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Star Ocean 3 (PS2) - 16/04/2022
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12/20
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Star Ocean 3 se décompose en deux parties assez distinctes de 25h chacune. Dans la première partie, on fait naufrage dans un monde médiéval fantastique et on vit, en attendant les secours, une looongue ... Suitehistoire en marge de l'intrigue principale. La seconde nous ramène à la science fiction, mais, bien qu'on ait plus rien à faire sur la planète médiévale, des évènements et coïncidences peu subtiles nous y ramène sans cesse. On fera par ailleurs d'innombrables allers-retours entre les mêmes villes et donjons. Quelques séquences inspirées nous laissent entrevoir un univers riche dans lequel on aimerait s'immerger corps et âme. Mais Star Ocean 3 souffre malheureusement de tares brisant l'immersion : les dialogues sont très mal écrits, les personnages ont des réactions caricaturales et agissent de manière irrationnelle, ils acceptent le tout venant et sont convaincus de ce qu'ils doivent faire alors que cela n'a parfois rien d'évident (le scénario en général est naïf et gentillet), le tout pour faire avancer une histoire bancale dans le sens voulu par les développeurs coûte que coûte. À noter que le niveau d'anglais requis pour saisir tout ce non-sens est plus élevé qu'en moyenne. Le doublage anglais est insipide, voire agaçant pour certains personnages (Fayt), et ne se déclenche qu'après que le nom de l'interlocuteur se soit entièrement affiché, ce qui laisse des blancs de trois secondes entre chaque réplique et plombe l'ambiance. Graphiquement c'est très correct pour de la PS2. Les environnements en ville sont très beaux, mais en exploration et dans les donjons, ce sont des champs ou des couloirs vides. Les quelques cinématiques CGI sont magnifiques. Concernant l'OST, autant je respecte Sakuraba pour sa productivité et sa régularité, autant je serai soulagé quand il sera à la retraite. Comme d'habitude, les musiques accompagnent bien le jeu, mais ce n'est pas du grand art. Le gameplay lui aurait pu être une réussite si Star Ocean 3 n'avait pas été aussi difficile et punitif. Les combats commencent très souvent par un désavantage (il n'y a pas d'avantage) même si vous touchez l'ennemi dans le dos, parfois des rochers autoguidés déboulent de nulle part pour vous rouler dessus, vos compétences consomment vos PV ou vos PM, les ennemis peuvent attaquer vos PM, et si vous n'en avez plus, vous mourez. La santé n'est pas régénérée après les combats, ni aux - rares - points de sauvegarde, et les objets de soin sont limités à 20 chacun. Si vous mettez un pied dans une zone où les monstres sont trop costauds, vous l'apprendrez avec un Game Over. L'histoire est ponctuée de pics de difficulté vraiment violents, certains paraissent même insurmontables. De plus, gagner des niveaux est long et fastidieux, et pas toujours utile. En effet, le jeu vous force (sans le dire bien sûr) à utiliser le système de craft pour obtenir de meilleurs équipements, exploiter les faiblesses élémentaires et faire des dégâts aux PM. Sauf que le système de craft est une purge infâme reposant sur l'aléatoire et drainant plus d'argent qu'il ne vous rapporte. Si bien que sans guide (merci RPGSoluce), vous échouerez toutes vos créations sans avoir aucun retour sur ce que vous faites mal. Par contre, votre argent se sera bien évaporé. Concernant les dégâts élémentaires et aux MP, il n'est pas possible de changer d'équipements et de compétences au cours du combat, honnêtement, je ne sais toujours pas comment les développeurs ont prévu que l'on puisse adapter nos attaques aux ennemis. Lors de l'exploration, vous devrez marcher contre les bordures de la carte en permanence pour la découvrir à 100% et obtenir une récompense. Ça se joue à 0,01% près. Ça à l'air de rien comme ça, mais ça gâche complètement le plaisir. Imaginez, il faut frôler TOUS les murs du jeu ! Même quand vous passez dans un couloir, il faut frôler le côté gauche ET le côté droit, raaah ! Sur une note positive, les donjons font presque tous l'effort d'intégrer des énigmes, des mécanismes d'exploration ou mini-jeux différents, c'est rafraîchissant. Pour conclure, je comprends vaguement celles et ceux qui considèrent cet opus comme le meilleur de la série : on sent de l'ambition, le jeu franchit le cap de la 3D avec succès, la durée de vie a été doublée, l'univers s'étoffe, on visite plusieurs planètes - Star Ocean porte mieux son nom que ses prédécesseurs. Malheureusement les fautes de conception et de narration s'enchaînent et le manque de budget apparent font de Star Ocean 3 un jeu peu recommandable en 2022.
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Xenoblade Chronicles : Definitive Edition (SWITCH) - 26/03/2022
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15/20
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J'ai découvert Xenoblade Chronicles sur 3DS il y a 5 ans déjà. Je me souvenais d'une aventure longue, aux environnements gigantesques et grandioses, un scénario moyen avec quelques fulgurances, des personnages ... Suitepeu memorables, mais surtout, des centaines de quêtes annexes sans intérêt. Cette redécouverte a totalement confirmé ces souvenirs, mais j'ai aussi pu approfondir certains aspects. Je n'avais pas réalisé à quel point l'OST est magnifique, aussi bonne que celle du second épisode, bien que très différente. Les graphismes ont été sublimés, et techniquement, c'est irréprochable. Le jeu date de 2010 et il est pourtant bien plus beau que la plupart des productions actuelles. Xenoblade est la réponse aux détracteurs de la SWITCH, les autres développeurs n'ont plus d'excuses. Je ne me souvenais pas en revanche que les combats étaient aussi inintéressants. Shulk dispose de 8 arts, et du début à la fin du jeu, on fait la même chose à chaque combat : on se positionne, on attend que la jauge se remplisse et on lance l'art. C'est ennuyeux et répétitif. Le gameplay des autres personnages est encore moins intéressant. Pour ne rien arranger les ennemis sont des sacs à PV. Heureusement l'ajout du mode facile raccourcit un peu les combats. Le loot est tout aussi fastidieux, optimiser et vendre ses équipements devrait être un plaisir, là, c'est une angoisse. Étant prévenu qu'il y aurait 36000 quêtes annexes, j'ai réalisé plusieurs choses. La première est qu'il faut tracer en ligne droite, déclencher les quêtes, puis explorer ensuite. En effet les quêtes sont bien souvent des prétextes pour s'assurer que vous exploriez toute la carte et que vous combattiez chaque type d'ennemi. La seconde est qu'il faut les faire aussitôt que possible, sinon, en plus d'être chiantes et de détruire le rythme, leur récompense est inutile. La dernière chose est qu'à la fin du jeu, un message vous invite à recommencer le jeu en découvrant les quêtes que vous n'avez pas faites, ce qui signifie que les développeurs ne s'attendent pas à ce que l'on fasse toutes les quêtes. Ayant déjà fini le jeu une fois, j'avais prévu de ne pas faire du tout les quêtes annexes. Mais ce n'est pas comme ça que ça marche. Ne pas faire les quêtes est tout aussi frustrant que de les enchaîner sans en voir la fin. L'extension "Future connected" ajoute 8 heures de jeu aux 85 de l'aventure principale. Celle-ci n'apporte rien au jeu, ni à l'univers. Une interview avec le président de Monolith Soft révèle clairement qu'ils avaient une map inutilisée à rentabiliser. Ils ont collé un scénario bateau sur la paix entre les peuples, des monstres qui deviennent agressifs, et Mélia en star du programme car, toujours selon l'interview, ils ont eu pitié d'elle. On s'attarde aussi énormément sur des nopons dont on se fiche pas mal à la base. Le tout avec une pléthore de quêtes annexes. En définitif, Xenoblade Chronicles est un jeu qui impressionne par sa technique, ses environnements, son OST et quelques séquences inspirées. Mais les combats, les deux tiers de l'histoire, et les quêtes annexes sont peu intéressants et empêche Xenoblade de briller. J'espère de tout coeur que Xenoblade Chronicles 3 corrigera ces problèmes, notemment en trouvant enfin un système de combat digne de ce nom. En attendant je recommande plutôt Xenoblade Chronicles 2, un chef d'oeuvre non dénué de défauts, mais bien mieux construit, plus intéressant et ambitieux.
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Ys Seven (PSP) - 22/03/2022
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17/20
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Après avoir adoré Ys 8 et été très déçu par Ys 9, j'étais curieux de savoir où Ys 7 se situait. Graphiquement Ys 7 se classe parmi les plus beaux jeux de la PSP. L'OST aussi est au moins aussi bonne que ... Suitecelle d'Ys 8, quoique moins riche, et ce n'est pas un maigre compliment ! Il y n'y a pas de death metal insipide dans cet épisode, les musiques sont mélodieuses et inspirées. Techniquement, c'est fluide, ultra dynamique, porté par un système de combat nerveux et jouissif. On retrouve le système de garde et d'esquive d'Ys 8, mais il n'est pas bien mis en avant (faible bonus, timing trop serré, et le jeu ne prend même pas la peine d'expliquer qu'il faut maintenir R puis L pour effectuer une garde). Il vous faudra également switcher de personnages en fonction du type d'ennemi, et utiliser un minimum toutes les armes que vos degoterez pour apprendre leur compétence associée ; une bien belle manière de profiter des nuances de gameplay de chaque personnage ! Comme dans Ys 8, les équipements peuvent être crafté, et on se prendra au jeu du farm pour obtenir les meilleurs possibles (dans Ys 9 le craft est inutile à cause d'un mauvais équilibrage, ce n'est pas le cas ici). Les personnages sont parfois charismatiques, parfois stéréotypés, certaines situations peuvent être lourdes et repetitives, mais globalement l'histoire est bonne et riche en rebondissements. Elle nous mène dans des lieux variés, des donjons très agréables à parcourir, avec un bon level design, des coffres à dénicher, et quelques énigmes bienvenues. Il ne manque finalement que l'iconique système d'exploration de ses successeurs. En effet le jeu est linéaire et les zones sont petites en comparaison, mais elles disposent tout de même de quelques secrets et mécanismes d'exploration. Manifestement plus proche du 8 que du 9, Ys Seven est une aventure qui vous fera voyager dans des environnements colorés, riches et variés, avec une histoire prenante et ambitieuse, une OST magnifique, et un gameplay dynamique aux petits oignons. Je le recommande si vous avez aimé Ys 8.
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Star Ocean 2 : Second Evolution (PSP) - 06/02/2022
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16/20
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Un peu moins médiéval, un peu plus science fiction, Star Ocean 2 est comme son prédécesseur un jeu de fantasy, mal nommé certes, mais un très bon jeu ! La comparaison avec son aîné n'est pas annodine car ... SuiteStar Ocean 2 est une copie conforme du premier (sur PSP en tout cas). Même système de combat, même bestiaire, mêmes compétences, même système d'évolution, même menu, même graphismes. Seuls le scénario, les lieux et les personnages changent. Étonnamment cela ne m'a pas dérangé car le premier opus était très court et le gameplay excellent, presque trop fourni. Les 35h de jeu offertes par le second m'ont permis de mieux appréhender ce système et d'utiliser des mécaniques que j'avais laissé de côté jusqu'à présent (les compétences de craft par exemple). J'ai trouvé l'histoire beaucoup plus riche et intéressante, les personnages plus approfondis, et les graphismes toujours aussi magnifiques. On fait également moins d'allers-retours entre les villes, en revanche, il vous faudra bien souvent sortir des donjons par là où vous êtes rentré. Les mages noirs sont effectivement inutiles dans cet opus (contrairement à son prédécesseur) car trop peu puissants, et c'est bien dommage. Les moyens de transports font partis de l'histoire principale, en revanche, de nombreux personnages, évènements et objets peuvent être manqués. La rejouabilité est donc excellente, le jeu est clairement pensé pour être joué au moins deux fois dès le début, avec notamment le choix du personnage principal, et la possibilité de faire deux équipes de huit totalement différentes. On prendra d'ailleurs plaisir au court de la seconde partie à optimiser son jeu pour ne rien oublier, obtenir les meilleures armes le plus tôt possibles, etc. Je ne saurais dire si l'OST a également été recyclée du premier volet, avec Motoi Sakuraba c'est toujours pareil, correct mais certainement pas mémorable. Le doublage intégrale est toujours autant appréciable. Star Ocean 2 reprend donc trait pour trait l'excellente formule du premier, avec une histoire et des personnages mieux travaillés. C'est clairement du more of the same, mais on ne s'en lasse pas. Si vous devez choisir entre les deux je recommande Second Evolution, plus abouti. Dans les deux cas ce sont de très bons jeux pour tous fans de JRPG old school.
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Shin Megami Tensei V (SWITCH) - 29/01/2022
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13/20
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J'ai découvert la série Shin Megami Tensei avec ce cinquième épisode. Après avoir joué et apprécié Persona 5 Royal, un spin-off de SMT, je m'attendais à ce que la série principale soit autrement plus travaillée. ... Suite Le système de capture, de fusion et d'évolution des monstres est très bon, mais strictement identique à Persona. Le système de combat est à peine différent, on fait combattre des monstres au lieu d'humains. En revanche le gameplay est différent. Le jeu est très porté sur l'action, au détriment de la narration. Il s'agit d'un semblant d'Open World. Il y a quatre grandes zones à explorer, il faut se frayer un chemin à un point donné pour révéler une partie de la carte et de ses points d'intérêts, récupérer les collectibles, faire des quêtes annexes (FedEx) sur la route, et bis repetita. C'est pas mauvais en soit, mais c'est vu et revu, et ce n'est pas le meilleur du genre. La plupart du temps, SMT5 est extrêmement répétitif : exploration - combat - menu - exploration - combat - menu... Heureusement, le level design est assez travaillé (bonne verticalité, recoins à explorer), mais pas trop non plus, les seules actions possibles étant de sauter et escalader certaines paroies, aucune autre interaction possible avec le décors. Graphiquement c'est correct, mais vraiment peu engageant et peu varié, tout le jeu se déroule dans un Tokyo désertique, en ruine. Les décors se ressemblent tous : des bâtiments écroulés et du sable. Alors oui, la zone 1 est sur un ton jaune, la 2 rouge, la 3 noire et la 4 bleue mais franchement, ça ne trompe personne. L'OST est bonne, sans plus, à l'image du jeu, elle manque de variété et de nuance. Ma plus grosse déception reste l'aspect scénaristique. Il y a un scénario, mais il est aussi anecdotique que dans un Zelda. On peine a s'investir dans un conflit semi-religieux qui oppose des monstres à d'autres monstres dans un monde parallèle. Les cut-scenes sont tout de même bien mises en scène, un soulagement après avoir réalisé que le budget n'était pas aussi conséquent qu'espéré. Les personnages essaient tant bien que mal d'être charismatiques, mais leur rôle est tellement limité qu'on peine à s'y attacher. Le personnage principal est muet, ras-le-bol sérieux, ça avait du sens sur GameBoy ou SNES, je ne comprends plus cette décision en 2021. Au final le jeu n'est ni bon ni mauvais, je suis allé au bout des 70h de jeu sans grand intérêt. Je suis juste déçu, après le succès de Persona 5 j'attendais plus de moyens et d'ambition, un jeu plus centré sur son histoire et ses personnages. Je l'aurais sans doute bien vite oublié.
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Star Ocean : First Departure (PSP) - 01/01/2022
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15/20
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Star Ocean tient plus de la fantasy que de la science fiction, contrairement à ce que son nom laisse penser. Le scénario, classique, n'en est pas moins bon, bien rythmé et pleins de surprises. L'aventure ... Suiteest plaisante à suivre, mais j'ai eu du mal à vraiment me sentir impliqué et à m'attacher aux personnages car tout va très vite, droit au but. Il ne faut pas oublier que Star Ocean est à l'origine un jeu SNES de 1996. En revanche, je n'ai jamais autant fais d'allers-retours entre des villes que dans ce jeu. Volonté d'accroître artificiellement la durée de vie (20h), ou maladresse scénaristique, je ne saurais dire. De plus la fréquence des rencontres aléatoires est à la limite du supportable. On peut débloquer une compétence qui permet de la réduire, mais elle reste élevée par rapport aux standards actuels. Heureusement les distances à parcourir sont finalement assez courtes, et les transitions entre les écrans quasi instantanées. Le seul moyen de transport arrive très tard dans le jeu, et il est probable que vous ne l'obteniez jamais sans soluce. En effet, le jeu propose des activités optionnelles et vous met face à des choix qui peuvent drastiquement changer l'aventure. Vous pouvez tout à fait rater des personnages, des évènements, des objets, des compétences, etc. Vos choix impactent donc vraiment votre expérience, et la rejouabilité est énorme, il est impossible de tout voir et tout avoir en une seule partie. Les combats sont une véritable réussite, bien équilibrés, très dynamiques et satisfaisants. À chaque niveau on gagne des points pour débloquer des compétences de combat, de craft, des réductions dans les magasins, des bonus de stats, etc. une mécanique finalement assez moderne ! La montée en puissance des personnages et de leurs équipements est rapide et grisante. On peut lire ça et là que les mages sont inutiles dans ce jeu, je pense au contraire que c'est le pivot de l'équipe, ils font de gros dégâts à tous les ennemis à la fois et vous soignent quand il le faut, l'IA des alliés et des ennemis étant plutôt bonne. Les graphismes sont très soignés en ville, beaucoup moins dans les donjons, qui sont des successions de couloirs, avec tout de même quelques énigmes / interactions basiques mais agréables pour progresser. Les personnages sont réussis, les animations sont généreuses et fluides. Les cinematiques animées sont superbes. La bande son est plutôt bonne, mais aucun thème ne m'a vraiment marqué. Les doublages anglais sont bienvenus ! En conclusion, je dirais simplement que Star Ocean First Departure a de nombreuses qualités et mérite d'être découvert par tout fan de JRPG old school.
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Xenogears (PS1) - 23/12/2021
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13/20
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La récente (re)traduction française d'AtelierTrad m'a donné un bon prétexte pour vérifier si Xenogears mérite sa réputation de jeu culte. Quatre-vingt heures de jeu plus tard, je me suis fais ma propre ... Suiteopinion : Xenogears est un jeu bourré de défauts, mais il ne manque pas de singularité et d'âme. Le scénario de Xenogears est un sac de nœuds faussement et inutilement complexe. En effet le jeu use de tous les stratagèmes les moins subtiles pour préserver artificiellement ses intrigues et ses effets de surprises, vraiment tous : temporalités multiples, personnages masqués, amnésiques, sosies, qui savent tout mais ne disent rien, qui fuient les conversations... Ensuite, il déballe une succession de rebondissements sortis du chapeau dans une surenchère de surenchère. À nouveau tout y passe, de la viande de Oddworld à Je suis ton père de Star Wars, en passant par le dédoublement de personnalité, la réincarnation, les nanosciences, l'invasion extraterrestre, les zombies, la volonté divine, le grand manipulateur qui avait tout prévu mouhaha, et j'en passe. Tout ceci sur fond de conflit politique et de religion. Les emprunts à la religion catholique se multiplient d'ailleurs dans le scénario, réadaptés à la sauce Méca (fallait oser). Mais cela reste purement opportun, et bien souvent à des fins stylistiques, il serait pédant d'intellectualiser ce peu. Malgré cette complexité à dénouer, tout au long du CD1, on va se perdre dans des arcs narratifs sans liens directs avec l'histoire principale. Les révélations arrivent à la fin du CD1, et surtout, au cours du CD2. Sauf que, surprise, le CD2 est une succession de textes narrés, parfois illustrés, de combats de Boss, et quelques rares donjons. C'est à peine croyable, j'ai mis du temps à accepter et à me résoudre à cet état de fait. J'ai alors posé la manette et Google m'a confirmé que le jeu a subi une coupe budgétaire, super. Les combats sont au tour par tour, il faut lancer des attaques avec des combinaisons de touches, que l'on débloque au fur et à mesure. Il y a quelques phases de plateforme, rendues difficiles notamment à cause de la caméra isométrique qui bouge uniquement par angle de 45 degrés. On se déplace soit à pied, soit en Gear, l'expérience est plutôt bien rendue, même si le gameplay est relativement similaire dans les deux cas. On peut attribuer des équipements aux personnages et à leur Gear, chacun ayant des atouts et des faiblesses, du classique, mais maîtrisé. Fait notable, la plupart des protagonistes se battent à main nue, donc pas d'arme à équiper. Les musiques sont très bonnes, mais trop peu nombreuses pour un jeu de cette durée, elles tournent vite en boucle. Les graphismes sont corrects, on est loin d'un Final Fantasy. Les décors sont pauvres, beaucoup de couloirs, textures en bouillie de pixels, peu de details. J'aurais préféré une belle 3D precalculée et une caméra automatique dans les villes et donjons, le jeu aurait mieux vieilli. De plus, les personnages en 2D n'ont qu'un sprite tous les 45 degrés, leur intégration aux decors 3D n'est pas fluide, surtout quand la caméra tourne autour d'eux, notamment lors des très nombreuses cutscenes. Finalement, qu'ai-je apprécié dans ce Xenogears ? Les personnages sont vraiment très soignés, on a envie de les suivre dans leur aventure, le scénario est intrigant même s'il est trop bavard et que tout part à vau-l'eau, et surtout l'histoire est racontée d'une manière unique et nous plonge dans une ambiance que l'on ne retrouvera que dans ce jeu. Je suis sûr que de nombreuses personnes ont su apprécier ses qualités, tout comme je suis sûr que d'encore plus nombreuses personnes ont crié au génie à chaque rebondissement où je me suis facepalm. Sa réputation vient probablement des témoignages de ces dernières, alors à vous de voir.
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Mass Effect Edition Legendaire (PS4) - 07/12/2021
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19/20
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Mass Effect est un chef d'œuvre qui prouve que l'ambition, la passion et l'audace paient. Nous sommes habitués aux suites, aux spin-off, aux remasters, remakes, et autres produits à faibles risques, faible ... Suiteinvestissement, et haut rendement... Et Bioware arrive avec une licence originale, conçue d'emblée comme une trilogie, un Space Opéra de surcroît ! On ne voit pas ça toutes les décennies. ME1 - 14/20 - Mass Effect 1 est brillant dans le sens où il pose l'univers d'un Space Opéra qui n'a rien a envier à Star Wars. On découvre les différentes races, leurs spécificités, leurs intéractions, leur histoire, et l'on développe rapidement de l'empathie et de la sympathie pour chacune d'elles. Les différents lieux sont aussi emprunts d'histoire, rien n'est là par hasard, aucune question n'a été bâclée. L'ensemble forme un univers d'une richesse et d'une crédibilité rare. Les personnages sont charismatiques au possible et on nous plonge dans une histoire ambitieuse et sans temps mort. De plus, on peut réellement influer sur le cours de l'histoire en jouant le gentil héros ou au contraire l'enfoiré de l'espace, et en prenant parfois des décisions cornéliennes, ce qui est tout à fait unique. Le Gameplay est jouissif, chaque arme offre une sensation différente, on peut les modifier et les upgrader, ou encore utiliser des pouvoirs que l'on peut également améliorer. Pour autant, il ne s'agit là que des bases, et le jeu a vieilli, malgré la remasterisation. Les missions annexes en Mako sont redondantes et de moindre intérêt / qualité. Je conseillerais de faire uniquement les missions principales de Mass Effect 1 qui sont, elles, très soignées, et quelques missions annexes en chemin pour le lore. ME2 - 19/20 - Mass Effect 2 est un coup de génie absolu, c'est clairement cet opus qui définit tout ce que l'on aime dans un Mass Effect et qui place la saga au rang de culte. La narration, la mise en scène et la technique ont fait un bon en avant, l'immersion dans l'univers est totale et jouissive, et cela se ressent dès la séquence d'ouverture. La galaxie est au sommet de l'évolution, et nous avons le privilège de la visiter dans ce contexte. On peut sonder des centaines de planètes, parfois une mission se déclenche et l'on se rend à sa surface, on arpente des dizaines de planètes lors de missions aux environnements, au gameplay, et aux objectifs très variés (contrairement à ME1). Certaines missions nous mettent à bord d'un vaisseau remplaçant brillamment le Mako, nous permettant d'explorer plus en avant encore. On a accès libre à quatre villes, certaines grandes comme la citadelle de ME1... Quelle sensation de voyage et d'exploration fantastique ! Le casting est incroyable, les relations entre individus et entre races sont exacerbées. Les lieux, leur histoire, le contexte actuel, et les évènements que l'on vit rendent le tout crédible comme jamais. Nos compagnons ont toujours quelque chose de nouveau à nous dire pendant et après chaque grosse mission, et leur parler permet de faire évoluer réellement les rapports que l'on a avec eux. Autant dire que l'on s'attache énormément à eux. Le gameplay et la maniabilité ont été grandement améliorés dans cet opus, et ils n'ont pas pris une ride en 2021. L'histoire et les choix que l'on fait sont toujours plus dingues et surprenants. ME3 - 18/20 - Mass Effet 3 est l'opus qui divise car il sublime une partie de Mass Effect 2, et en jette purement et simplement une autre. Concrètement, Mass Effect 3 se compose uniquement ou presque de missions de très grande qualité, digne des meilleures de ME2. Les personnages et leurs relations sont mis en avant comme jamais, au cours des missions comme sur le vaisseau, ils auront quasiment toujours quelque chose de nouveau à dire et il faudra faire très attention aux choix de dialogues. Chacun a son moment de gloire, ce qui donne un côté All-Star apprécié des fans, mais assez peu naturel. L'histoire est centrale, omniprésente et toujours au sommet de la qualité, chaque mission la fait progresser, parfois un peu trop vite, il faudra là aussi se méfier de l'ordre dans lequel vous les faites. Les décisions que l'on prend sont encore plus dingues que dans ME2, et si lourde de conséquences que l'on imagine mal comment un ME4 pourrait voir le jour. Ces décisions et la fin de ME3 ont déçu de nombreux joueurs, car ils espéraient que l'ensemble des choix que l'on fait durant la trilogie trouve une conclusion sur mesure, comme si l'univers de Mass Effect cessait d'exister après cet opus. Je vous conjure de ne pas tenir compte de cette controverse. Le gameplay est peaufiné, les armes et les pouvoirs sont si nombreux et variés qu'il sera impossible de tous les utiliser en une partie, offrant un niveau supplémentaire de rejouabilité. En revanche on perd totalement le côté exploration. La citadelle est la seule ville du jeu, le scan de planètes a été simplifié et ne permet plus de déclencher des missions, les missions sont linéaires, et aucune n'offre la possibilité de manoeuvrer un véhicule :(. J'ai également été très affecté par l'absence de Krogan dans l'équipe. Bien d'autres races ne seront d'ailleurs pas représentées, là où ME2 était exhaustif, et beaucoup des personnages auxquels on s'était attaché risque de mourir ou meurent quoi qu'il arrive. Tout ceci m'a laissé un arrière goût amer lors de mon premier run. Mais, lors de ma deuxième partie, des années plus tard, en connaissance de cause, j'ai bien mieux apprécié ME3. Je me suis même rendu compte que mes meilleurs souvenirs de la saga se déroulaient en fait dans cet épisode. L'OST est excellente tout au long de la saga, mais c'est dans cet opus que les thèmes sont les plus marquants à mon goût, et que l'on peut entendre l'emblématique vrombissement des moissoneurs. Je trouve en revanche dommage que son implémentation soit si mauvaise, souvent dans la trilogie et encore plus dans ME3. Ainsi, tout le prologue, de nombreuses phases de jeu, et mêmes certaines cinematiques se feront dans un silence de mort, sans musique. Lorsque la musique se lance elle est souvent très en retrait, ou bien loop trop longtemps sur une partie quitte à en rusher voire en éluder une autre, qui lui donnerait une tout autre dimension. En écoutant l'OST à part, on reste béat et on comprend alors qu'il y a un vrai problème ; les jeux ne mettent pas du tout en valeur leurs incroyables compositions. La trilogie - 19/20 Non content d'être excellent sur tous les plans, Mass Effect transcende le jeu vidéo et se hisse au rang de saga culte qui marquera durablement toute une génération. Je ne peux que souhaiter que, un jour, à nouveau, un talentueux studio ait l'audace de construire une oeuvre originale aussi ambitieuse.
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Tales of Arise (PS4) - 16/10/2021
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17/20
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Tales of Arise est un petit miracle. La série Tales of se complaisait jusqu'alors dans une formule sans risque et sans éclat, pourtant plébiscitée par la presse et les joueurs. Ce qui s'est produit avec ... SuiteTales of Arise est extrêmement rare : les développeurs ont décidé - de changer de moteur de jeu, renonçant à un pourcentage de leur bénéfices en royalties, afin d'améliorer la qualité du jeu - d'identifier les tares de la série et de les corriger, alors que les critiques et les ventes du précédent opus étaient très bonnes - d'attirer un nouveau public en modernisant la formule au risque de perdre une fanbase construite depuis plus de 15 ans et très conservatrice ...et c'est un succès sur tous les plans ! Tales of Arise est magnifique, exit les contraintes techniques et artistiques du moteur vieillisant de Berseria. L'UE4, couplé avec leur Atmospheric Shader maison, fait des merveilles. Pourtant, quand on les regarde de près, les textures et les modèles n'ont rien d'exceptionnels. Mais voilà, la direction artistique est absolument dingue ! Les paysages, les decors, les détails, les plans de caméra, l'éclairage, les couleurs, les constrastes, c'est un ravissement de tout les instants. Le chara design est au même niveau d'excellence, les personnages transpirent la classe ! Ils sont beaux, crédibles, attachants, charismatiques, les excellents doublages anglais leur donne vie avec une puissance incroyable (mention spéciale à Alphen et aux antagonistes). Les personnages ont toujours été un point fort des Tales of, mais là encore, on a passé un cap. Le jeu est particulièrement généreux, comptez 80h pour le terminer. Il s'agit vraiment du temps nécessaire pour compléter le scénario, en faisant les quêtes annexes au fur et à mesures. Le scenario est très bon, mais surtout, la narration et la mise en scène sont bien plus qualitatives que ce à quoi Tales of nous a habitué. Cependant, je lui reprocherais sa structure répétitive (mais on est loin d'un Ys 9, chaque arc étant très différent et qualitatif). Il y a de très bons rebondissements, mais, globalement, le scénario reste sur des rails et tout se passe comme prévu, j'aurais aimé plus de détours, moins de maîtrise. Et enfin, il y a beaucoup, beaucoup, beaucoup trop de scenettes. Plus de 300. Vers la fin du jeu, entre 10 et 20 scenettes de 2-3 minutes se declenchaient à chaque session de jeu, c'est insupportable. Puisque l'on est dans les défauts, parlons du level design et de l'exploration. On sent que les développeurs on fait des efforts, en mettant plus de verticalité, la nage, de temps en temps un saut pour atteindre un coffre... Mais ils semblent presque s'en excuser... Non, non ! Au contraire ! On en veut d'avantage ! En plus, on débloque des compétences de double sauts, de roulade, etc. pour les combats, pourquoi ne pas les utiliser pour l'exploration ?! Quel dommage. Dans les environnements intérieurs, on retrouve des couloirs vides avec des ennemis qui déambulent. L'absence d'évolutions de ce côté-là contraste violemment avec le reste du titre. J'aurais aimé des mécanismes d'exploration (énigmes, plateforme, compétences de terrain, etc.) et / ou des variations dans le rythme de l'exploration afin de la rendre palpitante. Le système de combat est vraiment très bon. C'est toujours la même chose, un bouton (ou une combinaison de boutons) = un arte. Mais la fluidité et l'ergonomie sont très bonne. Le système d'esquive est grisant, et le déclenchement des artes spéciaux et des artes combinés, plus les differents styles de combats des personnages font que l'on ne s'ennuie jamais. Les ennemis proposent un vrai challenge, chaque type d'ennemis requiert une approche différente. Dans les faits malheureusement, il arrive un moment où l'on spamme les trois mêmes artes en boucle. Le plus gros reproche est le faible nombre de types d'ennemis. On va affronter les mêmes ennemis du début à la fin du jeu, et ça se ressent terriblement, dès le début. Mon plus gros choc a été que certains boss sont réutilisés en tant qu'ennemis normaux, et même en tant que boss ! Le deuxième reproche est que les ennemis sont d'insupportables sacs à PV. Vers la fin du jeu, vous affronterez des ennemis qui ont plus de PV que des boss, tous les dix mètres. Heureusement le mode facile réduit un - tout petit - peu ce montant, sans pénalité. Il ne faut pas confondre difficulté et pénibilité. Le système d'évolution frôle la perfection. Il y a de nombreuses armes, armures, accessoires, compétences (et costumes) à débloquer, elles se méritent, et on sent la différence quand on les équipe. Les compétences sont variées : artes, mouvements, compétences passives, augmentations de stats... On sent notre montée en puissance, ne serait-ce que par les effets visuels des artes qui sont de plus en plus impressionnants. Le jeu est relativement difficile en mode normal, et des mécanismes empêchent le joueur de devenir sensiblement plus fort que ses opposants. Le nombre limité de points de soin vous obligera à faire certains donjons en plusieurs fois, ce qui donne un léger aspect dungeon crawler assez malvenu, souvent sur des zones au level design peu travaillé comme mentionné plus haut. La bande son est très bonne, encore une fois bien supérieure aux précédents opus. Mais elle manque cruellement de variété et d'amplitude. Concrètement, la musique accompagne bien l'action, mais en restant dans la même continuité tout du long. C'est une approche très occidentale, presque empruntée au cinéma. On ne se souviendra d'aucune mélodie une fois le jeu terminé. J'attends de l'OST d'un grand JRPG que chaque personnage, chaque ville / région, chaque évènement important, ait un thème reconnaissable et adapté, qui lui donne son identité et le marque dans nos mémoires. Bref l'OST est bonne sur le coup, mais oubliable. En conclusion, Tales of Arise est un renouveau inespéré pour la série. C'est un très bon JRPG indispensable pour les amateurs du genre, il ravira autant les fans des Tales of que les nouveaux arrivants. Il n'est pas dénué de défauts, mais le ressenti global est très bon. Les développeurs viennent de prouver qu'ils sont capables de se transcender, sans y être forcés ni même encouragés. Tales of Arise est un pari réussi et une formidable promesse pour l'avenir de la série.
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Panzer Dragoon Saga (SAT) - 07/09/2021
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12/20
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Il y a une sorte de légende urbaine autour de Panzer Dragoon Saga : "meilleur RPG de la SATURN", "plus beau jeu de la SATURN", "jeu extrêmement rare se monnayant à plus de 600€", "ambition démesurée des ... Suitecréateurs", critiques dithyrambiques de la presse, etc. Tout d'abord, je vous invite à regarder des vidéos du jeu afin de constater que les personnages, les animations, les décors, les monstres, les vaisseaux, les effets, tout, absolument tout est immonde, y compris dans les scènes precalculées. Pour l'époque, c'était sans doute bon. Aujourd'hui ça ne passe pas du tout. Quand on sait qu'un an plus tard sortent FF8 et Chrono Cross, ça fait doucement sourire de voir "le plus beau jeu de la SATURN"... À quoi ressemble les autres alors ? Bref, les développeurs ont voulu tout faire en 3D, et ça a très mal vieilli. La maniabilité est plutôt correct pour un jeu 3D de l'époque sans stick analogiques. Les déplacements en dragon et les combats sont fluides, la caméra ne pose pas trop de problème, je pense que le jeu était en avance sur son temps sur ce point. Le système de combat est original, fidèle aux origines rail shooter de la série. Les patterns des ennemis sont variés et il y a beaucoup de boss, chaque affrontements est différent, on ne s'ennuie pas. L'histoire, sombre et mature, est agréable à suivre, l'univers est original, les personnages sont charismatiques, les évènements parfois inattendus. Mais le tout reste très sommaire. La durée de vie est de 16h, compliqué d'appronfir toute cette richesse en si peu de temps. En 2021, j'étais plutôt soulagé que le jeu ne dure pas plus longtemps, mais je suis partagé. Je trouve tout de même dommage que les relations entre les personnages tombent à plat, et que la fin du jeu soit... inexistante ? Ou bien, très mal amenée et expliquée. L'OST est cohérente avec l'univers, elle accompagne bien les péripéties, sans plus. À nouveau, je ne comprends pas les éloges à ce sujet. Écoutez donc les compositions de la même epoque de Uematsu, Mitsuda, Naruke, ou même Masuda. En résumé, il est compliqué de se lancer dans Panzer Dragoon Saga plus de 20 ans plus tard. Les graphismes et le début du jeu sont particulièrement repoussants, au final, seule la curiosité de vérifier si la légende est fondée m'a poussé à aller plus loin. Ensuite, le gameplay s'est avéré pas désagréable, l'histoire se laisse suivre, on sait qu'on en a que pour 16h, donc ça passe. Ça ne sera pas un souvenir impérissable, et sûrement pas celui d'un grand jeu.
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