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Chrono Cross : The Radical Dreamers Edition (SWITCH) - 19/05/2026
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15/20
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L’édition Radical Dreamers marque la première sortie officielle de Chrono Cross en France et en français. L’édition « physique » française est un pauvre code de téléchargement, optez plutôt pour la version ... Suitephysique ASIA qui inclut une cartouche en bonne et due forme avec les sous-titres en français. Mais pour tout dire, en ce qui concerne le remaster pur, c’est très fainéant, je me suis senti idiot d’avoir acheté le jeu, l’émulation fait un meilleur travail. J’ajouterai même que le lissage dégueulasse des textures (style pixels vectorisés), les fonctionnalités d’avance rapide et d’invincibilité, gâchent le jeu. Quant au pseudo choix de la résolution, l’image est simplement zoomée et coupée en 16/9, deux fois dégueulasse. Et le jeu a des ralentissements (sur SWITCH en tout cas), franchement, si c’est pas du jemenfoutisme ça ! Et ça a des conséquences sur le gameplay : le jeu enregistre parfois un double input, en combat, vous voulez défendre, eh bien non, vous prenez la fuite ! Cela m’est arrivé plusieurs fois, y compris en combat de boss, imaginez la frustration (oui, on peut fuire les boss pour recommencer le combat). Heureusement le matériau de base est un très bon jeu, l’un des meilleurs de la PS1, et je pense, le plus beau graphiquement. Les personnages, leurs modèles, leurs animations sont juste d’un autre niveau ; les décors, la variété des lieux, leur richesse, leurs détails sont hallucinants ; et les cinématiques, en nombre et en qualité, étaient à se fendre le crâne par terre. C’est bien simple, il n’y avait que SquareSoft qui savait faire ça. L’autre studio qui les égalait faisait du cinéma et s'appelait Pixar. Dommage de ne pas avoir pu les rendre en meilleure qualité dans cette remasterisation, mais je crois que cela est dû au fait qu’ils ont perdu les fichiers originaux. Les musiques sont également exceptionnelles, sauf une qui est immonde, pas de bol, c’est celle que l’on entend en boucle : la musique de combat. Mais globalement, l’OST est un chef d’oeuvre, quand on a des thèmes comme « The Scars of Time” , « On the Shores of a Dream », « The Girl Who Stole the Stars » ou « Life - A Distant Promise », on pardonne plus facilement la faute de parcours. Cette nouvelle partie m’a permis de redécouvrir le scénario, et… il m’a laissé une sensation douce-amère. D’un côté on a un héros muet et 40 personnages jouables, cela n’aident vraiment pas à les apprécier où à l’empatie. On est lancé dans un monde coloré, avec une quête pas très claire, qui se raccroche à des grands classique (les dragons élémentaires…) ; et puis parfois un PNJ nous raconte l’histoire « Alors, en fait, il s’est passé ça il y a x années, du coup, ça a fait ça, et en fait toi tu es machin… ». Bref, la narration n'est pas terrible, on ne vit pas vraiment l’histoire, on traverse des donjons, on combat des ennemis, puis à certains moment du jeu, on nous explique le contexte, mais cela reste très méta par rapport à l’expérience du jeu que l’on a réellement. J’aurais vraiment aimé assister aux évènements qui constituent le cœur de l’histoire plutôt qu’on me les narre vite fait. En fait, les scénaristes ont intégré toutes les réponses dans quelques dialogues, comme pour dire « vous voyez, ça se tient, on a pensé à tout », à cela je réponds « Oui, en effet, mais malheureusement ce n’est pas le jeu auquel j’ai joué » (ou alors 15 minutes sur les 40 heures de jeu). Mais d’un autre côté, il y a aussi des séquences très réussies, et des personnages qui sortent du lot. Et la narration décousue est assumée, c’est un vrai choix que de nous lâcher dans un monde mystérieux, avec une quête et des antagonistes obscurs, de nous laisser vagabonder, explorer et expérimenter jusqu’à ce que l’on reconstitue l’histoire. Le monde et le gameplay sont construits autour de cette liberté, on peut faire plein de choses, dans le désordre, il y a beaucoup d’évènements, de personnages et d’objets que l’on peut manquer, certains triviaux, d’autres d’une importance capitale. C’est de plus un jeu conçu pour être joué plusieurs fois, la rejouabilité est immense, presque nécessaire pour bien appréhender l’histoire, et jouissive pour les perfectionnistes. D’ailleurs la solution de RPGSoluce est plus que jamais indispensable pour ce jeu, merci :) Enfin, le système de combat est un peu spécial, peu engageant, inutilement complexe, l’interface fait peur, avec des jauges et des pourcentages obscurs. Il n’y a pas de point d’expérience, les personnages semblent gagner des points de stats au hasard à la fin des combats. Il faut assigner des compétences aux personnages très souvent, c’est lourd, l’assignation auto fonctionne plutôt bien, heureusement, mais j’ai l’impression que ça tue la moitié du fun, le but étant de personnaliser ses personnages. En revanche l’exploration dans les magnifiques et très immersifs décors en 3D précalculée est un plaisir. Les intéractions cachées sont parfois un peu trop cachées, et le manque de réactivité fait que l’on peut rater des choses alors même que l’on a fouillé au bon endroit. Les ennemis sont visibles sur le terrain, et ne nous foncent pas tous dessus, les combats ne sont pas trop nombreux. En bref, Chrono Cross a plein de qualités qui l’élèvent objectivement au sommet des jeux PS1, mais il a de nombreux partis pris qui me rebute : l’histoire qui reste en marge du jeu auquel on joue vraiment, la multitude de personnages oubliables et le héros muet, les systèmes de combat et d’évolution obscurs… Je préfère largement les Final Fantasy de la même console.
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Lunar 2 : Eternal Blue (PS1) - 03/05/2026
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13/20
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J’avais bien apprécié Lunar 1, alors j’ai investi dans la Remastered Collection pour faire le 2. J’ai vite retrouvé mes marques, en effet ce second opus rappelle énormément le premier. Le système de combat ... Suiteest le même, on a toujours le duo composé d’un héros peu bavard et d’un chat volant, une romance avec une mystérieuse fille aux cheveux bleus, en fait, tous les personnages, l’histoire et l’ambiance générale se ressemblent beaucoup, et on visite même les mêmes lieux. Il y en a beaucoup de nouveaux aussi, Lunar 2 est une bonne suite, mais peut être trop proche de son ainé, il y a eu de nombreuses améliorations sur la forme, mais sur le fond je serais incapable d’exprimer une préférence tant ils sont similaires. Ce qui est sûr en revanche, c’est qu’il vaut mieux jouer au premier avant, mais dans tous les cas, les deux jeux ont bénéficié de beaucoup de soin. J’ai fait le premier dans sa version PS1, je vois donc que le Remaster a apporté des améliorations de confort, mais les deux Lunar sont surtout des jeux fabriqués avec amour à la base, avec une belle histoire portée par de beaux personnages, de nombreuses jolies cinématiques animées, des dialogues doublés, tout ça respire la qualité. De plus, le gameplay est vraiment propre, les combats ont une dimension tactique intéressante, les menus sont agréables, la difficulté est assez bien dosée, il faut peut-être un peu grinder le Chiro durant l’épilogue, mais sinon, il n’y a pas trop de frustrations. Cela reste un jeu de l’époque, avec de nombreux combats inévitables souvent répétitifs, après lesquels il faut bien penser à se soigner, des Game Over qui nous rappellent qu’il faut sauvegarder souvent (on peut sauvegarder n’importe où), une trame narrative classique, une soluce bienvenue pour ne rien rater (merci RPGSoluce), etc., mais c'est un bon jeu de l’époque ! J’ai pris plaisir durant les 35h de jeu (il faut bien faire l'épilogue), les zones m'ont semblées moins labyrinthiques que dans le premier (peut être grâce au 16/9), la bande son est très correcte (rien de bien notable), bref, je comprends que ce jeu ait pu avoir son succès en son temps.
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Digimon Story Time Stranger (PS5) - 24/03/2026
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10/20
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Cyber Sleuth était un bon jeu, mais fauché, son intrigue et son humour réussis reposaient sur des personnages humains hauts en couleur, les Digimon étaient des intervenants extérieurs, il y avait un mystère ... Suiteautour d’eux et une montée en puissance tout au long du jeu, on regrettait presque qu’il se termine si tôt, avant même d’avoir pu voir le Digiworld. Time Stranger est objectivement un meilleur jeu, qui a les moyens de ses ambitions, mais destiné aux fans de Digimon uniquement. Je n’ai jamais accroché à l’animé, et je me fiche pas mal des Digimon en général, je me suis intéressé aux jeux car c’est Media.Vision (Wild Arms) qui les a créés, et ils avaient l’air bons. Time Stranger m’a montré ce qu’était vraiment Digimon, et m’a appris que je n’aimais pas du tout. Tout d’abord, je déteste leur noms idiots anglais en camelCase qui se terminent tous par -mon. MagnaAngemon, AncientWisemon, MedievalGallantmon, BlackWarGreymon… Sans déconner, ce ne sont pas des noms, ce sont des variables javascript, impossibles à retenir. Je déteste leur design, la plupart sont juste des mecs en cosplay, ou des mechas. Et je déteste surtout le fait que leurs évolutions ne se ressemblent pas. Dans Cyber Sleuth, cela m’avait fait lever un sourcil, sans plus, les digimons servaient surtout de bestiaire. Mais dans Time Stranger, les Digimons sont les protagonistes, et ça devient n’importe quoi. Exemple typique : on a un mollusque rose « Shellmon » qui évolue en bombasse « Venusmon » mais que l’on continue à appeler « Shellmon » pour que le joueur fasse le lien, sauf qu’on n’est pas sensé connaitre par coeur le nom des digimon non plus, alors on fait un petit flashback pour nous rappeler à quoi ressemblait « Shellmon ». Un, ça va, on lève les yeux au ciel, on secoue la tête et on s’y remet, sauf que c’est le cas pour la totalité des personnages que l’on va rencontrer dans l’aventure, y compris ceux qui nous accompagnent. C’est parfaitement ridicule, ça m’a sorti de l’histoire. L’histoire est le fil conducteur du jeu, j’imagine qu’elle se laisse suivre pour les fans de Digimons, il y a un fan service appuyé sur le « Olympos XII », mais pour les autres, c’est un calvaire de 70h. Le héros est muet et les personnages en général sont dépourvus d'intérêt et de charisme, les doublages anglais sont des récitations sans âme. Durant la première moitié du jeu, on visite différentes zones dans un passé proche. On combat des « Titans » (encore une appellation ridicule car ce sont juste des Digimon indiscernables des autres) qui veulent détruire le monde… Les péripéties sont peu intéressantes, cela sert surtout à introduire des personnages secondaires moisis. Puis durant la seconde partie du jeu, on visite à nouveau ces mondes dans le présent, on retrouve avec désarroi nos copains miteux qui ont évolué en une créature aléatoire, une mésaventure se produit, et on retourne juste avant dans le passé pour l’empêcher. Je vous laisse imaginer le nombre d’aller-retours que l’on se tape sur les mêmes maps. Je vous conseille d’activer le mode facile en exploration, cela permet d’éviter les rencontres aléatoires tout en gagnant de l’expérience. Le gameplay est très similaire à Cyber Sleuth (et donc à Persona). Il faut combattre les Digimon x fois pour les obtenir, puis les faire évoluer tour à tour vers le haut pour gagner en puissance, et vers le bas pour repousser leur limite de niveau. Time Stranger ajoute une lourdeur malvenue : la personnalité des digimons, il faut que le digimon et son évolution aient la même, sinon les conditions d’évolution sont quasi inatteignables. Sauf que modifier leur personnalité est très ennuyeux et lent, ce n’est qu’un prétexte pour utiliser la fonctionnalité de « Digiferme », chère aux origines « Tamagochi » de Digimon (à nouveau, pour les fans). De même les combats au tour par tour sont très similaires à Cyber Sleuth, sauf que l’on a que trois combattants de front et trois en réserve (au lieu de huit, dommage). Les combats de boss sont assez bons, mais difficiles, il faut perdre une première fois pour comprendre leurs forces et faiblesses, puis revenir bien préparé (sauf en mode facile). Il est très frustrant que les évolutions les plus puissantes soient verrouillées jusqu’à la fin du jeu, on peut les débloquer en utilisant des points sur un arbre de compétences, qui s'acquièrent en faisant des quêtes annexes minables (et qui ne sont donc plus si « annexes »). La direction artistique est réussie, colorée, les zones sont jolies et variées. Elles sont peuplées de nombreux Digimons qui semblent ne rien faire d’autre que de la figuration, avec une animation unique qui tourne en boucle toutes les cinq secondes. On a l’impression d’être dans la maison des poupées de Disneyland, ce n’est absolument pas crédible. Les musiques sont inégales, oscillant entre le correct et le très mauvais, j’aurais presque préféré entendre « It's a Small World » en boucle. Le Digiworld m’a globalement déçu, il manque vraiment d’originalité, j’ai notamment été étonné que l’habitat naturel des Digimons est une favela brésilienne. En bref, le gameplay est bon, les graphismes sont bons, l’histoire vaut ce qu’elle vaut mais elle est bien présente, on pourrait croire que c’est un JRPG tout à fait appréciable et recommandable à tous. Absolument pas. C’est un produit dérivé Digimon pour les fans. Alors attention à bien être dans la cible, vous n’avez pas idée de jouer à un jeu Fairy Tail, One piece, SAO, DBZ, etc. si vous n’êtes pas rompus à la licence, eh bien là c’est pareil, mais avec Digimon. Cela pourrait éventuellement être une porte d’entrée vers l’univers Digimon, vous pourriez avoir une révélation, et apprécier… mais c’est peu probable.
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The Legend of Heroes : Trails in the Sky the 1st (PS5) - 11/02/2026
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12/20
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Mon premier Trails fut Cold Steel III, seul épisode à être sorti en français. J’y ai joué 150 heures, 150 heures de palabres d’inepties mal écrites sans rebondissements qui ne racontent rien, 150 heures ... Suitede gameplay ultra répétitif sans saveurs et sans récompenses. Je l’ai revendu aussitôt après l’avoir terminé car je ne supportais pas de le voir sur mon étagère. Les Trails étant une série extrêmement appréciée, je me suis dit que le problème venait de moi, qu’il fallait commencer par le premier épisode pour apprécier les autres, c’est chose faite. L’histoire peine à se mettre en place, petit prologue pépère à cueillir des choux à la ferme, puis on part faire du tourisme dans les villages alentour en aidant la veuve et l’orphelin. On rencontre toute la haute société au mépris de tout bon sens et réalisme, on s’attable avec les anciens des villages, on prépare la fête de l’école avec les copines… Il règne un petit air de comédie romantique du XIXème avec ses nobles à la Cour, sauce shojo. Les dialogues sont très mal écrits, bien trop longs et inutiles. Ils nuisent au rythme, au réalisme des situations, à la qualité des conversations, et à la personnalité des personnages. C’est comme si les développeurs écrivaient tout ce qui leur passe par la tête, sans tri ni relecture. Chaque personnage fait son petit commentaire sur tout et rien, parle pour ne rien dire, pour au final arriver au même résultat. C’est insupportable dans la vraie vie, ça ne l’est pas moins dans un jeu vidéo. Résultat direct, tout prend des plombes, le rythme est terrible, on s’ennuie ferme. À chaque fois qu’une situation d’urgence apparaît, elle est aussitôt décrédibilisée par les dialogues et par la possibilité d’aller vaquer à d’autres occupations. Les péripéties en question sont risibles et retombent comme un soufflé aussitôt après. L’histoire décolle au milieu du dernier chapitre, après 60 heures de jeu sur 70, bien trop tard. J’ai à présent parfaitement compris ce qu'étaient les Trails et la raison pour laquelle je n’ai pas accroché. Trails est comparable à une série TV. Tout est réalisé sans talent, mais l’univers est étoffé et les personnages sont attachants. Vous aurez un jeu par an jusqu’à ce que l’audimat baisse. Chaque épisode se termine sur un cliffhanger haletant pour vous faire oublier que le reste du jeu était médiocre et que vous achetiez le suivant. Trails ne sera jamais exceptionnel car son objectif est au contraire d’être trivial, de s’installer confortablement dans votre quotidien. Peut-on apprécier la médiocrité ? Bien sûr. La plupart des choses que l’on fait ou que l’on expérimente sont médiocres (dans le sens dénué de talent). Ce sont toutes ces choses qui composent notre quotidien, nos habitudes, et qui les rendent rassurantes et confortables. Il y a aussi des bonnes choses dans ce Trails in the Sky : son système de combat, quoique le nombre de compétences soit trop limité, je les avais toutes débloquées dès la moitié du jeu, les combats sont vites devenus répétitifs. Il y a aussi le fait que ce remake a été réalisé avec beaucoup d’amour, les graphismes sont magnifiques, les personnages aussi, il y a un soin du détail. La bande son est bonne mais trop limitée, on entend toujours la même musique de combat, d’exploration et de ville, c’est usant. Enfin, c’est le jeu parfait si vous avez des petits tracas, on flirte avec le cosy game. En conclusion, si vous aimez les Télénovelas, les séries TV ou animés qui s’éternisent tant qu’il y a de l'audience, si vous préférez le confort d’une longue série sans éclat plutôt que le frisson de la découverte d’un jeu exceptionnel, ou encore si vous souhaitez avoir une grande réflexion philosophique sur la médiocrité, alors je vous conseille ce jeu et la série des Trails en général. En ce qui me concerne, je ferais le 2nd Chapter pour connaître la fin de l’histoire (on m’a affirmé qu’il clôt cet arc narratif), et ce seront mes adieux définitifs à cette licence.
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Fantasian Neo Dimension (SWITCH) - 06/12/2025
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15/20
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On vit à une époque où le créateur de Final Fantasy Hironobu Sakaguchi et son compositeur Nobuo Uematsu sont vivants, et nous livrent leur ultime création. Final Fantasy est l'œuvre qui a fait rayonner ... SuiteSquare dans le monde entier, en plus de la sauver de la faillite. Les compositions de Uematsu sont jouées par les plus prestigieux orchestres philharmoniques en tournée internationale perpétuelle depuis plus de 20 ans maintenant. Pourtant, les jeux de Sakaguchi et Uematsu post Square Enix sont restés coincés sur XBOX 360, puis sur mobile, se pliant aux exigences d’exclusivité imposées par des entreprises qui n’aime le jeu vidéo que pour l’argent qu’il génère. Uematsu a eu de graves problèmes de santé liés au surmenage mais, malgré tout, est resté fidèle à son ami et lui a accordé la faveur de faire l’OST de son ultime jeu, profitant de la période plus calme du COVID. Fantasian a ainsi vu le jour sur iOS, pour enfin être porté sur console 4 ans plus tard (à la fin du contrat d’exclusivité d’Apple) par nul autre que Square Enix, qui, ne croyant aucunement au succès commercial du jeu et renonçant à toute notion d’honneur, ne se donna pas la peine de le localiser dans d’autres langues que l’anglais, ni d’en faire la promotion. Pour ne rien arranger, les décors du jeu ont été créés entièrement en dioramas, maquettes typiquement japonaises, du jamais vu dans un jeu vidéo, mais moins attrayant, plus risqué. C’est donc dans la confidentialité attendue que Fantasian est sorti. SAUF QUE… les tests sortent et sont excellents, le public adore, le score metacritic est de 82/100… “Ah, merde, Fantasian était en fait un très bon jeu.” C'est ce que tout Square Enix a dû se dire avant d’hausser les épaules et de continuer leur réunion marketing comme si de rien n’était. C'est ce qu’ils auraient réalisé s’ils s’étaient donné la peine de jouer au jeu avant de le publier et c'est ce que beaucoup plus de monde aurait pu découvrir s’ils lui avaient apporté le soin et le budget qu’il méritait. Fantasian, Sakaguchi et Uematsu sont là pour nous rappeler que le talent brille toujours du même éclat, même lorsqu'il est entouré par la médiocrité. Ainsi commence ma critique du jeu. Ce choix d'intégrer des dioramas réel dans un jeu vidéo, aussi beaux soient-ils, était à mon sens une fausse bonne idée, pour des tas de raisons. Les photos sont de trop faibles résolution, cela s’empire à cause des nombreux zooms, nécessaires pour faire une mise en scène un peu sympa et dynamique, et par contrainte d'échelle. C’est parfois tellement flou que les personnages semblent flotter sur un dégradé de couleurs abstraites. L’intégration des éléments 3D au décors n'est d’ailleurs pas terrible. Les photos sont découpées à la tronçonneuse pour définir les différents plans, cela se voit particulièrement quand un personnage passe derrière un arbre ou quand il y a de la fumée. L'interpolation entre les photos pour passer d'une vue à l'autre ne sont pas fluide et font apparaître de multiples artefacts visuels à l'écran. Les ombres et effets de lumières font le minimum syndical, il n’y a pas de points d’éclairage dans les scènes, la scène globale est souvent éclairée d’une unique lumière blanche plate et insipide. Les prises de vue sont quasi toujours de dessus, pas par choix artistique mais parce ce qu’il est physiquement impossible de faire autrement. Enfin les décors sont figés, il y a quelques interactions mais c’est loin d’être suffisant pour un jeu vidéo, des particules en suspension ont été ajoutées pour tenter d’ajouter un peu de vie, mais en vain. Mais le plus gros problème est l’immersion, la vie dans des dioramas n’est pas crédible en tant qu’univers de fiction, à aucun moment mon cerveau n’a accepté de voir autre chose que des personnages en 3D dans des dioramas japonais. Bref, cela fait beaucoup de sacrifices pour au final aucun avantage si ce n’est de pouvoir se vanter d’être le premier à l’avoir fait, j’aurais largement préféré quelque chose de plus convenu, mais qui aurait été moins limité techniquement, plus harmonieux et crédible. Surtout que Fantasian réussi tout ce qu’il entreprend. Les personnages sont réussis, leur design est étrange mais on s’y fait. Tous ont une histoire personnelle qui donne envie d’en savoir plus. Le scénario est prenant. Tout comme dans Lost Odyssey, il y a de nombreux passages où l’histoire nous est racontée par un narrateur, avec du texte à l'écran, à la manière d’un visual novel. Cela ne me plaît pas plus que ça, mais c’est bien fait, alors ça passe. Les relations entre Leo, Kina et Cheryl font penser au trio Cloud, Aerith et Tifa de FF7, c’est chouette, mais Leo est vraisemblablement castré car l’histoire d’amour pourtant avérée n’ira jamais plus loin. Au chapitre des regrets, j’aurais aimé que les antagonistes aient une bonne raison de détruire le monde cette fois-ci plutôt que de retomber dans le cliché facile du dieu qui s’ennuie. Les 20 premières heures de jeu sont linéaires, l’histoire est dense, tout s’enchaîne très vite. Puis ensuite on nous laisse libre de nos mouvements durant les 55 heures restantes. C’est agréable aussi, mais, quand on peut faire plusieurs choses dans n’importe quel ordre, cela implique des petits sacrifices : des personnages de l’équipe absents dans les cut-scenes, les ennemis tantôt trop forts puis trop faibles, une narration décousue ou qui s’éloigne de l’intrigue principale, etc. Et il y a de nombreuses choses à faire, même quand on croit avoir tout fait il y en a encore, le jeu est très généreux, les environnements sont recyclés mais il y en a de nombreux nouveaux aussi, les meilleurs sont mêmes complètement optionnels, alors c’est honnête. Fantasian est un jeu difficile, même en mode normal. Les combats au tour par tour sont particulièrement stratégiques face aux très très nombreux boss. Il faut souvent mourir une première fois, se préparer, puis l’affronter à nouveau. Chacun est différent et intéressant. En revanche, les rencontres aléatoires sont affreuses. Beaucoup trop nombreuses, toutes les 7 secondes montre en main, c’est insupportable. Il y a le système qui permet d'accumuler les ennemis et de les affronter tous d’un coup, mais il est limité. À coup de +6 ennemis toutes les 7 secondes, le compteur est plein en moins d’une minute (ce qui devrait être le taux de rencontre aléatoire normal pour un seul combat), et c’est un affrontement à rallonge contre d’innombrables ennemis qui nous attend. Le jeu ne fournit aucun moyen de les réduire ou les désactiver, et c’est très pesant. Surtout que passé le niveau 35, l’expérience est capée, et les affrontements contre les monstres de niveau inférieur au sien deviennent totalement inutiles, c’est donc incompréhensible. Ce cap d’expérience vous empêche d’ailleurs de grinder et d’être en position de supériorité face aux Boss, vous êtes obligés de galérer. Heureusement le système de combat est complet et passionnant, chaque personnage est utile et on peut les switcher à volonté. Le système de sort que l’on peut lancer en ligne courbe est original aussi mais sous exploité, c’est dommage. Enfin, l’OST n’est pas au niveau de ce que le maître a pu nous gratifier par le passé, mais il ne l’a pas faite seul, et elle compte une quinzaine de belles compositions comme “Shangri-La”, “Cycle of Nihility”, “Kina (Destiny)”... La bande son a des sonorités synthétiques rétro et assez peu mélodieuses (en témoigne le thème principal), ce qui est très surprenant pour Uematsu, maître du Leitmotiv, mais elle compte aussi plusieurs beaux arrangements orchestraux, et c’est là où elle brille à mon sens. Dommage qu’ils ne représentent qu'un quart de l’oeuvre. En conclusion, Fantasian est un jeu que les fans de JRPG à l’ancienne, de Sakaguchi et de Uematsu auront cœur à faire. Ceux qui y joueront seront ravis par son histoire, ses personnages et son gameplay, parce que le public est tellement niche, et le jeu conçu sur mesure pour eux, qu’il ne peut en être autrement. Pour les autres, les graphismes en dioramas pixelisés, la difficulté, les rencontres aléatoires abusives, le gameplay old school et les textes en anglais sont autant de barrières qui pourront leur faire lâcher la manette.
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God of War Ragnarok (PS5) - 31/10/2025
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17/20
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Ragnarok est la suite directe du reboot de God of War de 2018. Le gameplay est très semblable, pour ne pas dire identique. On visite toujours des zones linéaires, en les vidant de ses coffres et autres ... Suitepoints d’intérêts et en résolvant des énigmes. Les armes de Kratos et de ses compagnons servent autant à l’exploration qu’au combat, et les deux sont toujours aussi plaisants. Il y a également d'immenses zones annexes à explorer de manière un peu moins linéaire, ce contenu est massif et aussi qualitatif que la quête principale, ça fait plaisir. La grosse différence avec le précédent opus est que l’on incarne différents personnages et compagnons au cours de l’aventure. Cela permet de varier le gameplay et d’avoir une narration moins linéaire, surpassant ainsi son aîné sur ces points. Et les personnages défilent ! J’ai adoré incarner / accompagner autant de personnages, voir les évènements sous différents angles, et être malgré tout surpris. L’histoire, la narration et les personnages sont clairement les gros points forts du jeu. C’est l’un de ces rares AAA récents (avec Cyberpunk et les FF7R) à parvenir à faire passer des émotions dans un silence ou un regard, avec justesse et subtilité. Les graphismes sont impeccables, les personnages sont modélisés à la perfection et sont très expressifs, et les musiques sont fantastiques. Les personnages discutent toujours en fonction du lieu où l’on se trouve, des évènements que l’on vit, où simplement pour se raconter des anecdotes et autres petites histoires. Cela les rends vivants et crédibles, la quantité de dialogue est ahurissante, et tous sont intéressants, une prouesse. Par contre, les décors du premier ont été parfois réutilisés, certains ont été bien transformés mais quand même, et on fait de nombreux allers-retours inutiles au cours du jeu. Cela est très dommage, d’autant plus que le jeu n’en avait absolument pas besoin, il a déjà une durée de vie conséquente. Il m’a fallu 52h pour en venir à bout, mais j’aurais été tout aussi rassasié s'il n'en avait fallu que 42 à parcourir des environnements inédits. Certaines quêtes annexes sont une purge de répétitivité, notamment les épreuves du Creuset. Les super-boss sont très difficiles, même en mode facile et au niveau max, ce peut être frustrant. Ce reboot de God of War est une valeur sûre, que ce soit pour l’histoire ou le gameplay, les jeux de cette qualité sont trop rares pour être boudés. Je ferais sans doute le troisième, mais je ne suis pas pressé, cinq ans d’attente me conviennent très bien.
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Tales of Zestiria (PS4) - 08/10/2025
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12/20
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Tales of Zestiria, le mal aimé, en occident en tout cas. Les Japonais, eux, l’ont élu quatrième meilleur Tales of en 2022. Ils en ont même fait, non pas un, mais deux animés, un manga, et l’opus suivant ... SuiteBerseria est même un préquel à Zestiria. J’ai ma petite idée sur ce qui explique ces différences d’appréciations : Zestiria met en scène un héros au sens noble du terme, un preux chevalier, exempt de défauts si ce n’est sa naïveté, un élu qui terrasse le mal, répand la bonne parole et fédère autour de lui. C’était très à la mode en occident jusqu’au XVIIIème siècle, en fait, on écrivait que de ça. À notre époque, ce sont les anti-héros, les super-héros ou encore les personnages torturés qui sont populaires. Alors quand on voit débarquer Sorey dans son habit blanc qui par en croisade contre le démon des ténèbres en sauvant la veuve et l’orphelin, on roule des yeux. Pour cause, Zestiria puise son inspiration des légendes arthuriennes, il y a de très très nombreuses références, entre autres : on a le droit à l’épée coincée dans l’enclume, que le héros viendra quérir dans une ville nommée Damedulac, et j’en passe, on fait difficilement moins subtil. Cela peut paraître rafraîchissant et exotique pour un Japonais, mais pour les occidentaux, c’est vu et revu mille fois et mieux ailleurs. Tales of Zestiria au Japon, c’est comme les sushis en France, seuls les autochtones peuvent apprécier. Cet épisode n’est pourtant pas si mal, c’est un Tales of tout à fait respectable, il faut relativiser, la série des Tales of n’a jamais été incroyable, mais elle n’a jamais été mauvaise non plus. Les personnages sont chouettes : Edna est juste incroyable et les autres ne sont pas en reste. Des efforts ont été fait sur l’exploration des donjons, quelques énigmes par-ci par-là, c’est appréciable. Les musiques sont moyennes mais il y a au moins quatre pistes très originales, celles des quatre donjons élémentaires. On ne peut pas jeter la pierre à Sakuraba non plus, honnêtement, les lieux se ressemblent tous, et les jeux se ressemblent tous. Tales of Graces f, Xillia, Xillia 2, Zestiria et Berseria, ce sont quatre clones, comment faire des musiques différentes pour une énième route ou une énième grotte ? Il aurait certainement mieux valu embaucher un compositeur différent pour chaque jeu. **Edit : En me renseignant davantage, je viens d'apprendre que lesdites musiques qui sortent du lot ont été composée par Go Shiina. Gros lol et preuve providentielle qu'il aurait mieux valu embaucher quelqu'un d'autre. ** A ce propos, s’il est sorti sur PS4 chez nous, les graphismes sont restés à l’ère PS3. Ils sont même moins jolis que Xillia, car moins variés, moins colorés, moins stylisés, plus « brutes ». Toutes les villes sont des villes médiévales, et les autres décors sont peu variés. Le scénario est très faible, le rythme n’est pas bon non plus, il y a beaucoup d’allers-retours inutiles. On s'ennuie ferme au début, l’histoire commence vraiment après 10 heures (sur une quarantaine au total), quand on rencontre Rose. Le tout reste assez manichéen, malgré quelques tentatives assez déroutantes de prouver le contraire. Il y a des traîtrises, des meurtres (d’enfants mêmes), un sous texte sur la nécessité de la peine de mort (en vigueur au Japon), cette duplicité est parfaitement incarnée par le personnage de Rose, la meurtrière bienveillante. Enfin le système de combat nous permet de fusionner avec l’un de nos camarades, donnant accès à des compétences différentes. Les systèmes de combats des Tales of se ressemblent tous, et sont mal foutus (sauf Arise). Finalement on se retrouve toujours à lancer une compétence en fonction de l’inclinaison du joystick, ce même joystick qui nous permet de nous déplacer sur le champ de bataille, quelle faute de conception franchement ! (et pourtant réitérée dans chaque opus jusqu’à Arise). Puis jusqu’à quatre compétences s'enchaînent pour faire un combo, ce qui fait 24 combinaisons de compétences par personnage et par fusion, chacune étant plus ou moins forte contre certain type d’ennemis. A cela s'ajoutent cinq autres compétences par personnage / fusion que l’on peut actionner via une autre touche et toujours selon l’orientation du joystick. Est-on vraiment censé se souvenir de toutes les combinaisons de compétences en fonction de l’inclinaison de notre joystick, de la touche appuyée, et du personnage / fusion ? C’est impossible, et frustrant de devoir vérifier pour chaque ennemi quel fusion prendre et quel inclinaison de joystick adopter. Tales of Zestiria est un Tales of moyen, les opus PS3 de Graces f à Berseria se valent, tous sont bons mais sans plus, Zestiria est sous-estimé et Berseria est surestimé. Le premier est plus classique et le second plus moderne, donc plus populaire pour nous autres occidentaux. Si je ne devais en retenir qu’un seul parmi ceux-ci, ce serait Xillia.
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Illusion of Time (SNES) - 16/09/2025
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9/20
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Illusion of Time est une petite rétro découverte pour les vacances (une dizaine d’heures), qui a mal vieilli. Le gameplay est toujours agréable, on parcourt des donjons au level design assez unique. Le ... Suitepersonnage peut se métamorphoser à des endroits précis, chacune de ses formes à ses propres caractéristiques et aptitudes pour passer les obstacles et battre les ennemis (il faut vider les salles pour level up). Plus on avance dans le jeu, plus on a de possibilités (jusqu’à la toute fin), et plus c’est fun. Malheureusement c’est l’unique bon point, et il ne suffit pas à rendre le jeu attrayant. Le scénario est malaisant. Il y a un côté très léger : on dirige une bande de gamins qui sauvent une princesse, qui tombent amoureux, et qui sauvent le monde, et un côté très sombre : des morts partout, des trafiquants d’esclaves, dont les enfants ont été enlevés et jetés sur une île déserte, devenant cannibales, un mec qui joue à la roulette russe, un autre brûlé vif… Et tout qui se mélange : les Incas, les lieux réels, les morts-vivants, les voyages dans le temps, les fées et légendes… Ah les (futurs) fans de Xenogears ont dû adorer ! Pour les autres par contre, on a juste envie de dire « Oula, de quoi tu parles ? dans quoi tu t’embarques ? ». Surtout que, comme tous jeux SNES de cette époque, l’histoire est survolée rapidement, il n’y a pas de grandes tirades ni de longues cinématiques. Donc ça fait vraiment l’effet d’un jeu qui aborde plein de sujets sérieux de manière superflue pour se donner une consistance, une profondeur qu’il n’a pas. De plus, la traduction française est infâme. Au niveau des musiques, je n’ai pas coupé le son, donc ça passe, mais on est bien loin des compositeurs de génie de l’ère 8 bits et 16 bits. Les graphismes ne sont pas mauvais, la perspective utilisée est peu commune, dans les espaces intérieurs notamment. Illusion of Time est un jeu à ne pas mettre dans toutes les mains, c’est un peu le genre de jeu sur lequel on a peur de tomber en fouillant le grenier. Un mauvais jeu, ça se voit tout de suite, on y joue un quart d’heure et on passe à autre chose. Mais celui-ci est insidieux, il nous appâte avec un gameplay et des graphismes sympathiques, puis il nous traumatise avec une histoire malsaine.
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Tales of Xillia 2 (PS3) - 29/08/2025
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13/20
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J’ai joué à Tales of Xillia, premier du nom, à sa sortie il y a… 13 ans (argh !). Je ne me souvenais pas de grand chose hormis que c’était mon Tales of préféré après Arise, et qu’il fallait que j’essaye ... Suitesa suite un jour. Je n’ai pas attendu de remaster, je vous assure qu’il n’en a absolument pas besoin. Par contre, je confirme qu’il faut avoir joué au premier avant. Le problème, c’est que Tales of Xillia 2 recycle à 95% les villes, routes et donjons de son aîné. Il faudra donc les visiter entièrement une seconde fois, sauf que cette fois-ci, rien ne nous y amène, et rien ne s’y passe, ils ne sont pas mis en valeur, tout est vide, on explore par curiosité, mais cette curiosité ne sera jamais récompensée. Les niveaux ont été créés pour un autre jeu, et ça se voit, on a presque l’impression de les « gâcher » en les visitant sans but dans Tales of Xillia 2. En plus de cela, toute l’intrigue repose sur des dimensions parallèles. Dans ces mondes, la carte et les coffres sont réinitialisés, et le voyage rapide est désactivé, il faut tout refaire, une troisième fois. L’histoire tourne autour de Ludger et Elle, les deux nouveaux protagonistes, qui doivent détruire les mondes paradoxaux afin qu’il ne reste plus que le leur, le monde primaire. Avec un job pareil, on imagine bien que cela va créer un ou deux cas de conscience à un moment donné. Les personnages se questionnent d’ailleurs sur leurs actes, mais bon, le taf c’est le taf hein, allons détruire d’autres mondes ! Bref, ce qui devait arrivé arriva, et heureusement car c’est à ce moment que l’histoire devient intéressante à mon sens, au chapitre 10, à 35h de jeu sur une cinquantaine… c’est long. Par contre, la présence de l’ancien cast dans ce nouveau jeu n’est pas naturelle ni logique (surtout au vu de leur rang social), et l’inclusion de Ludger au groupe est poussive, d’autant plus que c’est un personnage muet. Hormis cela, le jeu est plutôt bon : l’histoire a de bons rebondissements, les personnages sont attachants, les combats sont dynamiques et intéressants, les graphismes flattent la rétine, les musiques sont correctes. Dommage qu’il ait fallu réutiliser les environnements et les personnages du premier opus, on frôle l’overdose, et ils ne sont pas pertinents pour cette nouvelle intrigue. C’est un jeu à conseiller aux fans du premier uniquement, et encore, Tales of Xillia était meilleur.
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Dirge Of Cerberus : Final Fantasy VII (PS2) - 12/08/2025
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15/20
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Dirge of Cerberus, le jeu sous-estimé par excellence. Il faut dire qu’en tant que jeu de tir à la troisième personne, il n'est pas terrible. On a seulement trois armes, des contrôles rigides qui rendent ... Suitela visée manuelle difficile, une visée semi-automatique trop puissante pour compenser, des effets sonores peu convaincants… Et puis, on se croirait presque dans un rail-shooter, on avance et on tire simplement sur les ennemis qui pop, le gameplay manque de profondeur. Pour ne rien arranger, les premières heures de jeu sont peu inspirées. Historiquement, il est sorti trois mois avant Final Fantasy XII, que l’on attendait tous fébrilement, ça n’a pas dû aider. Par contre, il est aussi sorti quelques mois seulement après Advent Children, et je me souviens que ce film, c’était une folie totale à l’époque. La scène d’introduction avec Nanaki qui court dans l’étendu sauvage, les images de synthèse hallucinante, la modélisation parfaite des personnages, les combats épiques, c’était un fantasme devenu réalité. Or, j’ai été épaté de découvrir que Dirge of Cerberus comporte de nombreuses cinématiques dignes d’Advent Children. Si l’on prend le temps d’avancer et de s’immerger un peu plus dans le jeu, l’intrigue se met en place, les personnages prennent de la profondeur, tout devient bien plus engageant. Les environnements, les ennemis et les missions deviennent de plus en plus variés, les combats de Boss sont uniques et mémorables. Le gameplay est toujours rigide et en deçà d’autres TPS, mais il n’est pas mauvais en soit, et le jeu est si unique et l’on progresse si vite, qu’au final, on passe du bon temps. Il m’a beaucoup fait pensé à Kingdom Hearts II sur certains aspects : la mélancolie des protagonistes, le charisme des antagonistes, les combats contre ceux-ci, les laboratoires mystérieux, la patte de Nomura… J’avais découvert Dirge of Cerberus assez tard, quelques années après sa sortie, mais je ne l’ai terminé qu’aujourd’hui. Je regrette de ne pas l’avoir eu dans ma collection day one, c’est un jeu que j’aurais sûrement fait et refait pour ses cinématiques, ses personnages, son histoire, et même son gameplay, bancal, mais unique. De plus, le jeu a une bonne rejouabilité : il y a de nombreux objets cachés, des accessoires et des armes bonus à débloquer, des high scores à atteindre, des optimisations de stats et d’équipement, et l’histoire est assez complexe.
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