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Digimon Story : Cyber Sleuth Complete Edition (SWITCH) - 15/01/2023
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15/20
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J'ai profité de ce portage / compilation sur SWITCH pour découvrir ces deux jeux originellement sortis sur PSVita. Je confirme aux collectionneurs que l'édition physique asiatique contient bien les textes ... Suiteanglais. Car oui, les jeux sont doublés en japonais et sous-titrés en anglais uniquement, et cela va en rebuter plus d'un. Cyber Sleuth est un jeu à petit budget, mais réalisé avec intelligence et passion. Les scènes cinématiques sont rares (mais belles), les doublages peu fréquents (aussi très qualitatifs), il y a deux ou trois cutscenes en bonne et due forme, mais la plupart des scènes se résument à des personnages animés facecam, en dehors de tout environnement, sans doublage. Les environnements sont souvent petits et répétitifs, mais jolis et assez nombreux. L’OST est bonne mais répétitive également. La structure du jeu est sous forme de quêtes, et il y a de nombreuses quêtes annexes qui nous emmènent plusieurs fois aux mêmes endroits, sans doute pour rentabiliser les environnements. Là où Cyber Sleuth brille, c’est par son système de combat, de capture et d’évolution des digimons. On ne s’en lasse jamais, le système d'évolution des digimons est déroutant au début, mais passionnant une fois maîtrisé. On se surprend même à calculer comment obtenir tel ou tel digimon afin de composer l'équipe ultime. Ce système est calqué sur SMT et Persona bien sûr, et c’est regrettable, mais il faut admettre qu’il fonctionne très bien ici. Quoique j’ai toujours du mal à voir un monstre se transformer en un autre n’ayant aucun lien apparent. On combat avec 3 digimons, il y a des affinités de type (feu, herbe, vent, etc.), d’attribut (virus, vaccin, données), et les attaques peuvent être physiques ou spéciales. Les attaques sont conservées entre évolutions, sauf certaines attaques signatures qui sont propres à certains digimon. Vous l’aurez compris, il faudra faire attention à la composition de votre équipe (de 12) et de leurs attaques pour faire face à toutes les situations, car la difficulté est généralement bien dosée et propose quelques challenges. La modélisation des digimons et des effets spéciaux des attaques sont impeccables. Les attaques signatures ont même leur propre animation. Le scénario est aussi un bon point. Il est intrigant, rafraîchissant, tantôt léger et drôle, tantôt épique, porté par des personnages hauts en couleur. L’intrigue se déroule dans le monde réel, qui se fait mystérieusement envahir par le digiworld, où tout nous y mène crescendo. L'arrivée dans une nouvelle zone fait toujours son petit effet, jusqu’à la fin du jeu, où je voulais en voir davantage ! (Et enfin explorer le digiworld !) Mais aucune déception, chaque jeu dure tout de même 50h. Au final, malgré un budget manifestement restreint, on se retrouve avec un jeu au gameplay addictif, au scénario intriguant, des environnements et des combats chiadés. Que demander de plus ? Plus de budget ? Ce succès d’estime s’est transformé en succès commercial et ce sera le cas dès le prochain opus. Si ce jeu ne vous attire pas, surveillez au moins le prochain. Le producteur a déjà confirmé qu’il se déroulera dans le digiworld, j’ai hâte ! Quant à Hackers Memory, c’est un spin off qui se contente de recycler 90% du jeu original. Le gameplay, les environnements, tout est exactement pareil. Seuls les personnages et l’histoire changent. Et encore… l’histoire se déroule en parallèle du premier opus et y fait écho en permanence. Le ton est plus léger, moins épique, le jeu est agréable à parcourir mais très dispensable, je ne le conseille qu’aux fans absolus de Cyber Sleuth.
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Ys : Memories of Celceta (PSVITA) - 08/01/2023
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17/20
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Après avoir fait Ys 7, 8 et 9, Memories of Celceta était le chaînon manquant de cette quadrilogie. On retrouve le même esprit, le même gameplay, le même système de combat. Ce n’est pas pour me déplaire, ... Suitej’adore l’exploration, les donjons à énigmes, les combats ultra dynamiques et complets, avec le système de garde flash / esquive flash, les compétences, le trio d’armes tranchante / contondante / perçante… Par ailleurs, on voit bien l’évolution entre ces quatre jeux, elle est progressive, prudente, mais souvent brillante (exceptée la déception du 9). J’avais des aprioris sur cet épisode, j’avais peur que toute l’action ne se passe dans une jungle, que le scénario de l’aventurier amnésique soit cliché, qu’il ne se résume à la cartographie, qu’il manque d’ambition et de variété… Pas du tout ! Au contraire, Memories of Celceta nous fait découvrir de nombreux villages et environnements variés. L’histoire met 12 heures à démarrer, sur 30 au total, mais après cela elle est prenante et nous emmène là où on ne l’attend pas ! Dans Ys 8, il faut traverser la montagne pour que le jeu démarre vraiment, ici, il vous faudra traverser le fleuve. Accrochez-vous jusque-là, ça en vaut la peine. La bande son est moins mémorable que celle du 7 ou du 8, plus rock, moins mélodique, mais elle compte quand même quelques très bon thèmes bien placés. Les graphismes sont très bons sur PSVita, je ne m’attendais pas à autant de détails, notamment dans les villages. Memories of Celceta est un très bon opus, que je classe second après Ys 8, je le recommande chaudement aux fans de ce dernier. Il fait même certaines choses mieux que son successeur : histoire moins longue à démarrer, pas de phases de tower defense intempestives, de nombreux villages… Une très belle découverte !
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Bravely Default II (SWITCH) - 11/12/2022
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14/20
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Bravely Default 2 est un JRPG que l'on croirait tout droit sorti des années 2000. Sa vue aérienne (fixe dans les donjons) pourrait être l'évolution de la vue isométrique, son système de combat est au tour ... Suitepar tour avec une revisite du système de jobs, son scénario est classique, basé sur les quatre cristaux élémentaires, le méchant qui veut conquérir les royaumes et la menace ancestrale qui s'apprête à ressurgir et détruire le monde. Mais l'héritage qui m'a surtout frappé est sa difficulté !! Même en mode facile. Cela faisait bien longtemps que je n'y avais pas été confronté, on ne fait plus les jeux de cette manière de nos jours. La fréquence des combats est TRÈS élevée, alors certes, les ennemis apparaissent sur la carte, mais ils sont très nombreux et vous fonce dessus. Bien souvent, c'est même pire que des rencontres aléatoires, car on se dit "Raaaah j'aurais pu l'éviter" mais en fait non, c'est un peu le même effet que quand on marche sur un objet pointu en chaussette en reculant dans une chambre jonchée de jouets. Les ennemis apparaissent par six, contre quatre, et peuvent attaquer jusqu'à quatre fois de suite, chacun ! Durant les 10 ou 20 premières heures de jeu, les ennemis seront faibles à des éléments ou des types d'armes que vous ne possédez pas, et vous n'aurez pas de job (d'asterisk) qui vous permette d'attaquer tous les ennemis en même temps, ni d'ailleurs de faire des gros dommage à un ennemi. Les magies d'attaque sont faibles au point d'être inutiles. Les boss sont parfois si difficiles que vous devrez perdre une première fois, puis venir mieux préparés en sachant ce qui vous attend. Heureusement le système d'évolution et de combat sont juste incroyables. On a un vrai sentiment de progression et de montée en puissance. Il offre des possibilités réjouissantes quand on parvient à trouver le bon équilibre. Dommage qu'il faille attendre la fin du jeu, d'avoir presque toutes les astérisks, les compétences, et des bonnes armes, pour pouvoir faire des combos dévastateurs et rouler sur les ennemis. Le scénario de Bravely Default 2 est central, et malheureusement, inintéressant. On visite un royaume après l'autre, on résout le problème de chacun. Il n'y a pas vraiment de cut scène, juste des dialogues facecam sur un fond flou, et très peu de cinématiques. Les personnages sont seulement quatre, ils ont peu de personnalité, peu de profondeur et aucune évolution. Il y a d'innombrables quêtes annexes sans intérêt, mais il y a aussi des donjons optionnels et un jeu de cartes assez cool. Et rassurez-vous, pas de boucles temporelles cette fois-ci, bien qu'il faudra vous accrochez avant de voir défiler le vrai générique de fin. Les graphismes sont en revanche très jolis et modernes, heureusement. J'ai pris le parti de jouer uniquement en mode portable, le jeu n'a clairement pas la prétention d'être conçu pour consoles de salon. Les musiques sont sympa, rien de transcendant mais j'étais content d'entendre un compositeur auquel je ne suis pas habitué… au début, puis suite aux désintérêt que j'ai éprouvé envers le jeu, j'avoue avoir écouté ma propre musique par dessus. En conclusion, Bravely Default 2 est un JRPG old school, à ne pas placer entre les mains de joueurs non avertis. Si la difficulté et le manque de budget ne vous rebute pas, et si vous accrochez au scénario et / ou aux personnages, vous passerez quelques très agréables 70 à 80h de jeu tant il est fait avec passion, savoir-faire et générosité.
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Trials of Mana (SWITCH) - 17/10/2022
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14/20
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Comme beaucoup, je n'ai pas fait l'épisode original sur SNES. En revanche, j'ai bien senti son héritage dans ce remake. Le scénario est classique de l'époque, avec des royaumes, des princesses et des chevaliers, ... Suitedes donjons basés sur les éléments, et une narration très… schématique : les intentions et les émotions sont exposées telles quelles, contrairement aux jeux plus modernes où elles sont construites et suggérées plus finement. L'histoire n'a pas grand intérêt, mais elle est bien présente et se laisse suivre. Il y a une bonne rejouabilité car le jeu permet de choisir trois héros sur six, dont un principal, et le scénario subit quelques variations en fonction. Les graphismes sont bons, les environnements sont variés, le design des montres est très enfantin, comme dans Dragon Quest, je n'adhère pas trop. Les musiques sont très inégales, la plupart sont répétitives et entêtantes, avec des samples de 10 secondes qui se répètent en boucle, elles m'ont rappelé avec horreur l'OST de Grandia. L'OST est globalement meilleure (difficile de faire pire que Grandia), mais je suis quand même content d'avoir fini le jeu pour ne plus l'entendre. Le nerf de la guerre de tout A-RPG, c'est son système de combat. Et celui de Trials Of Mana est plutôt bon. Globalement on a une attaque faible, une forte, et une attaque chargée. Il existe seulement deux ou trois combos différents. Mais les ennemis sont assez variés et le jeu ne dure que 28h (32h avec le post game), on ne s'ennuie donc pas. A côté de ça, on peut également lancer des sorts, de puissantes attaques de classe, et des objets, avec une pause tactique, ou en temps réel via un raccourci. La caméra est un peu rigide et mal placée lors des combats, le lock d'ennemi se fait en appuyant sur R3, je vous le dis, ça peut servir. Il m'a semblé que le niveau des ennemis s'adapte au nôtre, malgré tout, la montée en puissance se fait bien sentir, notamment grâce aux équipements, et aux changements de classes qui interviennent à certains moments de l'aventure, et qui changent vraiment la donne. C'est à la fin du jeu que l'on s'amuse vraiment, quand on peut lancer des sorts surpuissants à répétition sans trop craindre la perte de MP / AC. C'est cool, mais c'est dommage pour le début du jeu, plus limité. Trials of Mana n'est pas le jeu de l'année, il ne faut pas en attendre trop, mais si vous l'essayez avec cela en tête, il pourra vous surprendre agréablement par sa générosité et son aspect soigné. Un jeu sympathique qui ne restera pas dans les annales.
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Baten Kaitos II (GC) - 27/09/2022
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11/20
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Cela faisait bien longtemps que je n'avais pas lâché la manette avant la fin d'un jeu. Baten Kaitos Origins, est graphiquement magnifique pour la gamecube, mais sa direction artistique me repousse (terne ... Suiteet clinquant à la fois, chara design très spécial, vue isométrique à 50 mètres de l'action, toujours le même angle de vue...). L'univers est bien construit, mais je n'accroche pas à ses personnages ailés, ses paysages oniriques, ses monstres… Le scénario, sombre et mature, est omniprésent, mais impossible d'entrer dedans. D'un côté on est mis au service d'une espèce de conquistador espagnol, et on exécute des missions pour lui dont on se fiche royalement. D'un autre côté, on nous tease à répétition une histoire dans un monde parallèle où l'on arrive aussi vite que l'on repart. Le groupe principal se compose de trois personnages, le héros qui a le charisme d'une huître, le robot qui ne supporte rien et est lui-même insupportable, et la fille qui n'a rien à faire là et passe son temps à se crêper le chignon avec le robot. Le doublage anglais est mou, mauvais, la version undub et traduite en français d'Atelier Trad est un vrai plus. La musique est quelconque, merci au sempiternel Sakuraba. Les combats… on a un seul deck pour tout le groupe alors on passe son temps à défausser et à passer son tour, les monstres sont des sacs à PV, il faut 2 à 5 tours complets pour venir à bout d'un seul, les combats sont pénibles et interminables. Les donjons et les quêtes annexes font l'effort de mettre à contribution le système permettant de stocker l'essence des objets dans des cartes, c'est sympa. Mais… je ne trouvais aucune saveur à jouer, aucune raison d'avancer, je m'ennuyais ferme. Étant habitué aux JRPG qui démarrent après 30h et au vue des super notes de celui-ci, je me suis accroché à l'espoir futile que j'apprécierais peut-être le jeu à un moment… J'ai terminé le CD1, et j'ai obtenu là ce que je recherchais vraiment : une bonne raison d'arrêter. Le CD2 démarre sur un combat de boss littéralement impossible, même en difficulté "facile", et impossible d'xp avant ce combat. En une attaque, le boss divise les PV de toute l'équipe par 2, et l'immobilise sur un tour. Ses deux acolytes nous achèvent, mais surtout, ils régénèrent les PV du boss. Si on en tue un, le boss le ressuscite. Bravo, vous avez inventé le mouvement perpétuel. Tchao et bon courage.
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Persona 5 Scramble (SWITCH) - 28/07/2022
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15/20
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Persona 5 Strikers est le digne successeur de Persona 5. Il s'agit d'une suite directe, n'espérez donc pas y jouer sans avoir fait l'excellent Persona 5 avant. On y retrouve notre bande de potes qui devra ... Suiteà nouveau parcourir des palais mentaux (ici appelés "Prisons") pour libérer les victimes de personnes aux désirs distordus en leur faisant subir une metanoïa. Ce spin off est très fidèle à son modèle (en simplifié), la grosse différence est son système de combat, mélange entre un A-RPG et un Musô. On est bien loin du tour par tour. Le système intègre tout de même une pause tactique qui permet de prendre son temps pour lancer des sorts et utiliser un objet. Différents enchaînements sont possibles et chaque membre de l'équipe à un gameplay assez différent. On ne s'ennuie jamais et, si les combats peuvent paraître brouillons au début, on comprend vite qu'il ne suffit pas de bourriner pour gagner, bien au contraire. On est donc plus proche d'un A-RPG, l'aspect Musô se retrouve surtout dans la quantité d'ennemis à l'écran. En réalité, ils n'ont que peu de PV et servent surtout de passerelle entre deux véritables menaces. Bref, je n'aime pas les Musô, et j'ai aimé ce système de combat. Côté exploration, les Prisons sont agréables à explorer, avec des allers-retours dans le monde réel nécessaires pour déclencher la metanoïa, comme dans P5. Leur structure est malheureusement assez semblables et elles peuvent paraître répétitives (ça s'améliore vers la moitié du jeu). J'ai aussi regretté l'apparition de phase de tower defense, peu intéressantes à mon goût. Et le jeu trahit parfois la cohérence de son univers pour implémenter des mécaniques de gameplay (Chambre de velours, retour dans les anciennes prisons, murs invisibles qui disparaissent après un point de passage, etc.), il les justifie tant bien que mal au travers de dialogues peu convaincants. Côté scénario, on est bien dans un Persona 5, c'est un plaisir de retrouver les charismatiques Phantom Thieves et de parcourir le Japon ! Comme dans P5, il y a énormément de dialogues statiques, l'aspect relationnel à été largement réduit, c'est dommage, reste quelques choix de dialogues savoureux. J'ai trouvé l'histoire un peu moins ambitieuse et prenante, mais très agréable à suivre quand même. Le jeu est plus court certes, mais il m'a occupé 48h, ce qui est plutôt élevé pour un A-RPG ! J'ai aussi été déçu que les ajouts de la version Royal ne soient pas pris en compte dans Strikers. L'excellente musique contribue largement à rendre P5 si unique. Beaucoup de morceaux du précédent opus sont réutilisés ici. Rien à dire côté graphisme, on retrouve l'incroyable direction artistique de P5, sur SWITCH c'est encore plus appréciable. P5 m'avait laissé un gros sentiment de vide lorsque je l'eu terminé. Strikers m'a permis de passer un peu plus de temps en compagnie des personnages que j'ai appris à aimer, et m'a rappelé un peu ce sentiment. Il ne se hisse pas à la hauteur de Persona 5 Royal, ceci dit je le recommande tout de même chaudement aux fans, et aux fans uniquement.
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Chaos Rings III (IOS) - 10/07/2022
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13/20
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Chaos Rings 3 aurait aussi bien pu porter un tout autre nom tant il s'éloigne de ses prédécesseurs. Finie la (belle) 3D précalculée, on contrôle à présent le personnage et la caméra dans des environnements ... Suite3D. Le groupe se compose de cinq personnages, dont trois combattants, pas de couples à l'horizon. Le système de combat en duo a donc été supprimé, ne reste que la jauge qui avantage le joueur ou l'ennemi tour à tour. Exit également la maturité, la noirceur et les choix impossibles des précédents opus. Les protagonistes sont de jeunes ados, l'univers est coloré, la musique joviale, et le jeu linéaire. Le système d'évolution a également été modifié pour littéralement copier celui de Persona. Et concernant la repompe, Chaos Rings 3 va beaucoup trop loin. OK, on a des "Personae" (nommées "Gènes" dans CR3) à entraîner et à fusionner, mais il n'était peut-être pas nécessaire de copier aussi à l'identique la Velvet Room, avec sa musique opératique. OK, le jeu commence comme Grandia, un adolescent de 15 ans et sa sœur de 8 ans partent acquérir un permis d'explorateur pour découvrir le nouveau monde, mais il n'était peut être pas nécessaire de copier aussi à l'identique la fonctionnalité des repas autour de la table, avec la petite musique guillerette. Sans parler de cette cinématique vers le milieu du jeu où les squames de Sin (FFX) se plantent dans le sol. Chaos Rings 2 empruntait quelques invocations à FFX, mais c'était anecdotique, un simple clin d'œil entre jeux Square Enix. Là, c'est intégré à la trame principale, aux mécanismes fondamentaux du gameplay, et vraiment choquant de mimétisme. Une autre différence majeure est la durée de vie : 64h pour venir à bout du jeu. Et encore, je suis loin d'avoir fini toutes les quêtes annexes. Car oui, pour atteindre ce score, le jeu intègre plus de 200 quêtes annexes, à faire obligatoirement l'une après l'autre. Bien sûr, il n'y a pas 200 mondes à visiter, mais une dizaine. De plus, il est possible de débloquer une Gène très puissante dans chaque monde. Pour la débloquer, ainsi que pour accomplir les quêtes annexes, il vous faudra reparcourir entièrement chaque donjon 10 fois, 20 fois, parfois plus (!!). Cela est parfaitement stupide : on désactive les rencontres aléatoires (oui, on peut), on ne prend même plus la peine de ramasser les coffres sur le passage, et, les quêtes annexes étant si peu travaillées, on est tenté de passer le texte également. Bref, on déconnecte le cerveau et on enchaîne les allers-retours en mode machine. De plus, le jeu impose de faire certaines quêtes annexes à certains moments de l'aventure. La trame principale est elle-même décomposée en missions, autant vous dire que voir un "Mission accomplie" après chaque moment clé du scénario tue l'immersion et le semblant d'émotion que les scénaristes essayent de transmettre. L'histoire en elle-même est très bien, avec quelques passages qui nous rappellent à notre bon souvenir que l'on joue à un Chaos Rings. Mais le tout est trèèès long à se mettre en place (40h...), dilué dans des arcs narratifs hors propos centrés sur des personnages finalement peu concernés par l'intrigue principale. Nouvelle différence dont on se serait bien passé : le héros est muet. Déjà que j'abhorre cette décision dans les RPG modernes, là, c'est vraiment mal intégré au récit. Il y a des passages bizarres où le héros répond par une grimace ou une caresse dans les cheveux à ses amis qui, eux, expriment pleinement leurs émotions ; ou encore la nécessité d'avoir toujours un clampin à côté pour parler à la place du héros. À noter que j'ai fais le jeu sur PSVita, mais qu'il n'est officiellement traduit que sur iOS et Android, textes anglais et doublage japonais. La bande son colle très bien à la nouvelle direction artistique, et c'est tout le problème. On double le nombre de pistes, mais la plupart sont des musiques d'exploration tranquilles, joviales, là où celles de ses prédécesseurs étaient épiques, haletantes. Au final il y autant de très bonnes pistes que dans les précédents opus, mais on ne les entend que très rarement. Le tout reste quand même qualitatif et inspiré, au-dessus de la moyenne. Chaos Rings 3 est un bon jeu, agréable à parcourir pour tout fan de JRPG. Mais c'est une grosse déception vis à vis de la série Chaos Rings. Elle avait sa propre identité, une identité forte qui plus est, et n'avait certainement pas besoin de piquer des mécaniques à d'autres jeux à la mode. Déçu par Media.Vision qui n'a pas non plus besoin de ça pour faire d'excellents jeux. Chaos Rings 3 était sensé être l'apogée de la série, le plus beau, le plus moderne, au plus gros budget… pas un traître et un voleur. Je recommande plutôt Chaos Rings 2, qui reste finalement le meilleur représentant de la série.
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Grandia (PS1) - 04/06/2022
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12/20
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Grandia s'inspire des films d'animation japonais des années 80, on lui pardonne donc son aspect et ses codes aujourd'hui désuets. Il met en scène une bande de gamins d'une dizaine d'années qui partent ... Suiteà l'aventure découvrir le nouveau monde sur les traces d'une civilisation ancienne. Le ton adopté est léger, les enfants que l'on suit et incarne se comportent vraiment comme des enfants, ce qui est finalement peu commun. À cela s'ajoute une touche cartoonesque : coup de poêle sur la tête, bruit de ressort, et réactions exacerbées sont de la partie. Les portraits des personnages lors des conversations adoptent d'ailleurs souvent ce même style. Les intentions sont bonnes, c'est à la réalisation que cela se gâte. L'histoire a du potentiel, mais le scénario s'égare. Il y a cette quête de civilisation perdue, mais on se retrouve finalement, à quatre reprises (!), à traverser un village, parler au chef, et résoudre le problème du village au lieu de progresser. Il y a ce désir d'aventure, mais il ne suffit pas de répéter "On vit des supers aventures" pour que ce soit vraiment le cas, et "vivre des aventures" n'est pas une finalité. Il y a cette opposition à l'armée de Garlyle qui veut s'accaparer la Pierre d'esprit de Justin, il y a cette menace enfouie qui s'apprête à ressurgir, mais aucun des acteurs n'a de véritables motivations. Même le boss de fin sort une phrase aléatoire hors propos sur la cupidité de l'humanité. Côté gameplay, il y a ce désir d'exploration, mais toutes les zones du jeu sont systématiquement des labyrinthes, rendus pénibles à cause de la visibilité reduite et l'absence de carte. Les combats sont assez novateurs, l'action sélectionnée ne se déclenche pas tout de suite, elle peut être annulée si on subit une attaque. Le but sera donc de repousser au maximum l'attaque ennemie tout en lui infligeant un maximum d'attaques. Les personnages sont assez déséquilibrés, même en ayant appris toutes les magies, on réalise que certains personnages sont trop faibles ou n'ont pas de magies intéressantes, et qu'il suffit généralement de bourriner avec Justin pour gagner. Graphiquement, c'est peu engageant. Cette 3D qui a mal vieillie, cette vue isométrique trop rapprochée, les personnages en 2D (même s'ils sont bien animés). Heureusement les cinématiques CGI - trop peu nombreuses - offrent une vraie bouffée d'air frais. Le plus gros point noir de Grandia est sa bande son. Certaines musiques sont très bonnes, notamment aux moments clés de l'histoire et dans certains villages. En revanche, durant 85% du jeu, c'est l'enfer. La musique d'exploration se résume à un sample de quelques secondes qui tourne en boucle. Un sample de percussions tribales, ou une simple distorsion sonore, parfois assortie de bruitages comme un rire de sorcière (oui oui), qui revient en boucle toutes les dix secondes... J'ai maintes fois dû couper le son pour préserver ma santé mentale. Les rares doublages anglais sont mauvais, et les encore plus rares doublages français sont catastrophiques (en plus d'être lus par dessus les doublages anglais). La prestation de certains doubleurs (anglais et français) est carrément amateure et nuit à l'immersion. Mais globalement ça passe, ils ont modestement le mérite d'exister. La traduction française du jeu est tout aussi mauvaise, on reconnaît des erreurs de traduction littérale depuis l'anglais, et la quasi totalité des dialogues utilisent des formulations peu naturelles, s'enchaînent mal... Il est aussi possible que les dialogues originaux soient mauvais, toujours est-il qu'on a l'impression d'assister à un dialogue de sourd en permanence. Vous l'aurez compris, finir Grandia (en 58h) a été pour moi une gageure. Je comprends pourquoi Grandia a séduit de nombreux joueurs à l'époque, grâce à son originalité et ses intentions. Aujourd'hui en revanche, je ne recommande ce jeu à personne, il y a bien mieux à faire.
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Chaos Rings II (IOS) - 29/05/2022
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17/20
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Dans le second volet de Chaos Rings (fait sur PSVita), six élus accomplissent de force un rituel au cours duquel le nominateur (le héros) doit sacrifier ses compagnons un à un pour sauver l'humanité. Si ... Suitecela peut sembler similaire à son aîné, il n'en est rien ! Les 20 heures de jeu se déroulent d'une traite, la répétitivité du précédent opus est donc oubliée. Pour autant, vous aurez des choix à faire et différents embranchements scénaristiques sont possibles. Les personnages sont attachants et ont des réactions parfois si crédibles que c'en est perturbant. J'ai eu un vrai cas de conscience au moment de choisir le premier sacrifice. Tout comme dans le premier opus, l'histoire réserve de nombreux rebondissements. Le gameplay a évolué. Il faudra à présent s'équiper de groupes de compétences pour les déverrouiller, ce qui nous force à tous les essayer. La jauge d'avantage n'est pas active en permanence et n'est valide qu'un seul tour, cela évite d'être surpuissant trop longtemps ou au contraire de ne pas pouvoir remonter la pente. Une jauge d'overdrive a été ajoutée, permettant de déclencher de puissantes compétences uniques à chaque personnage, ou bien des invocations ! (qui sont d'ailleurs un bel hommage aux invocations de FFX, pour les fans). Les objets ont également été rééquilibrés pour augmenter le challenge. On peut à présent voler des pièces d'équipement puissantes aux ennemis, notamment aux boss. Les puzzles ont disparu malheureusement, plus ou moins remplacés par des mécanismes d'exploration basiques (toucher l'écran pour passer un obstacle), c'est mieux que rien, mais zéro réflexion. L'ensemble forme un système convaincant, qui semble au final plus abouti et cohérent dans cette version. Les graphismes sont encore plus beaux qu'avant, les environnements en 3D précalculée sont plus nombreux, les personnages et les monstres sont mieux modélisés avec des textures plus précises, aucune chute de framerate à noter. Les effets spéciaux sont assez impressionnants. L'OST est une merveille, elle garde l'identité du précédent opus, la retravaille et l'approfondit pour livrer des pistes tantôt dantesques, tantôt mélancoliques comme le magnifique thème "Conviction". Elle donne une profondeur et une intention au jeu, et une raison de plus de le découvrir ! Pour ne rien gâcher, le jeu est traduit en français et le doublage japonais maintient son niveau d'excellence. Je recommande Chaos Rings 2 aux fans de JRPG, notamment de l'ère PS2 (FFX, Shadow Hearts...), c'est une belle découverte qui m'a rappelé cette sainte époque.
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Chaos Rings (IOS) - 22/05/2022
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15/20
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Qu'on se le dise, Chaos Rings n'a rien d'un jeu mobile, c'est un très bon JRPG PSVita, et c'est sur cette console que j'y ai joué. Il n'y a évidemment aucune monétisation in-game, les graphismes sont très ... Suitebons, l'histoire est travaillée, la durée de vie est solide (25 heures). Il y a quelques chutes de performance au début des combats mais rien de grave. Chaos Rings met en scène quatre couples participant de force à un tournoi d'où seul l'un d'entre eux sortira vivant, à la Hunger Games. Il faudra donc parcourir le même jeu plusieurs fois (une fois avec chaque couple), obtenant petit à petit plus d'éléments de compréhension jusqu'à avoir le fin mot de l'histoire, rappelant un certain 999 sur DS ou encore Nier sur PS3. L'histoire est donc différente pour chaque couple et faire les quatres runs est indispensable. Cependant, les lieux visités et les boss ne changent pas. Les puzzles en revanche sont différents à chaque fois. En effet, les donjons sont décomposés en petite zones interconnectées (comme dans KH CoM par exemple), et certaines zones proposent des casses-têtes semblables aux puzzle boxes de Wild Arms. Je suis un adapte de ce genre de mini-jeu, j'ai regretté que la plupart soient trop faciles. Les autres zones sont de beaux environnements en 3D précalculée où vous rencontrerez aléatoirement des coffres et des ennemis. La structure du jeu est terriblement répétitive. Heureusement, l'histoire et le gameplay nous tiennent en haleine. Les combats sont au tour par tour, et reposent sur des systèmes ingénieux : attaquer seul ou à deux, affinités élémentaires, et la jauge de break qui favorise à tour de rôle l'ennemi ou nous. Battre les ennemis permet d'apprendre des compétences actives ou passives de plus en plus puissantes qui sont conservées d'un couple à l'autre. L'OST est une grande réussite : très inspirée, épique, unique, elle donne toute son ampleur aux évènements du jeu. Grosse surprise, le jeu est traduit en français ! (à l'exception des HUD) et le doublage intégral en japonais est excellent. Les illustrations des personnages, tout comme les personnages eux-mêmes sont magnifiques, charismatiques, et matures. Pour une fois dans un JRPG, les personnages s'avouent leur amour sans rougir. Une fois le jeu terminé avec les quatres couples, on peut affronter le boss final. Il faudra faire défiler le générique pas moins de neuf fois (!) pour venir à bout de Chaos Rings. Autant j'ai aimé le jeu, autant j'ai trouvé que le faire quatre fois de suite est un peu violent. D'autant plus que le grand final est attendu, et ne le mérite pas vraiment. Étant averti de la répétitivité, Chaos Rings vaut vraiment le coup d'œil, je le recommande aux fans des références citées tout au long de cette critique. Pour les autres, je recommande de faire le run d'Esher et celui d'Ayuta uniquement, puis de regarder le final sur Youtube.
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