes.

Une annexe qui rend le temps de jeu colossal

Tout comme l’univers proposé, la durée de vie est tout simplement titanesque. Tout d’abord, l’histoire principale peut se finir en 60 heures, juste en ligne droite. Mais ce n’est pas l’intérêt d’un jeu de cette envergure. Si vous faites quelques quêtes secondaires, comptez plus d’une centaine d’heures. Par contre, si vous voulez découvrir les moindres secrets du jeu, à savoir obtenir toutes les Lames rares, compléter la centaine de quêtes annexes, la trentaine de quêtes de Lames rares et leur sociogramme, tous les interludes (équivalents aux tête-à-tête dans Xenoblade Chronicles), les monstres uniques, les missions de mercenaires, des centaines d’heures (entre 200 et 300) sont à prévoir. Et ce nombre peut être atteint facilement avec une nouvelle partie +, qui garde les Lames rares et leur développement, le niveau des personnages, les accessoires notamment, et apporte des nouveautés. En plus de refaire le jeu dans des conditions maximales pour avancer sans problème, sept nouvelles Lames rares sont ajoutées. Bien que le choix de ces dernières peut apporter certaines questions, cela ajoute du neuf et une envie pour ceux qui ont fini le jeu de s’y relancer. Pour les amoureux du 100%, on peut donc dire qu’ils en auront pour leur argent, ce titre offrant un contenu pharaonique assez hallucinant.

Mais ce n’est pas tout, l’aventure peut être prolongée avec le Season Pass, qui ajoute beaucoup de nouveaux contenus : nouvelles Lames rares et leur scénario, et nouvelles quêtes secondaires. De plus, pour changer la difficulté du jeu, deux options ont été ajoutées (une extrême et une personnalisable) ainsi qu’un mode Défis de l’arène. Et autant le dire, celui-ci porte bien son nom, car des challenges prodigieusement difficiles sont proposés (le choix de difficulté est possible permettant encore de s’adapter) avec des conditions spécifiques et même des combats et des personnages étonnants. Et ce qui est fort sympathique, c’est que de splendides récompenses sont à gagner, comme de nouvelles tenues pour les pilotes et certaines Lames rares. D’ailleurs, il est aussi possible d’obtenir encore trois nouvelles Lames rares qui sont tirées des précédents opus. Dernier ajout et pas des moindres, il est possible de changer la musique du combat contre les ennemis uniques (comme You Will Know Our Names du premier Xenoblade Chronicles en ayant une des Lames rare gagnée dans ce mode défis).

Torna, un Xenoblade 2 en miniature

Le plus gros morceau du season pass est tout simplement le tout nouveau scénario proposé, une toute nouvelle histoire : Torna - The Golden Country. Ce DLC est d’ailleurs vendu séparément, comme un jeu à part entière, en stand-alone. Son intrigue repose sur le passé de certains personnages. Pour éviter toute révélation, il est d’ailleurs préférable d’y jouer après avoir fini le jeu principal. On pourrait dire qu’il s’agit d’un “mini” Xenoblade Chronicles 2, avec un gameplay légèrement revu et amélioré. Il est par exemple possible de prendre le contrôle des Lames pendant les combats et l’ensemble du gameplay possède une bien meilleure prise en main. Il n’y a pas non plus de recours à l’aléatoire dans cette extension ou à des activités chronophages comme les missions de mercenaire. On y retrouve aussi un peu l’esprit de Xenoblade Chronicles grâce à la gestion d’un sociogramme où les différents PNJ apparaissent au fur et à mesure de l’histoire ou des quêtes annexes. S’agissant d’une extension, elle se révèle assez généreuse, puisqu’il faut compter environ 30 à 40 heures pour l’explorer en entier, sans oublier les différents défis proposés, et notamment des monstres rares plutôt retors. Torna représente en tout cas une bonne alternative à ceux qui n’ont pas spécialement apprécié le jeu principal, le trouvant trop long ou reposant trop sur l’aléatoire. A noter que le côté “stand-alone” de Torna le rend totalement accessible aux joueurs qui n’ont pas envie de se lancer dans l’aventure principale.

note : la qualité des images dépend du mode console utilisé (portable ou dock)

Xenoblade Chronicles 2 se présente comme un RPG original et prenant, avec un univers cohérent, riche et faisant la part belle à l’exploration et à un scénario qu’on suit avec plaisir jusqu’au bout. Si son lot de clichés qu’on retrouve souvent dans les jeux japonais pourra en rebuter plus d’un, le soin apporté à l’ensemble du jeu ne peut pas être négligé. Il faut aussi retenir que l’histoire et les personnages ne se prennent pas trop au sérieux, sauf à la toute fin qui paraît d’ailleurs un peu bâclée. Son gameplay posera en revanche plus d’interrogations qu’il n’apportera de plaisir, surtout par sa complexité un peu inutile et l’ajout d’un mode automatique qui détruit son équilibre. La partie aléatoire du soft, bien qu’assez restreinte si on veut bien l’analyser, n’est pas à mettre à son crédit et n’apporte finalement pas grand chose. Xenoblade Chronicles 2 reste un titre intéressant, avec un contenu énorme et démentiel, mais auquel il faudra accrocher pour véritablement s’y intéresser.

Note attribuée : 16/20

Rédigé par Delldongo & Wolfangele le 25/11/2019

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